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Publié par GOMEZ FELICIANO

Nous contemplons depuis quelques jours ce qui se passe au sein de notre parti et nous nous indignons, révoltons, désabusons, décourageons, disputons, invetivons.... Comme on dit en Afrique, quand les éléphants se battent ce sont les herbes qui en pâtissent. Et nous pauvres gazons torturés par les lourds piétinements de nos pachydermiques dirigeants, nous nous plaignons, sans doute à juste titre, qu'il soit fait autant de dégâts dans notre parterre de roses.

Mais ce soir, je ne voudrais pas aller me coucher sans essayer de répondre à cette question qui me taraude depuis 72h. Je dois me la poser par honnêteté intellectuelle. Je dois vous la poser par exigence de rigueur rationnelle. Et si tout n'était pas de leur faute ? Et si nous étions aussi fautifs qu'eux en cette affaire ? N'avons-nous pas collectivement voulu cela ? Après tout, n'est-ce pas nos votes successifs qui ont conduit à cette situation, construisant dans une logique implacable le présent scénario ?

Quelle logique ?

La même qui s'est emparée de tout le parti : la logique de la victoire, celle qui conduit inévitablement vers la constitution de camps antagonistes dans un premier temps et débouche ensuite inexorablement sur l'affrontement. De degré en degré il fallait bien qu'il en reste deux. A chaque étape de ce championnat à élimination directe, il fallait que le perdant choisisse son camp parmi ceux restés en lice.

Cette manière de résoudre nos problèmes est nouvelle. Certes, elle manifeste la volonté de tous de tourner définitivement le dos aux tissus synthétiques qui émanaient de nos congrès antérieurs; tissus qui, au demeurant, ressemblaient plus à du patchwork qu'à une élaboration affinée issue d'un consensus le plus haut sur les débats décisifs qui ont agités le pré-congrès et le congrès lui-même. Mais nous avons poussé le balancier tellement loin que nous nous sommes retrouvés à l'autre extrême.

Alors, là où les raisons devraient se confronter pour se convaincre mutuellement, des camps s'affrontent pour vaincre ou mourir. Là où il fallait tenir conclave jusqu'à ce que la raison triomphe, on se précipite devant caméras et photographes pour prendre à témoin l'opinion. Car dans la stratégie de la victoire tous les coups sont permis.

Ce congrès a manifesté plus que jamais notre volonté de débattre sur le fond. Et cette volonté devait se traduire naturellement par des clivages importants. Car je reste persuadé que, contrairement à tout ce qui se dit et s'écrit dans la presse, les divergences étaient profondes sur des questions fondamentales pour l'avenir du parti. Cependant, il aurait fallu que nous accompagnions cette volonté forte d'une haute exigence rationnelle et morale quant aux choix successifs que nous faisions. Au lieu de quoi, arc-boutés que nous étions, pour une large part d'entre nous, à la justesse de nos positions et de nos motions, nous avons fait preuve plus qu'il n'en faut d'une partisannerie de clocher autour de nos champions, durcissant nos lignes, renforçant nos remparts pour la bataille finale.

Et dans ce champ de bataille inédit, les rôles se sont vite distribués : Martine faisant office de générale en chef d'une armée défaite réfugiée dans la forteresse Solférino assiégée par l'intrépide armée Royal.

Parce que nous ne savons plus nous parler, il ne nous reste plus qu'à nous battre. A moins que notre Conseil National renoue les fils de la discussion. Après tout, n'est-il pas un parlement, un endroit où on se parle ?

Là ou ailleurs, il va falloir se parler. Surtout ne pas oublier d'inviter la raison à la table des discussions.

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julien 25/11/2008 01:00

En tous cas je note le proverbe sur les éléphants!....ça pourra resservir.