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Publié par GOMEZ FELICIANO

Suite à mon article précédent sur la campagne sonore de monsieur l'ancien député et ancien maire, voici le message comminatoire que j'ai reçu de sa part:

 

Monsieur,

suite à la lecture de votre blog, des asniérois m'ont interrogé sur la soi-disant intervention des forces de l'ordre qui, selon vous, nous aurait contraint à cesser les messages diffusés par sono au marché des 4 routes dimanche dernier.

Cela est faux et relève en plein des fausses nouvelles sanctionnées pénalement par l'article L 97 du Code électoral. Faut-il que nous en arrivions là ? Je ne le souhaite pas.

Il me semble que, pour de telles pratiques, vous avez déjà été condamné par le Tribunal Correctionnel pour injure à mon encontre.

Faut-il nécessairement que vous ameniez la campagne électorale au niveau de la calomnie ?

Ne vous est il pas possible d'élever le débat ?

J'attends de votre par un démenti formel de cette fausse information que vous diffusez sans vergogne depuis dimanche dernier.

Je mets votre tête de liste, Monsieur Pietrasanta, en copie.

Salutations.


Manuel AESCHLIMANN

 

Votre serviteur n'a pas attendu les menaces de monsieur pour continuer sa recherche de la vérité. J'ai beaucoup enquêté depuis et recueilli les témoignages de nombreux habitants, mais aussi accédé aux sources policières. Et si les habitants confirment l'intervention de la police, voici a peu de choses près la version que la police elle-même donne de ce qui s'est passé.


La version de la police

Sollicitée pour savoir si une telle émission sonore était permise, la Police Municipale fait les recherches nécessaires et découvre deux arrêtés, l'un municipal et l'autre préfectoral, qui indiquent que sont interdits les bruits gênants par leur intensité et notamment susceptibles de provenir des publicités par cris ou par chant, de l'emploi d'appareils et dispositifs de diffusion sonore par haut-parleur, tels que poste récepteurs de radio, magnétophones et électrophones.

Après avoir confirmé cette information au député-maire présent sur le marché, la police indique avoir repris sa patrouille avant d’être interpelée par M. Aeschlimann qui voulait savoir s'il lui était possible ou non d'utiliser un amplificateur sur la voie publique. Selon la  police municipale, Monsieur AESCHLIMAN, suite à sa réponse négative, aurait fait stopper immédiatement l'utilisation de l'appareil sonore. Mais l'homme qui utilisait l'amplificateur a néanmoins voulu prendre connaissance des dits arrêtés. La PM consigne que c'est après avoir pris connaissance des arrêtés que le bruyant propagandiste a rangé son matériel.

La police a-t-elle mis fin à la campagne sonore de M. Aeschliman ou M. Aeschlimann a-t-il mis spontanément fin à sa campagne sonore suite aux renseignements à lui fournis par la police?

 

La bonne foi des habitants  et des questions qui demeurent

Les habitants qui ne sont pas dans le secret de la conversation entre Aeschlimann et la police ne pouvaient en connaître la teneur. Ils ont constaté la coïncidence entre l'arrêt de la nuisance sonore et l'entrevue entre la police et  l'équipe Aeschlimann. Ils en ont déduit une relation de cause à effet. Peut-on le leur reprocher dans la narration qu'ils font en toute bonne foi de ce qui s'est déroulé sous leurs yeux ahuris? Ils ont été ma première source d'information.

Nous avons maintenant la version policière de cette entrevue. Des questions demeurent quant à la cohérence globale de la relation des faits. Ainsi peut-on s’étonner du choix fait par la police, non pas de prendre l'initiative de prêter sa force à la loi pour faire cesser le bruit, mais de laisser courir la contravention, laissant au contrevenant l’inititiative de venir à elle pour se renseigner sur sa conformité ou non à la loi. La question se pose de savoir pourquoi l'ancien édile et ancien législateur n'a pas pris la peine de vérifier la possibilité ou non d'une telle manifestation avant de l’initier et d'attendre l'apparition de la police sur le marché pour se renseigner. Pourquoi l'individu haut parlant, alors que son mentor venait de faire stopper son prêche, selon les dires la police,  a-t-il exigé de voir les arrêtés pour ranger définitivement son matériel ? Pourquoi le mentor en question a-t-il laissé son porte-voix mettre ainsi en doute la parole des policiers, et au passage défier son autorité? Cette exigence n'altère-t-elle pas la spontanéité avec laquelle, selon la version policière,  l'irrégularité l'irrégularité aurait été stoppée?

