Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par GOMEZ FELICIANO

#ASNIERES - LE RAPPORT D'ORIENTATION BUDGETAIRE SOUS L'ANGLE DE LA VERITE

Les perles du rapport d’orientation budgétaire 2018

Pour faire suite au conseil municipal du 16 février dernier et en attendant le débat sur le budget au prochain, je voudrais partager avec vous quelques perles dégotées ici où là au fil des 41 pages d’une indigeste prose dont la municipalité a voulu faire un exercice littéraire de haute volée agrémentée de chiffres et graphiques pour faire sérieux.  Petit voyage exotique à travers cette assommante production.

Voici page après page ce que vous auriez pu lire dans ledit rapport.

 

P.5Des mots qui portent BEAU pour cacher des réalités moins reluisantes.  « 2016 et 2017 voient se concrétiser les efforts de la Ville dans l’entreprise d’une stratégie foncière, d’où l’importance des produits de cession » Ce qu’on appelle ici stratégie foncière n’est rien d’autre que la vente des terrains et droits à construire. Pour renflouer les caisses, la mairie ne veut pas augmenter les impôts. Il a choisi de vendre les terrains et d’autoriser des constructions à tout va. 

Imaginez papa qui rentre à la maison après une énième sauterie avec ses potes au bistrot. Il rassemble sa femme et ses enfants et leur tient à peu près ce discours : « Mes amours, grâce à ma stratégie commerciale offensive de cessions et d’échanges, nous allons pouvoir continuer à rembourser le prêt pour la maison, payer l’électricité et l’eau… » Toto ne peut s’empêcher de lui demander ce qu’il appelle  stratégie commerciale offensive. Et c’est là qu’il a dû avouer qu’il a vendu la voiture, liquider l’assurance vie et le PEL, et mis quelques bijoux de maman au clou. Voilà la gestion à la mode Mancipoz-Aeschlimann. On vend les bijoux de famille pour renflouer les caisses. Un jour viendra où il n’y aura plus rien à vendre. Un graphique de leurs propres mains vient confirmer cette hypothèse à la page 38.

 

P. 6 - Docteur Manuel et Mister Aeschlimann. On s’y plaint abondamment, et aussi à d’autres moments du rapport, de la montée en  régime du Fonds de Péréquation Intercommunal et Communal (FPIC). Il a coûté 3 millions à la Ville en 2017. Depuis 2012, ce sont 12 M € qui ont été versés au fonds. Le rapport affirme que ce « dispositif est perverti dès le départ par l’obsolescence des valeurs locatives qui fausse la donne ». On se demande où les députés avaient la tête quand ils ont voté pour ce dispositif pervers en… 2011. Aeschlimann était député. Et il se  plaint aujourd’hui d’un dispositif qu’il avait mis en place. Il faut dire que son activité à l’Assemblée était des plus épisodiques.

 

P.11 - Le maire se glorifie. « En 2014, la municipalité a souhaité faire un geste important pour les contribuables en diminuant de 0,9% les taux d’imposition ». Rappelons qu’il s’agit d’une baisse de 0,9% du taux communal, ce qui, en valeur absolue, a fait économiser en moyenne aux Asniérois les plus fortunés l’équivalent d’une  baguette de pain par mois. Très important le geste en effet. On a dû en bouffer des sandwiches depuis 2014.

 

P.12 - Le graphique trompeur. Sur ce graphique, seules les trois premières années sont comparables puisque basées sur les mêmes données. A partir de 2016, les règles comptables changent. Certaines charges sont transférées à l’intercommunalité (EPT). Et pourtant on n’hésite pas à aligner les choux et les carottes dans une comparaison improbable. On voudrait tromper les Asniérois qu’on ne s’y prendrait pas autrement

#ASNIERES - LE RAPPORT D'ORIENTATION BUDGETAIRE SOUS L'ANGLE DE LA VERITE

P. 13 - Le graphique révélateur. On s’y rend bien compte que la part des charges de personnel se maintient à un niveau supérieur à la moyenne du mandat antérieur. On y constate aussi que malgré les nombreux équipements nouveaux mis en place sous Pietrasanta, les charges à caractère général ont été contenues et qu’une baisse  régulière a été engagée dès 2008. Cette baisse a été stabilisée à 31% depuis 2015. Evidemment. Plus rien de nouveau ne se fait à Asnières, ni en service, ni en équipement. Un choix contestable quand la population s’accroit.

