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Publié par GOMEZ FELICIANO

Faut-t-il encore l’appeler M. Aeschlimann ? Faut-il le rabaisser au simple titre de Monsieur Le Maire ! Ce n’est en effet plus un édile que nous avons à Asnières. En ces temps de Pâques, Jésus a du mouron à se faire, car son titre de rédempteur est menacé par notre inénarrable maire qui n’en finit plus de sauver à tout va. Oui, s’il devait continuer sur sa lancée, ses plus féroces soutiens de la cathosphère Manif Pour Tous devront bientôt réviser leur catéchisme et se prosterner devant la grandeur de leur nouvelle idole.

Admirez mes prouesses, bonnes gens !

L’hiver dernier, sur tract multi-diffusé, notre maire nous annonçait avoir sauvé le Centre Socio-Médical Municipal. En réalité, il en a diminué les services.

En février, avec un gros titre en une de l’évangile municipal, on peut aussi l’appeler Asnières Infos, notre messie municipal annonçait « Notre plan de sauvetage ». Merci Saint-Bernard.

La Régie de Quartier d'#Asnières en danger: un mauvais coup de plus contre la solidarité

En ce mois de mai, dans un éditorial tout à sa gloire signé de ses propres mains, on n’est jamais mieux servi que par soi, le rédempteur communal proclame : « Nos associations asniéroises sauvées ». Par quoi et par qui étaient-elles menacées ? Mystère !

La Régie de Quartier d'#Asnières en danger: un mauvais coup de plus contre la solidarité

Et voici qu’en ce dimanche sur nos marchés, entre l’ascension et la pentecôte, visité sans doute avant l’heure par l’Esprit, par un tract tiré à des milliers d’exemplaires en forme de proposition d’emplois, on nous annonce : « Une meilleure gestion financière pour sauver les points écoles ».

La Régie de Quartier d'#Asnières en danger: un mauvais coup de plus contre la solidarité
La Régie de Quartier d'#Asnières en danger: un mauvais coup de plus contre la solidarité

Avant que boiteux et indigents, tuberculeux et lépreux, paralysés et grabataires de toute sorte n'affluent par centaines et par milliers vers notre ville en quête d’un miracle, je voudrais quand même qu’on me permette de rétablir quelques vérités simples et douloureuses. Il n’y a pas de thaumaturge à Asnières. Notre souriant « sauveteur » est plus habile joueur d’échec que gestionnaire rigoureux, un prestidigitateur plus doué à faire passer les vessies pour des lanternes qu’à laisser voir la réalité dans sa cruelle vérité.

J’aurai, je l’espère, l’occasion de revenir sur les pseudo-sauvetages successifs de notre super-maire. Mais je voudrais réagir dès maintenant au mensonge éhonté et au cruel cynisme dont la propagande municipale de ce matin s’est rendue coupable en annonçant le salut pour nos Points Ecoles.

Mensonge et contre-vérité !

Le maire dit-il la vérité quand il prétend avoir sauvé les points écoles ? Bien sûr que non, puisqu’ils n’étaient tout simplement pas en danger.

C’est lui qui a confié, lors de son premier mandat, une partie de la gestion des Points de Sécurité aux abords des écoles à l’Association de la Régie de Quartier, association d’insertion par l’activité économique. Il s’agissait d’un chantier d’insertion qui permettait de remettre le pied à l’étrier à des personnes éloignées de l’emploi, ce qui leur ouvrait le droit à une formation et de bénéficier d’un accompagnement social.

Parce que le système fonctionne et donne des résultats, la municipalité de Sébastien Pietrasanta à laquelle j’appartenais a choisi de l’étendre. Pour environ 400 mille euros par an, tous nos Points de sécurité étaient assurés aux abords de nos écoles, soit moins de 10 mille euros par agent recruté par la Régie. La Régie, en partenariat avec les organismes de formation, la Direction de l’emploi, pôle emplois et bien d’autres partenaires trouvaient les financements complémentaires pour assurer la formation, l’accompagnement et le suivi de ses agents. Ces mêmes agents étaient par ailleurs, dans le cadre de la Gestion Urbaine de Proximité, chargés de médiation de proximité, remontant chaque semaine tous les dysfonctionnements constatés sur le mobilier urbain, repérant les tags, les dépôts sauvages, les dégradations des espaces communs afin de faire intervenir les services compétents pour les résoudre. Pour chaque euro dépensé par la ville, la Régie devait en trouver deux autres pour que le système fonctionne. Et elle les trouvait parce qu’elle a la confiance de tous les partenaires du dispositif.

La municipalité de M. Aeschlimann a choisi unilatéralement de ne plus passer par ce marché d’insertion. C’est son droit le plus absolu. Mais en le faisant, c’est lui-même qui met en danger les Points Ecoles. Et le mensonge consiste à prétendre les sauver alors qu’elle fait justement le contraire. Cynique.

Cynisme et cruauté

Alors que l’ancien dispositif attitrait des personnes désireux de travailler et qui trouvaient là un tremplin vers un emploi véritable, avec formation et suivi individualisé, ce que propose l’actuelle municipalité, c’est moins de deux heures de vacation quotidienne, morcelée par tranches de 15 à 25 minutes, avec des plages d’inactivité pouvant aller jusqu’à 3h. Et cela les meilleurs jours, car les mercredis il n’est proposé que 45mn de vacation.

