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Publié par GOMEZ FELICIANO

Dans mon précédent article, je vous alertais sur la tragédie qui se prépare à la Régie de Quartier d’Asnières menacée par le désengagement de la municipalité. Cette menace se précise. Et à entendre le maire lors du conseil municipal de ce 19 mai, on ne serait pas loin de croire qu’il tirerait de ce triste exploit une cynique fierté. Une prestation que je vous propose en décodage : du grand art d’enfumage, accompagné en la circonstance d’une démonstration exemplaire de son habituel culot.

Vas-y que je t’embrouille avec le code des marchés ?

C'est ma collègue Marie-Christine Baillet qui a interrogé la municipalité. La mairie dénoncera-t-elle ce marché avant son terme comme elle en a le droit ? La municipalité a-t-elle conscience qu’elle obligerait ainsi la Régie à licencier massivement et à terme mettre la clé sous la porte ? La municipalité prendra-t-elle le risque de mettre sur la paille des salariés en les privant ainsi de formation et de remobilisation vers un emploi pérenne ? La municipalité tourne-t-elle désormais le dos à la formation et à l’insertion ? La politique de lutte contre le chômage à Asnières sera-t-elle désormais synonyme de précarité et de recrutement clientéliste à la petite semaine ?

Au lieu de répondre, le maire nous a d'abord proposé un exposé monotone et insipide sur le code des marchés publics.

Problème : personne n’oblige la municipalité à contracter un marché avec une structure particulière. Au passage, rappelons que c’est vers la fin du premier mandat d’Aeschlimann qu'a été initié le marché d'insertion sur les points école conclu avec la Régie !

Précisons, pour l’information des Asniérois, qu’il ne s’agit pas ici d’un marché comme un autre, mais d’un marché d’insertion. Marché à clauses spécifiques s’adressant à des structures qui sont pour la plupart spécialisées dans ce domaine. La Régie a remporté ce marché dans les règles, un marché de trois ans reconductible chaque année. Personne n'avait obligé M. Aeschlimann à passer par la Régie à l'époque.

Mais cette manœuvre dilatoire pour noyer le poisson ne suffira pas. Il faut discréditer la structure.

Accusation de mauvaise gestion

C'est monsieur le premier adjoint qui plantera la première banderille, l'air de ne pas y toucher.

DLA (Dispositif Local d’Accompagnement) et redressement judiciaire ne sont pas des preuves de mauvaise gestion. Ce sont des outils précieux au service des structures pour traverser, certes, une conjoncture de fragilité, mais ils permettent surtout de refonder le modèle économique d'une structure pour l'asseoir sur des bases plus saines et plus solides. Rien d’extraordinaire. Aujourd'hui, la Régie se porte bien. Est-ce cela qui désespère la municipalité?

Puisque l'autre reproche que lui fait Aeschlimann, devenu pour l'occasion conseiller commercial, c'est de dépendre essentiellement d'un seul gros client, la municipalité. Le maire affirmerait-il en creux savoir ce qu'il fait ? Il affirme que sa municipalité est le seul gros client de la structure. Il sait donc qu'en lui retirant son marché, celle-ci coulera. Est-ce l'aveu d'une volonté délibérée de mettre l'association en difficulté ?

Dénigrement

Après le discrédit sur la gestion de la structure, le dénigrement de ses dirigeants. Entre les lignes le maire laisse entendre qu’il y en a qui seraient trop payés avec l’argent qui aurait dû aller aux travailleurs en insertion. C’est sans doute pour que cet argent aille mieux aux salariés en insertion que le maire choisit de supprimer les salariés en insertion. Logique !

Mais rafraichissons la mémoire de notre bon maire. Combien gagnait le directeur de la structure lors du premier mandat d'Aeschlimann ? Combien gagnait-il quand la municipalité dirigée par Aeschlimann a choisi de passer avec la Régie le marché du chantier d'insertion Point École? Environ 6000 euros mensuels, avec des primes qui pouvaient intervenir plusieurs fois dans l’année. Aeschlimann était maire d’Asnières.

Quelques mois après notre arrivée à la mairie, ce directeur sera licencié par le bureau de l’association, lequel bureau démissionnera dans la minute suivant le licenciement du directeur et de son adjoint : plus de 20 mille euros d’indemnité pour l’un et près d’une quinzaine pour l’autre. Il gagnera quelques années plus tard son procès aux prudhommes contre la Régie, empochant au passage quelques dizaines de milliers d’euros supplémentaires.

Cet ancien directeur, sans doute un malheureux travailleur en insertion, a été élu conseiller municipal en 2014 sur liste Aeschlimann. Menacé par une vilaine affaire dans une autre association où il a sévi, mais défendu en appel par un proche du Maire Aeschlimann, cet Asniérois méritant, qui ne fut pas reconduit sur la liste lors des élections de 2015, bénéficiera d’un emploi municipal. Quant à l'ancien président démissionnaire de la Régie qui a procédé à son licenciement, il tient fidèlement les bureaux de vote en tant qu'assesseur pour Les Républicains. Un autre membre du bureau de l'époque est devenu lui aussi un fidèle bénévole des bureaux de vote pour le compte de la majorité.

Les pleurnicheries du maire sur l’argent qui doit aller aux travailleurs en insertion ne sont donc qu’une plaisanterie qui ne fait probablement rire que lui-même.

Ajoutons pour finir que l’actuel directeur perçoit un salaire très loin de celui de son prédécesseur, lequel salaire est d’ailleurs aligné sur ceux pratiqués dans la branche.

En attendant la suite

Remarquons pour finir que l’argument d’économie budgétaire mis en avant jusqu'ici pour justifier la fin probable du marché, n’a pas été une seule fois évoqué lors du conseil municipal, ni par l’adjoint aux finances ni par le maire lui-même lors de ce conseil. Seul nous reste donc un vague soupçon, comme une impression qu'on en veut à la Régie, comme si ce désir de nuisance l'emportait sur toutes autres considérations.

La Régie fête cette année son vingtième anniversaire. Quelqu'un aurait-il décidé de lui allumer des bâtons de dynamite à la place des bougies ?

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