#ASNIERES - LE RAPPORT D'ORIENTATION BUDGETAIRE SOUS L'ANGLE DE LA VERITE

P.15 - Affirmation gratuite. « Si l’on compare l’évolution des dépenses réelles avec celle des recettes, force est de constater une différence de gestion certaine entre le mandat actuel et le mandat précédent. Les efforts actuels dans la recherche d’économies sans  altérer la qualité du service rendu et dans l’optimisation des recettes malgré la chute des dotations sont largement démontrés ». J’ai beau cherché la large démonstration, je ne l’ai trouvée nulle part. C’est normal que les dépenses aient cessé d’augmenter. Ce serait bien le comble : aucune création nouvelle d’école, de gymnase, de crèche, de jardin public…. Et comment a-t-on pu améliorer les services en les diminuant de moitié au centre de santé, en supprimant le service de médiation de la jeunesse, les correspondants de nuit, en fragilisant la sécurisation des points écoles ? On en parle de l’encadrement dans les centres de loisirs ? Le sous-effectif à la petite enfance ? On évoque ou pas la diminution des horaires d’ouverture des médiathèques ? La saleté des rues ? La qualité du service à la sauce Aeschlimann c’est ‘croyez-moi sur parole et oubliez la réalité’. Les Asniérois ont élu un maire et ils découvrent un fakir hypnotiseur à la tête de leur ville.

 

P. 20 - Un graphique à regarder de plus près. « Grâce à l’optimisation des dépenses de fonctionnement  et à la maîtrise  de  ses recettes de fonctionnement, Asnières-Sur-Seine parvient à dégager 16,6 M € d’autofinancement… ». Un tel niveau a déjà été atteint en … 2010. En 2011 le cumul des excédents (virement de section de fonctionnement vers l’investissement plus les excédents capitalisés) ont porté la capacité d’autofinancement de la ville à 29 M €. Raison pour laquelle dans sa prose, la municipalité se contente d’écrire : « Il s’agit du meilleur niveau depuis 2012 ». Mais bien sûr.  A y regarder de près, de 2014 à 2017 l’actuelle majorité a tourné sur une moyenne d’autofinancement atteignant péniblement les 14 M €, quand nous faisions une moyenne de 22 M €. Encore un effort, les gars.

#ASNIERES - LE RAPPORT D'ORIENTATION BUDGETAIRE SOUS L'ANGLE DE LA VERITE

P.21 - Le plus croquant de tout le rapport. « Le programme de réhabilitation et d’extension du groupe scolaire Michelet est ficelé (sic). La mise en concurrence relative à la procédure de conception-réalisation sera lancée en 2018 ». En d’autre terme tout est « ficelé » mais tout reste à faire donc. Le menu de la majorité annonce un rôti. Mais ils n’ont que la ficelle. Bon appétit les gars.

 

P.32 - Des petites hausses par-ci par-là sans avoir l’air d’y toucher. Du Forfait Post Stationnement à la modulation des horaires des structures petite enfance, en passant par la refonte du quotient familiale et de la pause méridienne, ce sont autant « d’optimisations » des recettes sur lesquelles compte la mairie. Elle n’augmente pas les impôts. Mais espère « une revalorisation législative des bases de 0,4% [et] une croissance physique des bases de 1% ». Pourquoi se gêner quand d’autres peuvent faire le boulot à notre place. Depuis la mesure électoraliste de 2014, l’annulation des élections était attendue, le maire n’a plus jamais opéré de baisse des taux communaux pour compenser la revalorisation législative.

