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Publié par GOMEZ FELICIANO

A Asnières l’art de nier les évidences et de noyer les poissons a son maître et il siège au plus haut sommet de la hiérarchie municipale. Ici on ne ment pas. On dément. Ici on ne nie pas la vérité. On l’habille de telle sorte que celui qui la dit apparaisse comme le menteur.

C’est à propos du 5ème collège, projet tant réclamé par la population, que l’orfèvre des vessies qu’on fait passer pour des lanternes vient à nouveau de frapper.

L’objet de mon indignation

 N’étant pas abonné à la page Facebook de l’excellent maire de ma ville (l’amour du prochain est une chose, l’amitié, même sur Facebook, en est une autre), c’est sur le mur d’un autre que je suis tombé sur la prose proprement hallucinante de notre inénarrable édile. Voici la capture écran suivie du copier-coller du désopilant laïus.

 

« Il y a quelques jours, nous nous réjouissions ensemble de l'obtention d'un nouveau collège pour la ville d'Asnières.
Face à cela, les élus d'opposition polémiquent une nouvelle fois, eux qui ont été incapables de l'obtenir durant les 6 longues années de leur mandat.
Ils veulent faire croire que le nouveau collège viendra simplement remplacer l'actuel collège Voltaire. C'est évidemment inexact.
Ce que nous avons obtenu du Conseil Départemental c'est que tous les jeunes Asniérois en âge d'aller au collège puissent être accueillis sur notre commune.
Si à l'issue de la construction du nouveau collège, il s'avère que le nombre de collégiens nécessite de maintenir en activité le collège Voltaire, celui-ci sera maintenu en activité. Nous aurons donc 5 collèges. S'il s'avère que 4 collèges suffisent à accueillir les demandes, le nouveau collège viendra en substitution à Voltaire. Pour ma part, vu le nombre de demandes, je pense que nous aurons besoin des 5 structures, y compris en maintenant et modernisant le collège Voltaire.
Après avoir obtenu la construction du 4eme collège durant mon premier mandat, je suis heureux de contribuer une nouvelle fois à l'intérêt de nos jeunes Asniérois et de leurs familles. »

Quand on sait lire entre les lignes

Ce baratin confirme donc que le 5ème collège réclamé par la population ne sera qu’un nouveau collège. Que ce collège viendra bien remplacer le collège Voltaire à  quelques encablures du site envisagé pour sa construction. Mais voici où réside l’art de la manipulation et du mensonge tranquille, un paragraphe proprement surréaliste, cousu d’un sophisme hallucinant : « Si à l'issue de la construction du nouveau collège, il s'avère que le nombre de collégiens nécessite de maintenir en activité le collège Voltaire, celui-ci sera maintenu en activité. Nous aurons donc 5 collèges. S'il s'avère que 4 collèges suffisent à accueillir les demandes, le nouveau collège viendra en substitution à Voltaire. Pour ma part, vu le nombre de demandes, je pense que nous aurons besoin des 5 structures, y compris en maintenant et modernisant le collège Voltaire. »

Que de "si" ? A croire qu’on veut mettre Asnières en bouteille ! Quel est donc ce raisonnement complètement tordu ? Commençons par la fin. Le maire se dit à titre personnel convaincu qu’il y aura besoin d’un cinquième collège. Mais le voilà qui échafaude des hypothèses complètement ubuesques : si à l’issue de  la construction…s’il s’avère que…  Donc M. le maire pense qu’on aura besoin des cinq structures. Mais il n’est pas du tout sûr qu’on en aura besoin. Et  puis il se peut que finalement …  Que de contorsions! On  l'aura ou ppas ce 5ème collège ?

Le département affirme, comme Mme Léandri dans Le Parisien du 17 octobre, qu’il travaille sur l’hypothèse de quatre collèges : « La capacité d’accueil de ce nouveau collège serait portée à 700 élèves afin de disposer d’une marge disponible pour faire face à l’accroissement éventuel de la population scolaire. Il sera toujours possible de décider la fermeture définitive du site de l’actuel collège Voltaire. »

Le  maire après avoir affirmé dans le même numéro du Parisien : « On fera un point d’ici deux ans. Cela dépendra du nombre d’élèves à ce moment-là », affirme maintenant sur sa page Facebook que ce point se fera à l’issue des travaux de construction, soit, en étant optimiste, à l’horizon 2020 voire 2021.