Je prête néanmoins foi à la version policière, paroles d'agents assermentés.


Un démenti ?

Mais ces éléments nouveaux m'obligent-ils à apporter un démenti formel aux informations de mon article du 20 octobre dans les conditions exigées par les menaces aeschlimanniennes ?

Rien ne permet en effet d'affirmer que la police "a contraint" Aeschlimann à ranger son matériel. Selon la police, ce ne serait pas sous la contrainte qu'il a mis fin au trouble du voisinage engendré par sa bruyante propagande, mais grâce à la gracieuse assistance juridique des forces de l'ordre sollicitée  par ses soins. Soit.

 

Ai-je commis une faute ?

Pour autant, mon article précédent me met-il en délicatesse avec l'article L 97 du code électoral dont je suis menacé ? Que dit l'article en question ? "Ceux qui, à l'aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages, déterminé un ou plusieurs électeurs à s'abstenir de voter, seront punis d'un emprisonnement d'un an et d'une amende de 15 000 euros." 

Le fond l'information de mon article initial n'était pas tant de faire savoir le mode et les moyens par lequel la police est intervenu dans cette manifestation sonore que de révéler qu'un candidat en campagne a délibérément pris des libertés avec la loi (1ère partie de l'article), pour diffuser un message critiquable en son fond comme en sa forme (2ème partie) avec des militants qui semblaient tout ignorer de ce dont ils parlaient (3ème partie). Je cherche la fausse nouvelle, le bruit calomnieux, la manoeuvre frauduleuse pour détourner les électeurs de M. Aeschlimann.

Je ne serai pas le bouc émissaire d'un désastre électoral annoncé; car toutes les élections depuis 2008 ont montré que les électeurs se sont déjà détournés de l'avocat international. Si j'y suis modestement pour quelque chose, c'est par le moyen du débat sans concession ni compromission avec la vérité, par mon appréciation des faits et dans la défense de mes idées.

Dans d'autres contrées et avec des pratiques démocratiques ordinaires, un droit de réponse de monsieur aurait suffi à faire valoir son point de vue que je me serai fait le plaisir de publier, comme je publie ici le courrier qu'il m'a envoyé sans rien en omettre. Mais les us politiques de monsieur Aeschlimann n'ont guère varié.


L'honneur de monsieur est-il sauf après le complément d'information que j'apporte ?

Rien n’est moins sûr. Car, si monsieur n'a pas été contraint par la police, la vérité découverte pendant mon enquête est beaucoup plus tragique que ce qu’il y paraît. J'ai en effet en ma possession les deux arrêtés en question. Et devinez quoi? L'un des arrêtés, celui municipal, a été signé par Manuel Aeschlimann soi-même de ses blanches mains le 26 septembre 2006 ! Aeschlimann Manuel ignorerait donc un arrêté que Manuel Aeschlimann a signé et attend confirmation de la police pour s'y conformer. No comment !


Pour le reste, j'affirme à nouveau que l'intervention de la police, quelle qu'en aient été la forme et les circonstances, a été sinon nécessaire du moins utile pour que cesse la nuisance sonore.

J'affirme que monsieur Aeschlimann a fait preuve de légèreté en ignorant les règles qu'il a lui-même édictées.

J'affirme enfin que les menaces judiciaires n'ont rien à voir dans le débat public et que le courrier ci-dessus, destiné à m’intimider, ne fait que renforcer ma détermination à combattre activement et âprement de telles pratiques. 

J’en appelle aux forces démocratiques et aux âmes éprises de liberté de cette ville. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cette ville ne retourne pas à ces errements antérieurs; gardons à notre ville l’apaisement retrouvé des meurs politiques; gardons Aeschlimann loin de la gestion des affaires publiques.

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