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Publié par GOMEZ FELICIANO

C’est les vacances de la Toussaint. Et si à la télé Sarkozy prend les enseignats pour des feignasses ne travaillant que – mois dans l’année, à Asnières, son fidèle soutien, maire de la ville, ne tient pas non plus cette corporation en grande estime. Ces deux semaines de trêve viennent clore une période agitée dans notre ville. Voici la chronique de la vie scolaire à Asnières : l’histoire tristement ordinaire d’une incompétence que l’orgueil accule à l’arrogance.

 

Scène de vie

Il était presque 21h ce soir-là. La scène se passait sur un coin de rue, terrasse d’un café où on s’apprêtait à boire un coup, le député d’Asnières et ancien maire de la ville, quelques amis et moi. C’est alors que survient une équipe d’enseignantes sortant sans doute d’une réunion. « Bonsoir, comment ça va ? », s’enquiert Sébastien Piétrasanta en  reconnaissant une enseignante. Réponse : « Mal, très mal ! Je ne sais pas ce qu’il se passe dans cette ville. Mais nous n’en pouvons plus. » Puis s’ensuit un échange improvisé. Dix minutes plus tard, une seule envie : prendre une chaise et m’asseoir pour ne pas tomber à la renverse. Le vertige  de l’absurdité et le poids de la bêtise humaine en prenant connaissance des positionnements grotesques de la municipalité ainsi que de sa gestion ubuesque. Oui, le parent d’élève que je suis en avait assez entendu pour s’inquiéter de l’avenir de sa petite dernière scolarisée dans une école publique à Asnières sous le régime familial du couple qui régente notre ville.

 

Désorganisation à tous les étages

La vie scolaire, tous secteurs confondus, de la maternelle au primaire, c’est le premier poste de dépenses et l’effectif le plus important d’une ville comme la nôtre. On ne peut pas improviser la gestion d’un tel service. Il est ici besoin d’une ressource humaine dument managée par un encadrement expérimenté et techniquement irréprochable. Il est ici besoin d’une politique clairement définie dans la concertation et le dialogue permanent, rigoureusement mise en œuvre dans l’anticipation mais aussi avec une réelle capacité d’adaptation.

A Asnières, c’est simple, tous les cadres sont partis et on peine à les remplacer. Résultats : la coordination en interne entre les services, et la concertation en externe avec les parents et enseignants sont devenues chaotiques. Illustration : c’est en toute fin d’année, au moment de fermer les portes de leurs écoles, que les équipes enseignantes ont été informées des modalités de commande de matériels pour la rentrée scolaire, et je vous passe les détails des dites modalités (entre changement de fournisseur et chamboulement des nomenclatures). Du jamais vu dans notre ville. Me croirez-vous si je vous dis que plusieurs semaines après la rentrée, certaines classes attendaient encore leurs outils de travail pour nos enfants ?

Un signe qui ne trompe pas, les premières pages de notre Pravda locale. C’est simple : si vous voulez savoir ce qui cloche dans notre ville, vous vous reportez aux à ces pages de photos sensées refléter la vie Asniéroise. Plus il y a de photos sur un sujet, plus il y a à parier qu’il y a un problème dans ce domaine. C’est ainsi que nous avons eu droit à deux pages entières d’Asnières Info consacrées aux travaux herculéennes de notre tout puissant maire dans les écoles. Même la pose de rideaux ne nous a pas été épargnée. Génial non ? Mais rien par contre sur les travaux coûteux engagés pour une école privée hors contrat aux méthodes et à l’idéologie contestables.

 

Les enseignants devenus des ennemis publics

Mais tout ceci n’est rien au regard de la guerre larvée que livre la municipalité au corps enseignant exerçant dans notre ville. Mais ici je ne vous ferai pas de laïus. Il vous suffit d’écouter le couple régnant. Ils n’aiment pas les enseignants, ils n’ont pas de projet pour l’éducation de nos enfants.

C’était au conseil municipal du 8 septembre dernier. Luc Bérard de Malavas se fait l’interprète des multiples préoccupations des parents d’élèves et enseignants. Aucune agressivité, aucun ton polémique.

Voici l'intégrlaité de son intervention.

Il n'en fallait pas plus pour mettre notre bon maire hors de lui, au point de couper la parole à son adjointe et tendre épouse aussitôt après la lui avoir donnée.

Et quand madame reprend la parole, pour ne pas dire grand-chose, elle réussit tout de même à accentuer cette impression de malaise profond. Non, des élus ne devraient pas dire ça des enseignants, en tout cas pas l'élue en charge des affaires scolaires

Oui, n'en déplaise à M. Sarkozy, un enseignant travaille plus de 40h par semaine, surtout dans le premier degré. Et bien souvent, sur le terrain, ils doivent faire face à des élus qui ne sont simplement pas à la hauteur. Il était donc grand temps que les vacances scolaires arrivent, que nos enseignants en général, ceux d'Asnières en particulier, puissent prendre du recul, pour le bien de nos enfants. 

C'est pour leur rendre hommage que j'écris ces lignes. Ils n'ont certes pas besoin de moi pour booster leur moral. Mais j'avais juste besoin de leur dire ma reconnaissance, tout simplement.

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