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Publié par GOMEZ FELICIANO

A l'en croire, nous devrions voter, revoter, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle gagne. La motion E n'a pas séduit une large majorité des militants qui ont fait d'autres choix. Qu'à cela ne tienne. Puisque qu'elle n'a pas convaincu, elle vaincra. Pourquoi faire une synthèse ? A quoi bon rassembler ? Pourquoi concéder quand elle peut les faire céder tous par la force des urnes? Le premier tour n'a pas apporté la victoire, mais une avance confortable. Tout va bien madame la marquise. Le deuxième tour devrait couronner le combat glorieux d'une femme seule et finir de graver dans le marbre l'épopée, la chevauchée fantastique de notre nouvelle Jeanne d'Arc.

Et voici qu'on annonce notre salvatrice autoproclamée perdante pour seulement 42 voix. Comment elle, Ségolène, peut-elle être battue à 42 voix près ? Comment elle, qui a été désignée candidate par ce même parti à plus de 60% des militants peut-elle se laisser berner par des fraudeurs qui veulent sa perte pour 42 voix ? Comment elle, qui a capitalisé tant de millions de voix aux présidentielles peut-elles se laisser abattre par 42 minables voix ? D'où viennent-elles ces voix ? Comment peuvent-elles compter ces voix ? Comment peuvent-elles seulement exister ces voix ? Pourquoi d'ailleurs y aurait-il des voix au parti socialiste, ce parti qui a perdu son honneur, dixit l'oracle de Poitou ? Pourquoi devrait-on consulter ces voix socialistes qui ne savent pas donner la seule réponse valable à toute question : Ségolène ?

Ceux qui ne l'ont pas encore compris en ce soir de samedi 22 novembre 08, après le passage de Ségolène sur TF1, devraient pourtant s'y résoudre : nous avons de nombreux problèmes à régler, certes. Mais il y en a un qui apparaît désormais plus important que  tous les autres. Car à force de vouloir être à tout prix la solution unique à tous nos problèmes, Ségolène est devenue un problème pour la  démocratie interne de notre parti. Depuis ce matin, elle et ses fidèles vont de plateaux de télévision en antennes de radio, de colonnes de journaux en page de blog pour dire tout le mal qu'ils pensent de notre parti et de son outil précieux de décision démocratique. Cet outil était béni lorsque la motion E est arrivée en tête. Cet outil était remarquable lorsque il y a deux jours encore il donnait une avance considérable à Royal. Mais voilà, entre le jeudi et le vendredi il s'est passé quelque chose d'inacceptable : Ségolène a perdu.

Le discrédit jeté depuis lors sur le parti m'écœure et  à mes yeux frappe à tout jamais d'indignité ceux qui le profèrent.

La prise en otage de l'aspiration profonde des militants à se mettre en ordre de marche pour s'opposer et proposer m'exaspère et en dit long sur les priorités égotiques de ceux qui prétendaient hier encore nous mener dans un combat collectif contre la droite.

De nous promettre les tribunaux pour régler nos affaires internes prouve l'inaptitude de Ségolène et de ses thuriféraires à rassembler la famille pour y laver le linge sale.

De ne pas savoir perdre dans la dignité est à mes yeux le signe  lindubitable de l'incapacité à engager les combats les plus risqués et les plus décisifs.

Osons nous l'avouer. Ségolène ne porte pas vraiment d'intérêt au parti socialiste. Cela était vrai avant la présidentielle, même si tout le monde semble l'oublier. Elle avait pris ses distances avec le parti, jouant parfois clairement l'opinion contre le parti. Cela est encore vrai aujourd'hui. Plongée dans ses propres rêves, enfermée dans son auto-contemplation narcissique elle ne voit plus rien si cela ne ressemble à sa personne ; elle n'entend plus rien si ce n'est sa propre voix. Alors que peuvent valoir 42 voix si elles ne peuvent être la sienne, si elles ne peuvent être siennes ?

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