 

On nous prend pour des abrutis

On peut penser que le maire veut enfumer la population pour masquer son impuissance face au département où siègent  pourtant deux de ses adjoints, et pas des moindres, lesquels ont fait campagne sur un cinquième collège et non pas sur un nouveau collège. Et il faut vraiment qu’il nous prenne pour des idiots pour tenter une telle opération.

Imaginez donc un département qui attend le dernier moment pour savoir s’il fermera ou non un collège, s’il recrutera  de nouveaux  agents ou non, s’il devra fournir la cantine scolaire dans un établissement de plus ou pas… Mieux. Pendant ce temps, les services académiques et le ministère attendent pour recruter un principal… ou pas, procéder à de nouvelles dotations horaires… ou pas, affecter des enseignants… ou pas.  Quand on connaît le milieu de l’éducation, l’usine monstrueuse des dotations horaires, ce qu’implique en complexité la simple demande d’ouverture d’une nouvelle classe…

Ils nous prennent vraiment pour des béotiens.

 

A moins qu’ils ne soient complètement incompétents

Une autre hypothèse est plus plausible. Quand on sait avec quel dilettantisme sont menées les affaires scolaires dans notre ville, il y a fort à parier que le Département,  qui s’est toujours opposé au projet du 5ème collège, ait trouvé en cette équipe municipale incompétente et démissionnaire, des partenaires rêvés pour léser les intérêts de la population en l’anesthésiant en comptant sur leur seule compétence : l’habileté à faire passer leurs reniements pour du volontarisme.

Quel élu responsable, connaissant la carte scolaire d’Asnières, oserait un seul instant travailler sur l’hypothèse d’un collège à 700 élèves sur le secteur Grésilllons-Voltaire  quand on connaît les difficultés cque doit affronter celui de Voltaire avec un effectif à 600? Qui peut sérieusement croire qu’un collège à 700 places, couvrirait les besoins à échéance de cinq ans, quand le collège Voltaire dépasse déjà régulièrement ses capacités ?

Il y a déjà urgence. Les projets immobiliers se multiplient dans notre ville. Et des élus nous disent : "on verra dans deux ans, on verra dans cinq ans !" Et il faudrait qu’on applaudisse à tout rompre tant de désinvolture dans l’incompétence ?

 

Nous ne sommes pas du genre à renoncer

Le maire s’alarme dans sa bafouille de notre prétendue polémique. Mais nous ne sommes pas près de lâcher l’affaire. Pour ne pas remonter à la préhistoire, je rappelle que nous avions fait notre campagne des municipales 2008 sur la création d’un 5ème collège. Mon ami Luc Bérard de Malavas a été élu au Conseil Départemental (alors Conseil Général) et a porté ce projet à bras le corps durant son mandat malgré l’opposition de la majorité de droite.

Sébastien Piétrasanta qui en a fait un élément central de son projet pour Asnières a mis son mandat de député au service de cette cause. C’est dès 2012, quelques mois après son élection, qu’à la faveur de la loi  Duflot, il a obtenu que soit fléché le site abandonné par la Sorbonne pour accueillir ce nouveau collège.

En décembre 2012, fort de l'accord de principe de l'Etat obtenu par Sébastien Pietasanta, c’est un conseil municipal unanime, opposition comprise, qui a voté le vœu pour la construction du 5ème collège. Comme le rappelait Le Parisien du 22 décembre 2012 : « Le conseil municipal d'Asnières a voté jeudi soir un vœu à l'unanimité en faveur de la création d'un cinquième collège dans la commune. Une nouveauté, puisque jusqu'à présent les élus UMP de la ville s'étaient prononcés contre cette éventualité, alors que le conseil général, en charge de la construction et de la gestion des collèges, refuse d'accéder à cette demande. » [C'est moi qui souligne]

Nous n’avons pas changé d’avis depuis. Notre fidélité et notre constance dans ce dossier tiennent en ces mots de mon amie et collègue Marie-Christine Baillet, présidente du groupe d’opposition, spécialiste des questions scolaires et anciennement adjointe au maire pour l’éducation : « On hésite entre un cinquième collège et la reconstruction de Voltaire. On se moque du monde ! Vu le développement de la ville, c’est évident qu’on a besoin d’un cinquième collège. On le sait tous et c’est ce qu’on dit depuis des années. » (Le Parisien du 17 Octobre)

 

Mais la droite qui avait voté avec nous en 2012, semble revenir sur sa parole. Il est vrai qu’une chose a changé depuis : en 2012, le maire actuel ne siégeait plus au Conseil municipal, purgeant alors une peine d’une année d’inéligibilité. Mais depuis il est revenu aux manettes et avec lui le renoncement à  la parole donnée et la trahison des promesses.

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