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Publié par GOMEZ FELICIANO

Ainsi donc, rien n’aura pu décider M. AESCHLIMANN à jouer la carte de la transparence : ni les mobilisations militantes, ni les pétitions citoyennes, ni les informations documentées de la presse, rien.

Nul doute que bientôt fleuriront dans nos boîtes aux lettres les propagandes en quadrichromie et sur papier glacé de notre maire ventant les mérites de sa bonne gestion, de ses impôts locaux imbattables, de sa sécurité exemplaire, de sa vidéosurveillance efficace…

Mais si ce que nous dit le maire à longueur d’année est exact, si ce que proclame sa Pravda locale, Asnières Info, est juste, il n’y a pas de doute qu’on les retrouve dans le rapport de la cour des comptes. Y a-t-il publicité plus grande pour un maire que de voir sa gestion ratifiée par la Cour Régionale des Comptes ? Mais nous savons tous, et les articles de presse et autres reportages radio le confirment, que ce qui est dans le rapport risque de contredire gravement le triomphalisme du maire. Nous pouvons être certains que si ce n’était pas le cas, notre édile, si habitué à s’auto congratuler, n’aurait pas raté l’occasion, à quelque mois des élections, de se mettre en valeur. Il ne l’a pas fait. Et pour cause.

Le 13 décembre en notre mairie d’Asnières-sur-Seine se réunira l’ultime conseil municipal de la mandature. Et nous asniérois, dans notre grande majorité, resterons dans l’ignorance de ce qu’a été la gestion de notre ville. La question est de savoir si cette leçon si éloquente de déni de démocratie nous suffira à faire en sorte que ce conseil soit le dernier que préside Aeschlimann.

Oui, notre maire compte être réélu. Son espérance est fondée sur le même cynisme équitablement partagé à droite comme à gauche. Ce cynisme municipal tient en quatre principes :

-          Le citoyen électeur n’élit pas son maire sur un projet ni sur un bilan : l’électeur est un sentimental, pas un cartésien.

-          Le citoyen électeur choisit son maire en fonction de ses intérêts particuliers. Saucissonner la population d’une ville en fonction d’intérêts catégoriels et donner satisfaction à chacune des catégories. L’électeur ne pense pas à l’intérêt général. Le citoyen électeur est un électeur consommateur. Il faut le considérer comme un client et lui donner ce qu’il veut, lui dire ce qu’il veut entendre.

-          Le citoyen électeur ne choisit pas son maire en fonction de ses convictions propres ni en fonction de la couleur politique du maire. Il choisit quelqu’un qui lui semble sympathique, avenant, qui a une bonne tête. Composez-vous un visage d’ange, une image de gendre parfait, maltraiter l’opposition et à sa première récrimination adopter votre meilleur profil de victime de bon-maire-que-l’oppostion-irresponsable-et-sans-projet-calomnie et vous augmentez vos chances d'être réélu.

-          Le citoyen électeur s’identifie à son maire. Il se sent insulter quand son maire est insulté. Plus on cherche à décrédibiliser son maire, plus il se sent agressé lui-même. Il aura donc tendance à confirmer et à amplifier son vote. Un maire qui fait une faute est un homme qui commet des erreurs comme tout le monde. Plus l’opposant s’en prend à lui plus il est indigne, parce que c’est indigne de s’en prendre ainsi à un homme faillible comme tout le monde, donc faible, donc excusable, donc innocent. Plus on reproche de choses à un maire, plus on augment ces chances d’être réélu : c’est la prime à la casserole. Et, à n’en pas douter, l’affaire du rapport de la CRC servira d’argument électoral au service de la réélection de notre maire.

Chers amis asniérois, ce sur quoi j’essaie d’attirer votre attention, c’est qu’on nous prend pour des buses. Mais il n’y a pas de raison pour que ça dure.

Il nous appartient d’exiger désormais, dans un monde moderne, une manière nouvelle de faire de la politique, de respecter ses concitoyens.

Il nous appartient de crier haut et fort que nous ne voulons plus du cynisme en politique.

Il nous revient d’envoyer aux hommes politiques ce message simple : nous ne voulons pas que vous nous ressembliez. Nous voulons que vous nous ameniez vers les sommets où nous voulons tous nous rassembler.

Nous devons manifester dans les élections à venir que nous ne choisissons pas un maire, non pas en tant qu’il est un-homme-comme-tout-le-monde, ce qu’il est, mais en tant qu’il porte l’ambition d’une communauté humaine qui nourrit le désir profond d’être une communauté à nulle autre pareille.

Nous voulons d’un maire qu’il porte l’âme de notre ville, son souffle, qu’il soit le reflet de notre destin commun.

Où nous a mené Aeschlimann ? A-t-il le souffle pour nous emmener plus loin ?

Voilà les deux questions essentielles de l’élection municipale à venir. La première porte sur les résultats de l’action menée, la deuxième sur le crédit du projet proposé au regard de celui qui le propose. Mais ces questions, Aeschlimann suppose que nous ne nous les posez pas et que nous les lui poserions encore moins.

 

IL A TORT.

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