Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par GOMEZ FELICIANO

Tout parent conscient de ses devoirs et heureux de les accomplir, vous le dira sans aucune réserve : il est prêt à tout sacrifier, sauf l’honneur et la respectabilité, pour garantir l’avenir de ses rejetons.

Quand il est question de nos enfants, rien ne devrait prévaloir si ce n’est la stricte considération de leur avenir. Cette attitude aurait dû prévaloir à Asnières dans l’affaire des rythmes scolaires qui y défraye la chronique depuis des semaines. Le maire et son adjointe à l’éducation, conjoints dans le civil et parents eux aussi, ont choisi néanmoins de défier le bon sens en privilégiant l’orgueil déraisonnable au détriment de la raison pratique. Grand mal leur en a pris. Le couple y a perdu sa respectabilité et vient d’y laisser son honneur


Le tribunal administratif suspend la décision municipale de ne pas appliquer les nouveaux rythmes

Il escomptait en faire un acte de bravoure, le noble combat d’un maire de ville moyenne, luttant de ses petits poings contre un Etat socialiste malfaisant qui s’en prend à l’avenir de nos enfants et aux finances de  nos communes en s’asseyant sur les droits constitutionnels des collectivités locales. On allait voir ce qu’on allait voir. Notre fringant édile, féru de droit, qu’il rencontra sur le tard, et procédurier compulsif, allait mettre à nu et à terre le monstre hideux qui se cache derrière le masque bienveillant des horribles socialistes qui ne veulent réformer l’école que pour mieux préparer la perte et la perversion de nos enfants.

Aussitôt élu, et n’écoutant que son courage, il fit voter par sa majorité aux ordres une délibération dont il affirma qu’elle était au-dessus du décret ministériel réformant les rythmes scolaires. Mis en garde de toutes parts, il s’obstina néanmoins, espérant sans doute que la bonne étoile qui le fit vainqueur des élections à 70 voix près, se transformât en fée protectrice veillant  de sa baguette magique sur son nouveau destin donquichottesque.

Cette bataille, plus cavalière que chevaleresque, vient de connaître un épilogue provisoire. Le Tribunal Administratif, avant de dire le droit sur le fond dans quelques semaines, a suspendu la délibération municipale sujette à caution. Les nouveaux rythmes scolaires seront appliqués à Asnières comme partout ailleurs.


Un combat sans gloire

Ainsi s’achève, provisoirement, le piteux combat où le nouveau maire d’Asnières, à force d’entêtement, s’est retrouvé à devoir ferrailler contre l’ensemble de la communauté éducative. C’est là une prouesse pour le moins paradoxale quand on connaît le scepticisme majoritaire chez les enseignants et la grande perplexité de certains parents face à cette réforme.

Mais est-il étonnant d’en arriver à un tel résultat après trois mois d’un combat dont la seule constante fut idéologique ?

Comment combattre efficacement une réforme dont le douloureux accouchement dans notre ville est le fruit d’une longue, ardue mais intelligente concertation ? Comment décider seul dans ces circonstances sans contrarier ceux qui ont,  au prix d’immenses compromis, cherché le consensus par le haut pour assurer à nos enfants le meilleur bénéfice de cette nouvelle expérience éducative ? Comment ne pas se mettre à dos ceux qui, rétifs à cette réforme, n’auront pas trouvé dans l’unilatéralisme municipal, le terrain propice qu’aurait offert une extension des concertations pour donner droit et/ou réponse à leurs inquiétudes ? Comment ne pas rassembler contre soi, quand on ignore que l’intérêt des parents c’est d’abord celui de leurs enfants et qu’il y a chez nous parents une sécrétion spontanée d’anticorps contre toute insécurisation de nos enfants et de leur devenir ? Comment croire qu’en suspendant l’avenir de nos mômes à l’incertitude d’une décision judiciaire, nous chanterions en chœur les faits d’arme d’une aventure personnelle qui risquait d’emmener nos enfants dans le mur ?

Dans cette affaire d’éducation où l’intelligence de tous était supposée et requise, ou la demande d’explications et d’informations claires se faisait exigeante, les vérités successives et contradictoires de la municipalité, les incompétences avérées des élus dans les différents conseils d’écoles, l’impréparation collective du dossier dont l’équipe a fait preuve, tout cela a fini par convaincre l’ensemble des Asniérois que ce combat n’avait aucun lien avec l’avenir de nos enfants et qu’il appartenait aux familles de libérer leur progéniture de cette mascarade à la fois risible et périlleuse.

