Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par GOMEZ FELICIANO

Ce matin je me suis acheté des boules quies. Car Sarkozy va parler. Sarkozy parlera. Le président va s'exprimer devant le parlement réuni en congrès à Versailles. Depuis plus d'une semaine on ne cesse plus de nous rebattre les oreilles avec ce qui, dans tout autre pays aurait cessé depuis longtemps d'être un événement. Car l'événement, le vrai, l'info, celle qu'on attend avec impatience, serait que Sarko se taise. Qu'il ne dise plus rien. Qu'il la ferme.

 

L'ensorcellement incompréhensible d'un verbiage à jamais stéril !

Sept années que ce gus nous pompe l'air avec des phrases définitives et des déclarations sur tout. Il ne s'est pas passé de jour depuis 2002 que Sarkozy n'ait quelque chose à nous dire.

En quoi un nouveau discours de Sarkozy peut-il constituer un événement d'une quelconque importance ?

Qu'avons-nous jamais retenu des différentes saillies du ministre de l'intérieur devenu président de la République ? Laquelle de ses paroles passerons-nous à la postérité ? Si nous devions faire une anthologie du verbe sarkoziste, qu'y mettrons-nous ? Voilà la vraie affaire ! Voilà la grande désolation de cette présidence bavarde où la diarrhée verbale fait office de volonté d'action. Avec Sarkozy, le verbe a perdu de sa magie créatrice.

Ici et là, de la dalle d'Argenteuil au salon de l'agriculture, des cités de La Courneuve au port du Guilvinec, de Dakar au Latran, cette parole incontrôlée a généré des dérapages, allumé parfois quelques feux, suscité troubles et malaises. Mais qu'a-t-elle créé ? Voilà la grande désolation de ce chef d'Etat qui sait faire du boucan avec le vide et le vague.


Que la presse unanime soit suspendue aux lèvres d'un tel homme, prête à dégainer ses plumes,  à bondir sur ses claviers, pour faire assaut d'analyses aussi vaseuses qu'est vide le discours qui les porte, c'est là un mystère que mon intelligence renonce à explorer.

 

Je sais déjà de quoi parlera le président

Moi, antisarkoziste primaire, sans écouter Sarko, car je ne l'écouterai pas, je rejette déjà ce qu'il dira. On n'argumente pas contre le sarkozisme. On le jette. On le rejette en bloc. Contre le sarkozisme point n'est besoin d'analyses sophistiquées ou de dialectiques savantes. Contre le sarkozisme il suffira toujours de trois mots et deux ponctuations : « Non ! Pas ça ! »

 

  • Des habits verts pour un nain de jardin

Non ! pas ça, monsieur le président ! Vous n'allez pas à nouveau vous revêtir de l'habit vert de l'écologie après les élections européennes. Vous nous avez déjà fait le coup du Grenelle de l'environnement. Vous n'allez pas recommencer ! En petit homme vert, vous aurez plus l'air d'un marsien que d'un éco-président. Alors devant le congrès vous nous direz tout le bien que vous pensez des énergies renouvelables et tout ça... Vous nous tirerez un plan sur la comète. Vos thuriféraires habituels nous referons le coup du volontarisme affiché du grand président que le monde entier nous envie. Juché sur votre nouveau cheval de bataille, vous voilà parti à l'assaut des gaz à effet de serre. Vous nous planterez tout plein de champs éoliens. Sur nos toits fleuriront des panneaux solaires. Je sais qu'il y a des gens qui goberont cela, selon le vieux principe de l'art camelot : plus le mensonge est gros, plus ça passe. Et bien chez moi, ça ne passera pas. Non ! monsieur le président, votre mutation verte ne fait de vous qu'un nain de jardin à mes yeux. Et si de part et d'autre de votre tête, vos pavillons auditives font vaguement penser à Shrek, vous n'aurez jamais rien d'un géant vert.