 

P.33 - Hommage à Pietrasanta. « Dans le cadre du budget 2018 en construction, les dépenses de personnel avoisineraient cette année 58,5 M €. Il s’agirait de la prévision budgétaire la plus basse depuis 2013 ». Aeschlimann va donc essayer de faire cette année aussi bien que Pietrasanta en 2013. Il n’est jamais trop tard pour suivre les bons exemples. Il ne cesse de fustiger la hausse des impôts sous Pietrasanta, mais n'est pas malheureux de ne pas avoir à le faire. Il en profite.

 

P.34 – Graphique complètement  délirant. La majorité ose une comparaison entre ce qui aurait été la trajectoire des dépenses si l’ancienne majorité était restée au  pouvoir et ce qui serait sa trajectoire actuelle et ce jusqu’en 2022. Du jamais vu dans un rapport d’orientation. Ce graphique repose uniquement sur une seule conjecture : « si les dépenses de gestion courante avaient progressé au même rythme que sur la période 2008-2013.. » Il s’agit d’une pure fiction, une extrapolation hors sol à partir d’une moyenne calculée sur 5 ans, sans tenir aucun compte des impacts qu’auraient eu sur notre gestion les dispositions législatives. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi on s’est arrêté en 2022 dans cette projection. 2040, c’est trop loin ?

#ASNIERES - LE RAPPORT D'ORIENTATION BUDGETAIRE SOUS L'ANGLE DE LA VERITE

P.36 - Notre ville est une entreprise immobilière. « Sa politique immobilière active lui permettra de dégager des recettes de cessions importantes qui viendront financer un programme d’investissement ambitieux… » Quand le bâtiment va, tout va. Vive la politique immobilière ! Vive les recettes de cession ! On vend et on cède à tour de bras. Ce ne sont pas des recettes pérennes. Mais on n'en a cure. Un jour se posera à nouveau la question des équilibres stables de nos finances. On verra bien à ce moment-là. Comment peut-on sérieusement conditionner à ce point la santé financière d’une collectivité aux aléas du marché immobilier ? Absurde et dangereux !

 

P.38 - Le graphique qui annonce le pire. C’est un graphique qui doit nous alerter. Après 2020 la projection des besoins en de financement fait disparaître les cessions. Fin de soldes des biens fonciers de la ville. Dès 2021, il faudra recourir à l’emprunt pour continuer à soutenir l’investissement et faire face à  une remontée de l’encours de la dette. Comment rembourse-t-on ? Augmenter les impôts ? On n’aura plus tellement la main sur la taxe d’habitation. Que reste-t-il ? Augmentation de la taxe foncière et la taxe sur les ordures ménagères?

#ASNIERES - LE RAPPORT D'ORIENTATION BUDGETAIRE SOUS L'ANGLE DE LA VERITE

Page nulle part – Ce qu’on ne trouve pas dans le rapport. Il faut être aveugle pour ne pas constater qu’il se construit à tout va à Asnières. Il en résultera forcément un accroissement de la population à terme. Tout en se satisfaisant et se glorifiant à de nombreuses  reprises de sa fine stratégie immobilière, à aucun moment le rapport ne projette les impacts de cet accroissement de la population, les besoins nouveaux générés, les coûts induits… La majorité intègre dans ses calculs les recettes escomptées, notamment l’élargissement de la base de calcul des différentes taxes (habitation, foncière bâtie et ordure ménagère). Mais rien sur le nombre d’habitants nouveaux, le nombre de place en crèches, le nombre de classes à ouvrir, la résorption de la saturation des équipements d’usage quotidien (sportifs, culturels, de loisirs…).

Le Rapport d’Orientation Budgétaire n’a d’orientation que le nom. La ville ne sait pas où elle va. Mais elle y va en accélérant et en klaxonnant. Attention au mur devant. Le choc sera brutal.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Alain 28/02/2018 12:07

Très percutant