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Publié par GOMEZ FELICIANO

Semper idem est une expression latine siginifiant, toujours le même. Comme certains Asniérois, les autres ne perdent rien pour attendre, j’ai été destinataire ce vendredi 25 octobre, d’un courrier de M. Aeschlimann. L’enveloppe dument étiquetée à mon nom et adresse, contenait un document de 8 pages à la gloire de l’homme qui s’est donné la mission de redresser Asnières. 8 pages au bout desquelles on retrouve notre édile tel que nous l'avonslaissé il y a 6 ans.

Dès la deuxième page, le décor est planté : « J’ai toujours considéré qu’un élu doit savoir reconnaître ses points forts et ses points faibles. Il doit assumer ses actes, que ceux-ci soient des réussites ou des échecs. J’ai, depuis toujours, cette volonté de transparence. … » Bigre ! Celui qui écrit cette profession de foi de premier communiant n’est autre que M. Aeschlimann. Retenons-nous de rigoler. Il se peut qu’il soit sérieux… cette fois.

C’est en tout cas muni de ce crédit de bonne foi, que je me suis plongé pour vous dans la lecture, fastidieuse je dois l’avouer, de ce document. J’ai bien fait car je peux d’ores et déjà vous dire que vous pouvez vous éviter la même torture. Rien de nouveau. Une logorrhée insipide où l’approximation est constante pour alimenter une propagande sur papier glacée qu’on dirait tout droit sortie des imprimeries nord-coréennes. J’ai cherché partout, le mot, la petite ligne, la phrase qui concrètement traduirait cette transparence, cette reconnaissance des faiblesses, des échecs etc…  Et au final je n’apprends que ce que tout le monde sait déjà : monsieur n’a que des points forts et des succès à aligner.

 

La dette ? Quelle dette ?

Ce fut l’un des sujets essentiels des débats électoraux d’il y a 6 ans et qui sera encore au menu de cette campagne cruciale pour l’avenir de notre ville. On voudrait savoir si enfin il a compris son erreur, s’il confesse son manque de vision, s’il avoue avoir commis une erreur hautement préjudiciable à la ville. « Asnières a été victime des emprunts toxiques vendus par DEXIA » affirme-t-il. Et ce sera tout. Le reste ne sera que dédouanement, autojustification et louange pro domo.

Depuis quand le vendeur de poison est-il un empoisonneur ? Si Asnières a été victime des emprunts toxiques vendus par  DEXIA, n’est-ce pas celui qui les a achetés massivement et administrés sans retenu à notre ville qui a rendu notre ville malade ? Celui qui nous a fait mal, celui qui a intoxiqué les finances de notre ville a un nom. Et ce nom est sur toutes les lèvres. Et nous saurons le lui rappeler.

 

Un document d’une rare indigence.

Pour un candidat en campagne après 6 années d’éloignement du pouvoir on attendait autre chose qu’un réquisitoire permanent contre l’adversaire politique. Celui qui confesse la transparence et dit vouloir reconnaître ses points faibles  et assumer ses échecs, ne nous dit rien sur les raisons de ses échecs passés. Mais on comprend entre les lignes que s’il a échoué, c’est parce que les Asniérois ne sont que des aveugles ingrats qui n’ont rien vu de ses grandes réalisations passées. Mieux, toutes les réalisations de l’actuelle majorité étaient prévues par lui. Ce que les Asniérois ont tort d’ignorer, puisqu’il le martèle encore et encore. Peu importe si l’affirmation que la majorité actuelle n’a rien fait soit en contradiction frontale avec cette autre affirmation : ce qu’ils ont fait, c’est nous qui l’avons initié.

Mais la leçon de ces pages saute aux yeux. En gros, nous retrouvons l’Aeschlimann des pires années de son règne : tout est par lui, en lui  et surtout pour sa plus grande gloire. Tout le mal est de la faute des autres.


Des éléments de programme qui font table rase du passé

Si monsieur ne s’attarde pas sur le passé, il n'y a pas matière à s'attarder, s’il s’attribue tous le mérite du présent de notre ville,pourquoi se gêner, ce n’est pas le futur qui l’inspire davantage. La page 5, qui affiche les premières orientations de son projet municipal, fait le tour de la question en à peine 15 lignes. Il  affirme néanmoins que c’est le fruit de 6 mois de rencontre avec les Asniérois. Fichtre ! « Six mois de contacts et d’échanges constructifs » pour accoucher de quinze lignes programmatiques d’une affligeante pauvreté et d’une navrante banalité ! Dieu nous vienne en aide !

Et pourtant, chacune de ces lignes a beau être criante de vacuité, le cri de ces banalités est un réquisitoire implacable contre le bilan de l’ancien maire. La première et la dernière ligne de ces premières orientations suffisent à nous en convaincre.

 Première ligne : « Assainir nos finances locales et retrouver une fiscalité modérée ». Rien moins que ça. Voici donc que le pyromane veut se faire pompier, à moins qu’il nous rejoue le Sapeur Camember. Par quel nouvel emprunt cachera-t-il les anciens? Qui lui confierait la mission de remettre de l’ordre là où lui ne trouve que vertu. Ainsi, à la p. 3 du même document, monsieur nous affirme-t-il que la dette Asniéroise n’a pas dérapé, que les emprunts variables ont fait économiser des millions à la ville… Bref monsieur était un bon gestionnaire. Il faut comprendre donc  que l’assainissement promis est un retour à la situation antérieure, à cette douce époque où la dette était sans cesse renégociée, reportée de génération en génération, à tel point que notre ville se retrouvait avec des moyennes de longévité de la dette des plus longues et des échéances d’extinction qui voisinaient la trentaine d’années…

Comment monsieur veut-il retrouver une fiscalité modérée ? S’il veut baisser les impôts, qu’il l’annonce et nous jugerons du sérieux de son projet pour Asnières. A l’heure où l’Etat sert le vis aux collectivités, à l’heure où l’accroissement de notre population exige des investissement d’avenir, à l’heure où l’allongement de l’espérance de vie nous invite à inventer des politiques locales d’accompagnement du 3è et du 4ème âge, à l’heure où le chômage frappe durement les familles, est-ce responsable de promettre l’impossible alors que pèse encore sur notre ville le lourd fardeau d’une dette insensée ? Les Asniérois attendent de cette campagne un vrai débat sur les finances et la fiscalité locales. Pas des incantations.

