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Publié par GOMEZ FELICIANO

Le Père Noël est-il une ordure ? Ce n’est visiblement pas les Asniérois qu’on convaincra du contraire. La hotte qu’il a déposée, un peu en avance il faut le dire, à la mairie de notre bonne ville sent bon l’arnaque, et la précocité de son passage aurait dû nous alerter. Mais c’est une fois déballé que le cadeau surprise s’est révélé être une farce dont les Asniérois une fois de plus les dindons.

Le Mini-Marché de Noël

Je ne parle pas ici du marché de Noël. Tout le monde a pu se rendre compte qu’il n’y avait pas grand-chose à y voir. Et pourtant, la municipalité n’a pas fait dans le détail. L’organisation de notre marché de Noël a été confiée à une étoile déclinante du fenestron cathodique. A grand renfort de publicité et d’affichage massif au frais du contribuable, nous étions conviés au pied de l’icône du terroir, le héraut de la bonne bouffe, le pourfendeur de la « meeeeerde », Jean-Pierre Coffe soi-même. Asnières est tendance, Asnières est « in », Asnières invite Coffe. Vous parlez de modernité! Le seul souci, c’est que Coffe a oublié que ce qui fait un marché c’est des Marchands. Quelques échoppes, très peu variées, et quasiment rien pour eveiller la magie de Noël dans les yeux de nos enfants. Coffe est venu, les Asniérois ont vu et ils ont crié à l’arnaque. On dit "Merci M Le Maire".

Le maxi Marché de dupes

Mais le marché de Noël n’est rein à côté de ce que les Asniérois découvriront quand ils s’intéresseront de près à la nouvelle physionomie des finances de leur ville.

Ce jeudi 11 décembre la majorité a voté en conseil municipal un protocole d’accord sur la quasi-totalité de la dette toxique restant sur nos bras ( plus de 130 millions d'euros), lourd héritage d’un précédant passage de Manuel Aeschlimann à la tête de cette ville. Un article du Parisien annonçait le matin même le joli cadeau : «Asnières veut en finir avec les emprunts toxiques ». Le maire se rengorgeait : « On avait promis d’assainir les finances, on le fait ». En début du conseil municipal, le même, dithyrambique, n’hésitait pas à qualifier d’historique la délibération à venir.

Tellement historique que l’opposition n’a découvert le protocole d’accord qu’au début du conseil municipal ! Mais un rapide coup d’œil nous a vite fait découvrir que la bouche d’Aeschlimann, et de son fidèle ventriloque Mancipoz, ne nous racontaient pas la même histoire que le document que nous feuilletions pour la première fois en séance.

Qu’avons-nous découvert ? Qu’au terme de cet accord, la dette globale de la ville (Budget Principal + budgets annexes) augmenterait de 18 millions d'euros.

L’accord transactionnel comporte en effet deux nouveaux emprunts : un emprunt de 8 000 000 € pour financer l'investissement (auquel soit dit en passant il faut ajouter 3 millions d'euros qui avaient été inscrits en report et qui ont déjà été réalisés) et un deuxième de 10 000 000 € pour financer la sécurisation de la dette toxique.

Historique la délibération de la majorité UMP-UDI-Manif Pour Tous ? Oui ! Mais pas pour les raisons mises en avant. S’il y a quelque chose d’historique, c’est l’augmentation de 10% du fardeau de la dette en moins d’une année de mandat. Ce qui est historique, c’est le franchissement du seuil fatidique des 200 millions d’euros de dette après seulement 9 mois de mandat.

Après avoir été maîtrisée pendant 6 ans sous le mandat de Sébastien Pietrasanta, la dette repart à la hausse à Asnières de manière vertigineuse et c’est encore Manuel Aeschlimann qui est à la manœuvre, avec les mêmes ingrédients qu’à la belle époque. Mais vivons joyeusement ce moment historique dans la joie et la reconnaissance: "merci monsieur le maire!"

Allongement de la durée de vie de la dette

Manuel Aeschlimann a usé et abusé de ce mode de gestion de la dette pour reporter toujours à plus tard son remboursement, tout en allégeant artificiellement le poids de celle-ci sur le budget annuel. En gros, on paie moins chaque année, mais on paie pendant longtemps. L’ensemble de la dette toxique sécurisée a été négociée sur la base d’une durée de 23 ans. Cet accord global concerne donc aussi les prêts dont certains étaient contractées pour une durée moindre, 16 ans pour certaines. La durée de vie de certains emprunts a donc été rallongée de 7 ans. Simplement inconcevable, quand la durée moyenne de vie des dettes des collectivités locales est de 14 ans. Mais disons en choeur "merci monsieur le maire!"

Un mauvais taux d’emprunt

Manuel Aeschlimann est décidément fâché avec les négociations d’emprunts. Les taux variables dont il s’est fait une spécialité dans son précédent mandat, et ce jusqu’à la veille de son départ, a été la catastrophe que l'on sait et dont il essaie de nous sortir aujourd’hui en essayant le taux fixe.

Mais voilà. Il réussit l’exploit de renégocier sa dette à un taux de 4,4% sur 23 ans à une époque où les taux d’emprunts sont historiquement bas. Le département de Seine-Saint-Denis, empêtré dans les mêmes toxicités de la dette que nous, a réussi les mêmes négociations pour des taux inférieurs à 4%. Si on peut comprendre que ce taux soit le prix à payer pour la sécurité de la dette, on comprend moins pourquoi le nouvel emprunt de 8 000 000 € a été contracté à ce même taux d'intérêt de 4.4 % ! Ce nouvel emprunt aurait pu bénéficier d'un taux beaucoup plus favorable compte-tenu des conditions actuelles du marché ! La dette qui augmente et le service de la dette dans ces conditions défavorables aux intérêts des contribuables asniérois génèreront des coûts supplémentaires pour la commune. Mais il faut dire "merci monsieur le maire".

Une entourloupe comme cerise sur le gâteau ?

Dans la renégociation figurent 5 emprunts à taux fixes. Pourquoi renégocier à taux fixes, des emprunts à taux fixes ? Le motif avancé par la banque ? "La commune d'Asnières-sur-Seine a par ailleurs considéré que cinq des contrats de prêts visés au paragraphe A qui sont assortis d'un taux fixe seraient entachés, selon elle, de certaines irrégularités susceptibles d'en affecter la validité". En intégrant dans la négociation ces emprunts, la banque n’est-elle pas la seule gagnante dans l’affaire : des prêts renégociés à un taux avantageux pour la banque, sur une période longue, dans un accord renonçant à toute action judiciaire. Le beurre, l’argent du beurre plus la crémière. Et on dit Merci qui?

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