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Publié par GOMEZ FELICIANO

Monsieur le maire,

Comme beaucoup d’asniérois, j’ai reçu par la poste, le dernier communiqué de vos services. Il n’y avait pas de signature si ce n’est la mention de la délégation à la communication. Comme je pense qu’il n’y a pas de communiqué de la mairie sans votre approbation, j’ai choisi de vous répondre.

Le communiqué fait suite à ce qu’a publié Le Parisien sur le rapport de la Cour Régionale des Comptes. Excusez-moi de préciser qu’il s’agit du Parisien du 3 décembre 2007 dans son édition des Hauts-de-Seine. En effet, les asniérois qui n’auraient pas tout suivi et qui voudraient s’informer par eux-mêmes de ce vous qualifiez d’«informations tronquées », devraient pouvoir le faire. J’espère que ce numéro du journal, comme d’autres numéros d’autres journaux d’ailleurs, est toujours disponible dans les bibliothèques et médiathèques de notre commune.

Monsieur le maire, connaissant vos méthodes, je dois avouer que j’attendais votre courrier dans ma boîte aux lettres. Autant vous le dire tout de suite, je le trouve très décevant, quoique trop coûteux au regard d’un conseil municipal qui eût réglé la question sur le fond. Mais pourquoi faire simple et pas cher quand on peut faire coûteux et compliqué. Si c’est ainsi que vous entendez démontrer vos talents de bon gestionnaire, c’est une réussite absolue. Félicitation.

Monsieur le maire, votre communiqué est décevant à plus d'un titre. Il ne dit pas que ce que publie le journal est faux. Vous affirmez cependant que « les éléments dont [le Parisien] disposait ne constituaient pas le document officiel. » Mais cette affirmation ne signifie pas que les éléments ne sont pas contenus dans le document officiel. Deux éléments d’un ensemble qui en contient quatre ne constituent pas l’ensemble. Mais ils en font bel et bien partie. De la même manière, quand vous parlez d’ « informations tronquées » vous ne faites qu’insinuer qu’elles pourraient être fausses sans vraiment l’affirmer. Car une information peut être tronquée de plusieurs manières sans pour autant être fausse. Une question essentielle demeure : Ces éléments sont-ils oui ou non faux ?

Le communiqué de vos services ne nous dit pas davantage si oui où non vous allez ou avez déjà porté plainte. Il nous parle d’une exposition à des poursuites. Mais une exposition à des poursuites ne vaut pas poursuite. Autre question : poursuite ou pas poursuite ?

Mais le communiqué affirme que « la loi de 2001 ne permet pas à la mairie de répondre sur le fond aux diverses allégations contenues dans l’article, puisque toute communication à cet égard est dorénavant interdite en raison de la proximité des élections municipales ». Pour être tout à fait honnête vous devez dire aussi que votre opposition vous a fait la demande d’un conseil municipal extraordinaire pendant que vous aviez encore la possibilité de rendre public le document et de répondre sur le fond, comme ce fut le cas dans d’autres communes. Troisième question : Auriez-vous renoncé à votre droit de vous défendre pour mieux vous poser aujourd’hui en victime ?

Votre communiqué, enfin,  a fait le choix de porter le soupçon sur la presse en général et Le Parisien en particulier. Ce journal est accusé d’action délibérée pour empêcher la mairie de répondre à ses allégations. Le journal serait donc mal intentionné et, forcément, mauvaise intention vaut désinformation, CQFD. J’ai vécu sous des régimes peu démocratiques. J’en ai tiré cette certitude quant aux relations entre la presse et les pouvoirs publics :’un mauvais journalisme ne dérange que très, très rarement. Mais quand la presse se met à déranger, c’est qu’elle s’approche de la vérité.' Dernière question : N’y a-t-il pas quelque chose de malsain pour la démocratie à lmettre ainsi en cause la probité d’un journal ?

Monsieur le maire, si vous entendiez nous convaincre, si vous entendiez lever les doutes au coeur des asniérois, c'est raté. Dommage pour la démocratie.

Bien à vous

Féliciano Gomez.

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