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Publié par GOMEZ FELICIANO

A Asnières, c’était le Conseil Municipal ce mardi 24 novembre. Nous étions conviés à entendre les conclusions de l’audit de la dette de la ville (177 millions d’euros tout de même) fait par le cabinet Finance Active, dont la notoriété et la neutralité ne sont plus à démontrer auprès des collectivités locales de tout bord pour lesquelles il a eu à travailler. Les résultats de l’audit sont accablants. Je vais essayer ici de faire œuvre pédagogique pour vous faire toucher du doigt l’ampleur des dégâts causés par nos imprudents prédécesseurs. Pardonnez-moi d’avance si je suis long. J’ai mis du temps à comprendre. J’espère en tous cas avoir compris quelque chose.

 

Voici dans le désordre quelques une des conclusions des experts de Finance Active :

-                          Durée de vie moyenne de la dette trop longue, soit 14 ans. La durée de vie moyenne exprime la vitesse moyenne de remboursement du prêt (exprimée en année). Si nous consacrons tout ce que nous pouvons au remboursement de la dette, nous en aurions pour 14 ans.

-                          La durée résiduelle moyenne est de 24 ans environ. La durée de vie résiduelle, exprimée en années, est la durée restant avant l'extinction totale de la dette ou d'un emprunt. La moyenne ici est la pondération  des  différents emprunts contractés. Quand on fait la moyenne de tous les encours, nous sommes endettés pour 24 ans. Mais certaines de nos dettes ne seront totalement remboursées que bien au-delà de ces 24 annuités.

-                          Le taux moyen est de 3,56%.

 

Rien que sur ces données, la dette asniéroise explose déjà bien des records. Elle est complètement atypique. Pas une seule des villes de même importance que nous n’est dans cette situation : la durée de vie moyenne de leur dette est de moitié moins longue que la nôtre et la durée résiduelle est d’environ 14 ans. A Asnières c’est carrément tout une génération qu’il faut mettre au service de la dette.

 

Mais il y a pire.

-         Alors que la plupart des communes diversifient leur marché de l’emprunt, la ville d’Asnières a fait exactement le contraire. Nous avons un emprunteur principal unique, Dexia, à qui nous devons 85% de notre dette.

-         8% de notre dette nous vient de a Société Générale.

Comme vous pouvez le voir l’imprudence et la prise de risque sont inconsidérées. La ville a été livrée pieds et mains à un même et unique organisme financier qui nous tient par les roustons.

 

Et il y a pire que pire.

-         La dette asniéroise est faite à 92% de produits structurés. Derrière ce vocable qui sent bon le paradis fiscal et la haute voltige financière se cache une réalité peu glorieuse, un produit à haute toxicité dont la nocivité est imprévisible.

-         Explication : quand vous et moi, nous empruntons pour nos investissement ou malheureusement parfois pour faire bouillir la marmite, nous avons ordinairement recours à trois types d’emprunts :    

  •  
    • Des emprunts à taux fixes : pour la durée de votre emprunt vous connaissez vos mensualités et vos échéances. Si vous êtes un peu malin vous renégociez à la baisse les taux avec votre banquier ou menacez de faire racheter la dette par un autre à de meilleurs taux. La ville ne dispose que 7% de tels produits.
    • Des emprunts à taux variable : vous empruntez à un taux donné en pariant sur le fait que des conjonctures économiques plus favorables, par exemple la baisse des taux directeurs de la banque centrale, vont vous permettre de payer moins cher votre emprunt, et moins longtemps. La ville n’a contracté de tels emprunts qu’à hauteur de 0,3%
    • Les plus téméraires parmi nous ont recours au crédit revolving. Avec cette différence que si le système est le même, les taux pratiqués pour les personnes morales (collectivités, entreprises…) n’ont rein à voir avec l’usure qui ratiboise le porte monnaie des ménages. Pour bien des collectivités locales, quand ils savent en user sans abuser, ce type de crédit se révèle bien avantageux pour la souplesse de gestion et d’investissement. Manque de pot pour nous, notre ville n’en n’a pas voulu.
    • Nous avons préféré les produits structurés. Quèsaco ?!?

            Ce sont des prêts dont le remboursement est doux au départ. Un taux fixe légèrement en-dessous des taux du marché si besoin ; pendant une période pouvant aller jusqu’à trois ans, vous remboursez à taux fixe plutôt attractif. Pour vous appâter votre banquier vous fait miroiter la possibilité que ce taux baisse encore.

            Le seul problème, c’est que l’abscondité des calculs desdits taux ainsi que les paramètres auxquels ils sont soumis sont tels qu’il n’est de ressort de personne de savoir, en une année « N » donnée, ce qu’il remboursera en l’année « N+1 ». La ville a trouvé goût à ce genre de tambouille financière à un point tel qu’elle en est devenue accro. Entre les deux tours des élections en mars 2008, l’ancien maire en a signé une nouvelle. Une drogue vous dis-je.

            L’autre problème pour notre ville, c’est que pour beaucoup de ces prêts la période douce arrive à terme. Les nuages commencent à se former au-dessus de nos têtes. L’orage menace. Et nous n’avons même pas de toit pour nous protéger. Nous sommes comme un homme livré à lui-même seul dans la nuit. Dans l’opacité de cette obscurité, il sait avec certitude qu’il y a un danger qui rode. Il sait qu’il frappera.  Mais de quel côté ? Quand frappera-t-il ?

            Que diriez-vous si votre banquier vous réclame une annuité de la dette en vous calculant des intérêts qui dépendent de la valeur du franc suisse par rapport au dollar américain ? La ville de Saint-Etienne vient d’en faire l’amère expérience. Une de ses dettes structurées vient de passer à près de 40% de taux d’intérêt. Vous avez bien lu. 40%. Mme Cam, l’adjointe aux finances, nous a même donné l’exemple d’un de nos emprunts  pour lequel Dexia, notre prêteur lui-même, est incapable de nous dire combien ça va nous coûter dans les prochains mois.

 

Voilà la triste histoire de la gestion financière de notre pauvre ville. En empruntant à tout va, monsieur l’ancien maire a pu s’exonérer de tout plan ambitieux de développement de notre ville. En souscrivant massivement à des produits structurés, il a pu artificiellement faire baisser pour un moment la pression des remboursements sur la ville. Qu’aurait-il fait aujourd’hui s’il était encore là ? Ce qu’il a toujours fait : faire de nouvelles dettes pour payer les anciennes. Et à le voir hier défendre avec force mauvaise foi cette anomalie sans nom, on n'a plus aucun doute. Comme dirait l’ami Serge Danlos, rien que pour cela, il méritait mille fois de partir.

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177 millions debts..okay .. Je suis d'accord, mais comment se fait des millions de gens sont incertains, pas sûr. Eh bien, je vais vous dire pourquoi ... le soutien financier et le fonctionnement co a été terrible

wordpress.com 19/09/2014 09:24

L'incertitude est un terme utilisé dans subtilement différentes façons dans un certain nombre de domaines, y compris la philosophie, la physique, les statistiques, l'économie, la finance, l'assurance, la psychologie, la sociologie, l'ingénierie et sciences de l'information.