 

  • Le coup habituel de la sécurité

Non ! pas ça, monsieur le président ! Vous n'allez pas nous en remettre une couche sur la sécurité ! Et d'ailleurs pourquoi vous gêner ? Je vois d'ici vos conseillers vous glisser un dernier paragraphe, il est tout chaud, tout frais. Il vient du Blanc Mesnil. Ah ! Cette actualité qui vous sert si bien ! Et puis après tout, allez-y ! Remettez-nous deux phrases définitives sur les armes dans les cités ! J'en prendrai personnellement trois autres sur la mort programmée des bandes qui terrorisent nos quartiers ! Et puisque je suis en appétit, je prendrai bien une page entière sur la lutte contre l'économie souterraine ! Faites-vous plaisir. Revêtez votre uniforme bleu, celui que vous préférez, pour la cause de notre sécurité. La France des quartiers protégés vous fait confiance pour terroriser les voyous. Quant à la France des quartiers exposés, elle se désole de ne plus pouvoir se suffire de vos discours sans résultat.

 

  • un petit couplet sur le voile: toujours payant.

Non ! Pas ça, monsieur le président ! Vous n'allez pas nous la jouer plus laïc que moi tu meurs en surfant sur le débat tout nouveau (20 ans qu'on en parle tout de même) du voile intégral ! Vous qui vouliez remplacer les instituteurs par des curés et des imams ! Et puis après tout, à mi-mandat, n'est-ce pas là le sujet rêvé pour souder encore un peu plus un électorat bien à droite ? Allons-y donc gaiment ! Et surtout n'oubliez pas ceux qui  égorgent leur mouton dans la baignoire de leur appartement ! Ceux-là, on adore les détester à droite et on les craint d'autant plus qu'on ne les a jamais vus !

 

  • Et puis les réformes: moi je n'ai pas été élu pour ne rien faire, dit-il!

Non ! Pas ça, monsieur le président ! Ne nous dites pas que vous allez continuer les réformes ! Ne nous faites pas croire que vous croyez sincèrement à l'efficacité de vos lois destructrices dont les seuls à en profiter à ce jour sont les plus riches du pays, ceux qui continuent de recevoir des chèques de plusieurs millions d'euros du trésor pendant que le gouffre du déficit public se creuse inexorablement ! Vous avez réformé les impôts ? Voici qu'il en rentre de moins en moins. La faute à la crise, bien sûr. Vous avez réformé les retraites ? Voici qu'on nous annonce déjà un prochain rallongement de l'âge de la retraite ! Vous avez réformé la justice ? Voici l'été de tout les dangers où nos prisons surpeuplées surchauffent et frôlent l'explosion imminente ! Vous avez réformé l'éducation nationale ? L'université ? La recherche ? Et voilà autant de colères suscitées, d'incohérences alignés, de travail bâclé ! Vous avez réformé la sécurité sociale ? Voici 20 milliards de dette ! Du jamais vu ! Vous avez réformé le code du travail ? Voici l'immense cortège des chômeurs et les 180 mille emplois détruits au premier trimestre de cette année. Pitié, M. le Président ! Arrêtez de réformer ! Vous ne savez pas faire !

 

  • Et puis on n'oublie pas l'ouverture!

Non ! Pas ça, monsieur le président ! Ne nous faites plus le coup de l'ouverture. Tous les gars que vous avez débauchés à gauche ont fini enfermés à droite. Et vous continuez à parler d'ouverture ? Même Kouchner n'a pas eu la permission de voter à gauche aux européennes. Vu ce à quoi cela aurait servi ! On nous annonce chaque jour une nouvelle personnalité prête à rejoindre votre camp, soucieuses uniquement des honneurs qui y sont attachées, pas celui qu'ils y perdront, oublieuses de l'airconcentrationnaire qui règne dans votre univers où vous êtes seul à détenir la vérité ! Prenez-les tous ! Tous ces ambitieux et vaniteux ! Vous contribuez par cette action à nous enlever l'illusion qu'ils pouvaient servir à quelque chose.


Voilà mon petit homme vert. Parle autant que tu veux. Parle encore ! Parle toujours ! Après tout ! Si tu ne parles pas, que ferais-tu ? Que serais-tu? Ques-tu si ce n'est la petite chos qui parle, qui parle...?




Commenter cet article