Venons-en à la dernière des 15 lignes programmatiques : «Inscrire l’éthique et la transparence dans nos actions municipales ». Là, oui, on a le droit de rire. On a le droit de rire aussi quand monsieur prétend vouloir « restaurer la démocratie locale et la concertation avec les habitants » ! Il doit vraiment nous croire amnésiques. A quel moment, à quelle heure, à quelle minute de l’ère aeschlimanienne avons-nous vu la vie municipale rimer avec éthique, transparence, démocratie locale et concertation ?

 

Vérités mensongères et vrais mensonges… Exemple : Asnières est une ville pauvre depuis 2009

Le recueil de propagandes recèle un nombre incalculables d’approximations, de faussetés, voire de mensonges.  A un point tel qu’on peut mettre faux partout où monsieur a mis vrai et l’inverse. Je vais prendre un exemple pour illustrer mon propos. Il n’est pas le plus simple à comprendre.  Mais il prouve néanmoins à quel point il y a volonté délibérée de tromper l’électeur. Je m’excuse par avance de la complexité des paragraphes à suivre. Mais la gestion d’une ville ne laisse maleureusement  pas souvent de place à la simplicité.

Asnières, selon Aeschlimann, serait classé parmi les villes les plus pauvres depuis 2009. Pour soutenir son affirmation fantaisiste, monsieur avance que la ville a bénéficié cette année-là de la Dotation de Solidarité Urbaine, DSU. Monsieur l’ancien maire et ancien député assène que la DSU est une subvention que l’Etat verse aux communes les plus pauvres de France.

 A supposer que ce soit vrai, les 9 mois de mandat de M. Piétrasanta, entre mars et décembre 2008 ont-ils suffi à appauvrir notre ville ? Absurde ! Si le budget 2009 de l’Etat, voté fin 2008, intègre Asnières à la DSU, ce ne peut-être en raison de la situation de la ville en 2008, encore moins en 2009, mais essentiellement en raison des données consolidées de 2007. Qui était maire en 2007 ?

Pour ceux qui ignorent tout des méandres et des calculs savants de la Dotation Globale de Fonctionnement versée par l’Etat, et dont la DSU fait partie, ce mensonge peut passer comme une lettre à la poste. De fait, si la répartition de la DSU recouvre largement la carte des villes pauvres, son mode de calcul et ses critères d’attribution n’ont pas à voir qu’avec la pauvreté ou la richesse. Il s’agit, pour faire court, de rapporter les charges d’une ville à sa richesse. C’est ce qu’on appelle dans le jargon techno l’indice synthétique des charges et ressources constitué. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle charge.

Il va être tenu compte du potentiel financier moyen par habitant (le potentiel  financier moyen d’un Asniérois, c’est la recette fiscale -  taxe d’habitation, foncière, sur les ordures ménagères… -  moyenne mobilisable par habitant ). On prendra ensuite en compte la part des logements sociaux de la commune dans son parc total de logements ; on étudiera aussi la proportion par logement de personnes couvertes par des prestations logement dans la commune ; et enfin on regardera le revenu moyen des habitants (à ne pas confondre avec le potentiel financier). Toutes ces données seront rapportées à la moyenne des communes comparables.  Il ne s’agit pas à terme, de dire que telle ou telle commune est pauvre ou non. Il est ici question de savoir si les ressources disponibles de la commune sont à même de faire face aux charges de solidarité induites par la prévalence d’un certain nombre de fragilités sur son territoire plus qu’ailleurs. La solidarité nationale prend alors sa part des fragilités présentes sur ce territoire. Il s’agit d’une mesure de justice envers les communes qui acceptent où se retrouvent à faire face à de graves difficultés, afin qu’elles ne consacrent pas, plus que de raison, leurs ressources à réparer ces fragilités dont elles ne sont pas les causes. L’insuffisance des ressources au regard des charges élevées à supporter, voilà la justification essentielle de la Dotation Urbaine de Solidarité.

Dès 2009, Asnières en a bénéficié pour avoir su faire valoir ses droits légitimes à une telle dotation. Nous n’allions pas cacher les fragilités de notre ville par orgueil, sous prétexte que nous ne voulons pas qu’on dise de nous que nous sommes pauvres.  

 

La volonté délibérée de désinformation, le mensonge sinon délibéré du moins par ignorance, ce qui est pire, et le travestissement de la vérité sont une pratique trop courante des campagnes électorales asniéroises. Nous devons par moment prendre le temps nécessaire pour comprendre le fond des choses, quelle qu’en soit la difficulté.

La DSU n’est ici qu’un exemple. Chaque sujet abordé par M. Aschlimann dans sa vulgate, peut être ainsi disséqué pour en révéler le fond souvent approximatif, parcellaire voire mensonger. Je me tiendrai toujours à votre disposition pour une séance plaisante de désintoxication.

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