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Publié par GOMEZ FELICIANO

Le landernau politique d’Asnières a l’art de s’agiter pour pas grand-chose. De quoi est-il question depuis quelques  jours dans le microcosme ? De la mauvaise querelle de préséance entre Rama Yade et le député sortant (et presque sorti) de la circonscription. Deux ex zélateurs de la Sarkozy triomphante qui au crépuscule de leur gourou, ont choisi la deuxième circonscription des Hauts de seine pour panser les blessures de leurs infortunes politiques. Combien je vous parie que les bonnes gens d’Asnières et de Colombes s’en contrefoutent ? Sérieusement, quel esprit sensé peut accorder une seule once d’intérêt à cette querelle burlesque dont le ridicule devient chaque jour plus évident et l’inanité de plus en plus accablante.

Je m’excuse par avance de mêler ma plume à cette pantalonnade où s’étale ce qui de manière obvie ne relève plus guère de la noblesse politique où les ambitions individuelles tirent leur légitimité du souci du bien commun qu’elles portent. Nous sommes ici en présence de luttes individualistes, voire égotistes, de survie politique. Ce combat pour survivre, cette bataille à mort dont on nous impose le spectacle quasi quotidien depuis quelques jours n’est pas seulement lassant. Il est dégradant pour la démocratie, il est injurieux pour le personnel politique dans son ensemble. C’est donc au nom de la défense de la démocratie et d’une certaine conception de la vie publique que je m’autorise, malgré moi, à me prononcer sur cette nouvelle péripétie de la vie politique asniéroise.

Asnières mérite mieux que cette nouvelle illustration locale de la médiocratie que l’UMP et son gourou ont élevée au plan national en art de gouvernement. L’égocrate qui règne à l’Elysée a donné le ton. La noble et chevaleresque bataille politique a disparu pour laisser place aux trahisons successives, aux coups fourrés où seuls comptent la ruse et les rapports de force. Quand les muscles deviennent les seules armes du combat politique, quand congé est donné à l’intelligence, quand tout sens de la mesure s’estompe et que l’obscénité des postures individuelles échappent jusqu’à leurs tenants, oui, il y a de quoi désespérer le peuple. Il y a de quoi dégouter de la politique. Il ya de quoi éloigner les électeurs des urnes. Il y a de quoi compliquer notre tâche de parents et d’éducateurs dans l’élévation citoyenne de nos enfants.

Dans la période que nous traversons, l’impuissance que la crise économique et financière impose à l’action politique doit nous interroger sur le sens de notre agir et plus encore sur notre raison d’être même. La difficulté que nous éprouvons à trouver une issue durable et crédible aux maux qui accablent nos peuples nous convoque à plus de circonspection dans notre goût immodéré pour le spectacle et le vain bruit. Et quand on a été les fidèles soutiens et collaborateurs d’un pouvoir dont les erreurs stratégiques, les hasards de gestion et l’amateurisme ont fini de mettre à genou notre pays, on a au moins la décence de ne pas la ramener.

Je suis homme d’espérance et compte sur ce qui reste d’honneur aux protagonistes de ce théâtre de boulevard pour ne pas faire de notre circonscription et de ses habitants la risée de la Nation toute entière. J’exige le respect qui est dû aux habitants d’Asnières et de Colombes et quémande un peu de pudeur faute d’honneur.

Quant à mes amis d'Asnières et de Colombes, je leur conseille de se tenir à une distance raisonnable de cette médiocrité. A laisser dire qu'il y aurait alliance de fait entre eux et l'un des partis contre l'autre, ou pire, si la population venait à croire que nous nourrissons quelque espoir en cette médiocre querelle, nous serions malgré nous partie prenante de l'affaissement moral aux sources de ce vil combat.

Nous nous apprêtons à fermer la parenthèse sarkoziste, bien décidés à mettre tout en œuvre pour remettre la France dans le bon sens de la marche, afin que ces cinq dernières années retrouvent leur juste dimension dans l’histoire de notre Nation : celle d’une péripétie et rien de plus. Ce combat et lui seul devrait nous occuper. Nous en avons reçu mission de millions de Français au soir du 16 octobre dernier.

Les chamailleries entre deux seconds couteaux sur le déclin sont d’une absolue vanité au regard de ce devoir que nous a imposé le peuple de gauche.

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