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Publié par GOMEZ FELICIANO

J’inaugure aujourd’hui Les chroniques asniéroises. Une rubrique légère, plaisante, caricaturale, humoristique (malgré mon talent très limité en ce domaine) mais véridique, je m’y engage, sur les mœurs politiques de cette belle ville où j’habite. Que la garde prétorienne des avocats municipaux se gardent donc de prendre ici tout au premier degré.

Oui, je ne vous l’ai pas dit. Mais ici, on poursuit beaucoup en justice. C’est d’ailleurs pour cette raison que je vous emmène, pour cette première, faire un tour dans l’enfer procédurier que vivent les opposants Asniérois.

Inflation Judiciaire

Depuis maintenant plus de deux ans, une forte fièvre judiciaire s’est emparée de notre ville. On ne compte plus les frais engagés auprès de différents cabinets d’avocats pour lancer des procédures de tous ordres et dans tous les sens. Au passage, il est confié une petite partie de ce nouveau marché juteux à un cabinet ami. Ce n’est pas un ancien collaborateur du maire qui me contredira.

Vous ne trouverez cependant pas un seul élu ni responsable de l’administration capable de vous dire, sans consulter archives et bons de commande, combien de procédures sont en cours. Et votre serviteur, tout élu qu’il est (d’opposition), ne peut pas davantage vous en informer, même après avoir récemment plongé son nez dans les comptes arrêtés de la commune pour les exercices 2014 et 2015.

L’ancien maire chouchouté par le zèle justicier de son successeur

A force d’insistance, nous, élus d’opposition, avons été autorisés à consulter trois feuilles présentant l’ensemble des commandes judiciaires de 2014 et 2015 : consultation sur place en mairie avec interdiction de les sortir ou de les reproduire. Notre municipalité est trop bonne. Le caractère d’écriture était si petit qu’on avait du mal à lire. Et, bien entendu, les agents de la mairie n’avaient pas le droit de nous faire une photocopie agrandie... J’en ai quand même suffisamment vu pour m’apercevoir de deux choses.

La première information est une confirmation. Les frais judiciaires ont connu une nette inflation depuis 2014. L’accélération des poursuites qui a déjà fait déraper la note en 2014 s’est poursuivie en 2015. Et on peut d’ores et déjà parier qu’il en sera de même en 2016.

La deuxième information, et pas la moindre, c’est la place de choix réservée à l’ancien maire. Et encore, les feuillets consultés ne recèlent qu'une partie des poursuites engagées contre lui, puisque 2016 a vu fleurir de nouvelles causes. A ce niveau-là, c’est carrément de l’acharnement, de la torture même. Pour l'équipe en place, poursuivre l'ancien maire est devenu obsessionnel et compulsif. Rien n’est épargné à l’ancien édile. Tout semble concourir à l’empêcher de dormir. Je me demande d’ailleurs comment il fait pour tenir moralement, face à une telle avalanche de procédures, aussi destructrice psychologiquement que ruineuse financièrement. Juste inhumain.

Pour ceux qui s’intéressent aux mœurs politiques, il y a ici un terrain fertile pour de fécondes investigations dans les noires profondeurs de la vilenie en politique.

Une nouvelle procédure pour cette rentrée

Et une de plus, pourrait-on crier en cette rentrée politique asniéroise. Oui une procédure de plus. Quand on aime… Voici l’histoire.

Imaginez un opposant qui vous casse les pieds à longueur de tracts et sur les réseaux sociaux. Il a levé ici ou là de gros lièvres qui vous ont mis à mal. Et en plus il est du genre à savoir faire monter la mayonnaise. Bref, il a tout de vous, sauf qu’il est contre vous. Vos lectures assidues et tatillonnes de ses productions commencent à vous désespérer tant vous redoutez de ne jamais réussir à le prendre au piège de sa prose qui vous fait tant mal.

Et un jour, le jackpot. Oh l’imprudent aurait commis une erreur. Pas grand-chose ! C’est même rien ! Ça ne saute pas aux yeux. Mais ici on sait y faire pour faire passer des vessies pour des lanternes. Il y a ici de la compétence pour faire de cette vétille apparente, une évidente faute lourde et massive. Quoi, vous ne voyez pas, vous ? Vous voyez bien qu’il s’en prend à la Police Municipale, un corps constitué de la fonction publique, dépositaire de l’autorité publique ! Vite portons plainte pour l’honneur des valeureux agents de sécurité.

Mais il y a un os. Il faut passer par une délibération du Conseil Municipal et le prochain est prévu le 29 septembre. Impossible d’attendre ! Le temps presse. Les propos incriminés datent de la mi-juin et le délai de prescription pour un délit de presse est de trois mois. Une seule solution : changer la date du conseil municipal et l’avancer de trois semaines. Aussitôt pensé, aussitôt fait.

Et c’est ainsi qu’à peine de retour de vacances, le nez encore plongé dans les mille et une occupations de la rentrée, entre courses de rentrée et retour aux dossiers professionnels, les élus étaient mis en demeure d’accourir toutes affaires cessantes pour se pencher sur ce qui n’est, tout compte fait, que peccadille, propos tout au plus imprudents que la convenance exigerait de traiter par l’indifférence et qu’avec un peu de grandeur on aurait même pu prendre avec sourire.

Mais nous sommes à Asnières. Ici la petitesse est de rigueur et le règlement de compte, un usage. Petitesse qui monte sur ses grands chevaux pour se faire chevaleresque, chevalerie d’opérette pour qui la justice est un alibi pour servir de sombres desseins vengeurs.

Que conclure ?

Qu’il y a beaucoup d’indigence en ces actes-là ! Ces procédures à répétition, cette instrumentalisation de la justice à des fins de vengeance politique, ne peuvent être que le signe d’une démocratie locale, au mieux, malade, au pire en grand danger de perversion. On a le droit de mépriser de tels comportements. Mais on a le devoir plus urgent et plus impérieux de donner droit à la grandeur dans cette ville. Et n’en déplaise à sa modestie, je suis admiratif devant la dignité et la discrétion de Sébastien Piétrasanta, notre ancien maire et député, qui doit faire face à pas moins d’une dizaine de procédures et cela dans le silence, sans se plaindre, sans prendre les Asniérois à témoin d’une souffrance qu’il porte seul avec sa famille et ses amis, pour avoir eu l'outrecuidance de vouloir servir ses concitoyens en lieu et place de celui qui aujourd'hui le persécute. Il y a de la grandeur en cet homme-là. Et chaque nouvelle procédure, quoique douloureuse et insupportable, y ajoute quelques centimètres en hauteur.

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