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Publié par GOMEZ FELICIANO

Ce n'était pas l'affluence des grands jours pour les voeux aux agents municipaux

Ce n'était pas l'affluence des grands jours pour les voeux aux agents municipaux

Nous avons tous constaté les effets dévastateurs de la mauvaise gestion de la ville sur les festivités de cette fin d’année : réduction drastique des illuminations de Noël dans les rues, suppression des cérémonies de vœux, disparition quasi générale des animations à destination de la jeunesse, des familles et des enfants. Cette chape de désolation qui s’est abattue sur la ville est devenue autrement palpable lors des vœux de la municipalité aux agents de la ville. Ce que j’y ai vu et entendu est symptomatique du mal qui ronge notre ville.

Bonjour tristesse

Le jeudi 7 janvier, dans la salle des mariages de l’Hôtel de ville à Asnières, les agents n’étaient pas à la noce. Les rangs étaient clairsemés, à peine plus d’une centaine d’agents. Un lourd et pesant silence de cimetière a accompagné les discours successifs qui égrenaient leurs chapelets de platitudes, le fan club du maire (lui aussi incomplet) se chargeant d’organiser la transition d’un discours vers l’autre par des applaudissements devenus incongrus. J’ai déjà vu des enterrements plus joyeux que ces cérémonies de présentation de vœux.

A la fin des péroraisons d’usage, on ne s’attarda guère autour du maigre buffet dressé pour l’occasion. Lequel buffet, en raison de sa cure d’amaigrissement sévère, n’a pas pu rehausser la température de la rencontre, malgré une quantité certaine de champagne qui, curieusement, ne faisait pas envie. On ne parlait qu’en faisant attention à celui qui est à côté de soi. De-ci de-là on entendait des éclats de rire, mais ces îlots de bonne humeur n’ont jamais pu générer une contagion pour se propager à l’assemblée.

Les élus n’eurent pas davantage de succès auprès des agents qui visiblement fuyaient le contact. J’ai bien remarqué quelques membres du fanclub aeschlimannien jouer le jeu des selfies avec l’un ou l’autre élu avec une joie non contenue, ce qu’ils doivent tenir pour un acte de bravoure. Mais j’ai surtout vu des élus errer sans attache, essayant ici ou là de s’incruster dans une conversation pour toujours se retrouver avec les mêmes, ceux qui ne les lâchent plus depuis les campagnes électorales successives. Le maire lui—même passa le clair du temps en compagnie de l’une de ses adjointes, comme s’ils ne se voyaient pas déjà assez.

Une fête de famille ratée

Les vœux aux agents municipaux ne sont pas un événement comme un autre. C’est une fête de famille. Par le passé, leur rassemblement en nombre lors de ces cérémonies n’était pas que symbolique. Le fait d’y venir bien souvent accompagnés de conjoints, enfants et amis témoignait de l’importance qu’ils attachent à cet événement, la fierté qu’ils avaient de partager avec leurs proches l’univers de leur quotidien, le désir en eux de commencer l’année ensemble entre collègues juste après les agapes familiales, parce que le service public territorial est toujours une seconde famille. Sans compter que la cérémonie de vœux aux agents, c’est aussi un outil précieux de management territorial ; un lieu et un temps où direction, encadrement et agents peuvent célébrer en toute lucidité l’année de travail vécue ensemble, et, sans rien nier des difficultés et tiraillements, renouveler l’espérance de trouver des solutions aux obstacles pour répondre aux défis communs. Car, pouvoir encore faire la fête ensemble c’est affirmer que les désaccords du moment, quelle qu’en soit la profondeur, sont bien en-deçà de l’attachement commun au service des populations.

L'ère de la défiance

Le coupable désigné par la municipalité et répété à l’envi par les orateurs d’un soir ? Le gouvernement et ses restrictions budgétaires. Un peu facile. Car si les exigences d’économie ont contraint bien des municipalités à des coupes sombres dans leurs budgets, et celui des manifestations est le premier mis à contribution, la responsabilité de la municipalité en place dans ce désastre est entière. En effet, ce ne sont pas les moyens qui ont manqué à ce rendez-vous. Un seul des salaires annuels des emplois de complaisance octroyés aux amis politiques aurait suffi à offrir aux agents des retrouvailles à la hauteur des mérites de leur investissement au service des Asniérois.

Mais voilà, il y a longtemps que le lien est rompu entre cette municipalité et ces agents. La confiance n’existe plus. Un malaise s’est durablement installé et on ne voit pas bien comment en sortir. Des services entiers sont malmenés. Certains sont menacés de disparition. D’autres encore ne savent pas vers où on les mène. Des contrats non renouvelés du jour au lendemain se succèdent. Des directeurs de service, il en reste quelques-uns, sont sur la sellette.

Comment s’étonner de l’atmosphère pesante et atone qui régna ce jeudi 7 janvier dans la salle des mariages ? Tristes vœux, aumône sans âme, obole de commisération, justement et légitimement boudés par la quasi-totalité des agents.

Maintenons notre confiance à nos agents

On aurait pu faire confiance aux agents à défaut de leur octroyer des moyens. Ils auraient organisé leur fête, avec leur imagination et leur créativité. On aurait pu faire appel aux associations, aux commerçants de la ville, aux habitants. Sans doute avec moins de protocole, certainement avec plus de spontanéité et de sincérité, cette ville aurait honoré ses agents, dans une fête d’un autre type, plus inventive, plus créative… Répondant ainsi à la rigueur subie par l’imagination et la solidarité.

Mais la médiocrité s’est installée à la tête de notre ville et chaque jour étend un peu plus son règne malfaisant. En première ligne, ce sont les agents qui trinquent. Ce sont eux qui, malgré tout, tiennent la barque. Nous leur devons bien plus que quelques malheureux petits fours. Et malgré cet affront, ils continueront à nous servir, fidèles à leur mission.

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