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Publié par GOMEZ FELICIANO

A l’heure où je mets en ligne cet article s’achève le vote pour la désignation du premier secrétaire du parti auquel j’appartiens, le parti socialiste.

A l’heure où je poste cet article, je ne sais pas si on doit dire c’est fini ou ça recommence.

A l’heure où je vous écris, une chose est certaine dans notre parti : tout peut arriver y compris le pire.

Le spectacle qui nous a été livré depuis des semaines prend fin et je ne sais même pas si je dois être rassuré. Cette pièce devenue ridicule, tant les acteurs se sont montrés en-deçà du rôle tragique qu’ils se sont arrogé, cette triste comédie s’achève. Et jamais je n’ai été aussi inquiet de l’avenir de mon parti. Nous devrions tous lever les yeux et guetter l’aurore d’un ciel nouveau  plein de promesse et d’enthousiasme. Au lieu de quoi, honteux, amer et meurtri, je regarde obstinément le bout de mon soulier, implorant le ciel qu’il mette sur mon chemin quelqu’un de la rue de Solférino à qui je pourrais le planter dans l’arrière train. Voilà ce qui me reste d’espérance en ce jeudi 20 novembre.

Je sais d’ores et déjà  que demain au matin un camp aura gagné contre un autre.

Je sais qu’il y aura des heureux et des amers.

Je sais qu’il y aura des vainqueurs et des vaincus.

Je sais que demain au matin je devrai m’inventer une raison de continuer à être socialiste. Je la trouverai cette raison. Je finis toujours par la trouver. Elle me trouve toujours, cette raison. Je suis venu au parti socialiste avec elle, ma raison. Je suis allé au parti socialiste pour elle, ma raison. Et quand de temps en temps tout autour il n’y plus que passion et déraison, je la cherche, elle me cherche. On se trouve, on se retrouve.

Ma raison vomit les artefacts stratégico-combinatoires des renards qui peuplent notre parti. Cambadélis, Bartolone, Fabius, Montebourg… les militants ne s’y tromperont pas si c’est vous qui l’emportez.

Ma raison répugne à s’assujettir aux messes fusionnelles des délires émotionnelles où officie désormais une femme à la fois prêtresse, déesse et sacrifice, parfois même victime expiatoire dans ses transes, chantant des hymnes à la fra-ter-ni-té. Non Ségolène, la fraternité n’est pas le miroir où l’on s’admire meilleur que toute la fratrie.

Ma raison se refuse à proposer pour aujourd’hui des solutions qui hier n’ont pas produit du fruit. L’échec du libéralisme financier et économique ne garantit pas le succès des propositions que tu fais, Benoît, pour l’orientation du parti.

La France attend que demain nous inventions le socialisme qui porte ses espérances. Ce serait déjà heureux si nous donnions dès ce soir un premier secrétaire au parti.

Et que les manhes de Jaurès, Blum, Mittérand veillent sur nous.

 

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