Il n’y avait pas d’idéaux dans ce combat. Il ne s’y trouvait ni cause louable ni finalité estimable. Tout n’y était que calcul politicien.


Une défaite sans honneur

Le camouflet que le Tribunal Administratif vient d’infliger au couple Aeschlimann est d’autant plus retentissant que l’orgueil de nos bicéphalocrates locaux n’a cessé d’assurer la terre entière de leur bon droit. Dans leur guérilla anti-réforme, ils promirent victoire sur victoire, annonçant ici le recours à une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), un appel voire un pourvoi devant la Cour d’Etat s’il y a lieu… Il n’y eut que le tribunal divin qui ne fut pas menacé de leur ardeur procédurière. Il est vrai que celui-ci, au temps de la Manif Pour Tous, ne fut d’aucun secours.

Pour l’heure, il n’y a pas d’échappatoire possible. Et si dans le courrier que nous, parents, venons de recevoir  ce mercredi 25 juin, monsieur continue de jouer les fiers, il ne fait aucun doute désormais dans l’esprit de personne qu’il a laissé beaucoup de ce qui reste de son honneur dans ce combat inutile.

Si ses qualités de juriste, que je n’ai personnellement  jamais surestimées, sortent fortement écornées de cette affaire, c’est surtout le contre-exemple qu’à constitué sa démarche qui est déplorable.

Ce fut d’abord un combat contre la loi en usant d’armes inadéquates. Faire voter à sa majorité une délibération contraire à la loi n’est pas qu’une faute. C’est une forfaiture. Dans l’exercice de ses fonctions et en usant des pouvoirs que lui confèrent celles-ci, le maire d’Asnières s’est mis hors la loi en y entraînant sa majorité.

Ce fut ensuite un combat dans lequel le nom de notre ville a été constamment associé aux sulfureux duettistes levalloisiens, un voisinage qui coûte cher en matière de notoriété non-désirée. Ce fut un viol commis contre la population Asniéroise qui n’a jamais élu personne pour la faire compagnon d’arme d’un couple dont le patronyme est devenu une injure publique à force de défrayer la chronique judiciaire.


Une reddition sans condition et un repli dans le désordre

Contrairement à ce qu’affirme le courrier de notre édile, rien n’est prêt pour accueillir nos enfants dans de bonnes conditions à la rentrée de septembre. « Sans plus attendre, il nous faut maintenant mettre fin à l’indécision dans laquelle se trouvent de nombreuses familles quant à l’emploi du temps pour la rentrée prochaine », affirme le maire qui ne manque pas de culot. Pyromane hier, le voici, mutatis mutandis, dans les habits du pompier, essayant de se faire passer pour celui qui va réparer les dégâts que d’autres auraient commis. Mais il est le seul auteur et comptable avec son épouse des incertitudes qui pèsent sur la prochaine rentrée.

Le flou reste entier sur ce qu’il adviendra ne nos gamins une fois l’école terminée. « Nous mettrons en place des Nouvelles Activités Périscolaires (NAP) de qualité : des ateliers théâtre, une initiation aux langues étrangères, l’apprentissage du jeu d’échecs avec un Grand Maître International … »  Nous n’en saurons pas plus. Peut-on faire plus indécis et plus fumeux lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des activités dans une trentaine d’écoles différentes, quand on sait les difficultés matérielles et humaines que cela a généré dans des communes de moindre importance pour une population scolaire infiniment inférieure à la nôtre ? Peut-on aller plus loin dans l’irresponsabilité quand on voit à quel point rien n’a été pensé et préparé pour faire face à l’éventualité d’une condamnation de la position de la municipalité.


Aeschlimann a perdu la face. Quel en sera le prix pour nos enfants ? Le parti de poker menteur terminé, voici déjà qu’on nous pose un échiquier vendu avec son prétendu grand maître. Il faudra dans les mois à venir conjuguer nos efforts et redoubler de vigilance pour exiger le meilleur pour nos gamins.

 

 

 

Commenter cet article