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Publié par GOMEZ FELICIANO

Désormais la seule stratégie de communication du maire sortant, et presque sorti, c’est de faire peur à l’électeur. Devant l’électeur de droite on agite l'épouvantail du bolchévisme, foi d'un autocrate, le spectre de la généralisation d’un urbanisme massif, parole d’un bétonneur, et celui du matraquage fiscal, et c'est celui qui a augmenté de 18% les impôts et taxes qui le dit. Quant à l’électorat issu de l’immigration ou des Îles, on envoie au front les amis du maire estampillés antillais, africains ou arabes. Voici quelques faits de cette campagne.

Un jour, je croise un ami dans la rue. Il est antillais. Il est hors de lui parce qu’il ne supporte pas que des gens l’appellent chez lui de la part de la femme du maire en tant qu’il est ultra marin. Beaucoup d’autres amis antillais contactés plus tard m’ont confirmés avoir été démarchés eux aussi.

Un soir, je rentre tard chez moi et mon épouse me demande d’appeler de toute urgence un de mes amis qui voulait me parler. Il s’insurge que des amis d’origine africaine du maire l’appellent en tant qu’il est d’origine africaine pour le persuader de voter Aeschlimann. Ce qu’il supportait encore moins, c’est les mensonges qu’on essayait de lui vendre sur le candidat du grand rassemblement pour asnières: Sébastien Piétrasanta serait quelqu’un qui n’aime pas les africains, qui est radin et ne fera rien pour la communauté noire.

Une après-midi, je distribue des tracts devant le Lidl Mourinoux. Et je vois venir vers moi un ami de la mosquée qui me montre un papier signé par un des sbires du maire qui joue au pilier de bar en bas de chez moi. Ce tract au relent communautariste assumé se veut un soutien à Aeschlimann « qui respecte toute (sic) les communautés et les idées de chacun de nous ». Les signataires de ce tract ne veulent « pas d’un Nanterre bis où les municipalités (resic) laissent à l’abandon des communautés toute entière (re-resic) ».  Et le tract se termine par cet engagement à voter pour Aeschlimann « pour l’avenir de nos enfants, de nos frères et sœurs, et pour le respect de nos cultures ».

Je me rends au lieu où cette magnifique prose fleurit. J’aperçois des jeunes avec à la main le tout nouveau document sorti par le trio Sébastien, Josiane et Leblond. Fiers de leur trophée, ils m’apostrophent : « Bravo monsieur. On votera pour vous dimanche. Aeschlimann, on n’en veut pas. Nous sommes de gauche, nous. »

Déboule aussitôt notre pilier de bar, invectives à la bouche, grossièretés en rafale et mensonges en cascades. Je reproduis à peu près la discussion en laissant de côté ce qui n’est pas décemment reproductible.

- Lui : vous n’allez pas voter pour ce bâtard, ce fils de pute, qui m’a mis moi votre frère en procès. Il a promis de détruire la mosquée et il a fait venir ni pute ni soumise à Asnières…

-Une jeune fille rétorque : Soyez poli monsieur, n’employez pas ces mots-là.

- Le malabar : je suis de la rue moi, j’emploie les mots de la rue.

- La fille : restez-y dans la rue. Nous on veut élire un maire.

Fin de la discussion. J’essaie de reparler avec les jeunes. Et voilà notre type qui se ramène. Je le prie gentiment mais fermement de ne pas se mêler de notre conversation. Et au moment où il s’en allait les jeunes ont cru bon de me faire une promesse assez sonore pour être entendu que c’est pour Piétrasanta qu’ils voteront dimanche et qu’ils s’en allaient de ce pas convaincre d’autres jeunes de faire de même.

En rentrant chercher mes enfants chez la Baby-sitter, j’ai parcouru le nouveau tract du maire. Quand on vient de croiser de tels jeunes on peut tout oser, tout supporter, y compris lire la propagande d’Aeschlimann.

Je sens comme un léger vent qui tourne et qui rend fou ceux qui n'ont pas compris que le vent est entrain de tourner.

 

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