La Régie de Quartier d'#Asnières en danger: un mauvais coup de plus contre la solidarité

A supposer que les Asniérois se ruent sur cette offre messianique d’emploi, je plains déjà les services municipaux qui auront à gérer les absences, les remplacements, les cessations de travail pour cause de meilleure offre ailleurs. Car nous savons par expérience que ce type d’activité génère un très fort taux d’absentéisme dû à la dureté des conditions de travail cumulée désormais avec la très faible attractivité de l’offre.

Et qu’en sera-t-il de la qualité des agents recrutés ? Aura-t-on vraiment le choix suffisant pour faire un tri ? Dans cette période trouble où la sécurité est la préoccupation première de tous les parents dont je fais partie, est-ce responsable de remettre ainsi le sort de nos enfants entre les mains d’agents recrutés à la petite semaine ? En espérant que nous ayons toutes les garanties pour qu'il ne soit pas recruté des agents qui mettent directement en danger nos enfants.

Mais la municipalité ne se pose guère ces questions subalternes. On se prépare sans doute à distribuer de l’argent de poche à quelques loyaux électeurs qui trouveront là un bon moyen pour compléter sans trop de dommages leur RSA et s’installer un peu plus dans l’assistanat. Et c’est bien ce clientélisme le principal.

Quant aux pauvres gens qui ont vraiment besoin de s’en sortir, je doute que 9h hebdomadaires de travail les aident à retrouver les chemins de la dignité par une occupation rémunératrice. Cette aumône est une injure qu’ils devront subir faute de mieux.

Le pire, c’est que la municipalité ne dispose pas aujourd’hui des ressources humaines nécessaires pour internaliser ce service complexe et le gérer dans l’intérêt de ceux qui y auront recours.

La Régie, un « ennemi » dans l’œil du cyclone ?

Mais faut-il voir dans cette décision plus qu’une décision budgétaire ? Et s’il ne s’agissait en vérité que d’une volonté délibérée de mettre en difficulté la Régie de Quartier ? Rien ne permet de l’affirmer. Mais des faits concordants permettent d’en émettre au moins l’hypothèse.

Lorsque le marché de la Régie a été élargi par l’ancien maire, celui-ci s’est retrouvé au tribunal par les soins de Manuel Aeschlimann qui y voyait un marché illégal. Pietrasanta s’en était sorti sans mal, blanchi par le tribunal qui a reconnu son entière bonne foi.

L’un des proches de Manuel Aeschlimann, ancien directeur de la Régie, ancien conseiller municipal de l’équipe Aeschlimann, a fait un procès à la Régie pour licenciement abusif et s’est fait octroyer plusieurs dizaines de milliers d’euros sur le dos de l'association.

A peine revenu, au pouvoir, l’une des premières décisions de la municipalité, a été de mettre fin au service des correspondants de nuit dont la Régie détenait le marché.

En 2014, dans un document intitulé Audit Offciel, la municipalité s’en prend nommément à la Régie de Quartier qualifiée d’association amie de l’ancienne municipalité et en quasi faillite, bénéficiant de marché public à titre amical.

La Régie de Quartier d'#Asnières en danger: un mauvais coup de plus contre la solidarité

C’est sans concertation aucune que la mairie a mis fin au marché dit des bâtiments publics, marché qui permettait à l’association de faire travailler des Asniérois sur les bâtiments municipaux ainsi que l’enlèvement des tags à travers la ville.

C’est toujours sans concertation que la mairie avait déjà réduit dans un premier temps la voilure des points écoles. Et c'est toujours sans aucune concertation que l'association apprend à travers la pravda municipale que la mairie recrutait pour septembre. Il y a pourtant trois représentants de la mairie qui siègent au Conseil d'Administration de la Régie de Quartier. Ils assuraient encore lors du dernier CA, que le marché sera maintenu à la rentrée 2016, même si c'est à son plus bas niveau.

Un acharnement qui, avouons-le, laisse songeur et ouvre les voies à toutes les conjectures..

Post Scriptum :

A l'heure où j'écris ces lignes, il est impossible de savoir si la municipalité dénonce définitivement le marché. Elle a jusqu'à la fin du mois de mai pour le faire. Mais nous comptons sur notre Tout-Puissant rédempteur municipal, quand il n'aura pas réussi à recruter suffisamment pour ces neufs heures hebdomadaires, pour nous annoncer qu'il a sauvé la Régie en lui laissant un marché qu'elle seule sait gérer efficacement dans l'intérêt des Asniérois.

Je suis administrateur bénévole de la Régie de Quartier après l’avoir été pendant 6ans au nom de la municipalité. Avec la Régie nous avons créé la bricothèque, créé le salon de coiffure solidaire, développé le service des porteurs en lien avec la Gestion Urbaine de Proximité pour faire face aux pannes d’ascenseur dans le quartier, multiplié les services auprès des bailleurs sociaux… Nous ferons face pour que cette association indispensable dans notre quartier ne disparaisse pas.

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