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Publié par GOMEZ FELICIANO

Comme tous les Asniérois, je viens d’accuser réception du papier glacé de notre député consacré à la sécurité. Comme vous, à la lecture de la prose qui nous est servie, j’ai longtemps hésité entre l’incrédulité et la consternation. Mais j’ai vite pris le parti de l’indignation, tant il y a de l’indignité dans cette entreprise-ci.

Des chiffres incontrôlables…

Les chiffres cités pour illustrer l’insécurité qui règnerait à Asnières ? Personne ne sait d’où ils sont sortis. Plus d’un an qu’il nous sert les mêmes. Un homme sérieux, un politique responsable, lorsqu’il communique des chiffres de cette gravité à la population, habillé de l’écharpe tricolore de représentant du peuple,  devrait pouvoir en donner les sources pour que chacun puisse être juge de leur véracité. Si c’est une information, elle doit être vérifiable. Sinon, c’est de l’intoxication. Mais, Monsieur n’a cure de ces précautions moralement honorables et intellectuellement honnêtes. Il y a quelque chose de détestable dans cette démarche-là.


… et sciemment bidonnés ?

Ces chiffres, à moins qu’il m’en soit donné les sources, je les crois sincèrement bidonnés. Je peux me tromper. Mais l’indice de leur fausseté est dans le tract que nous avons reçu. Vous êtes-vous posé la question de savoir pourquoi à aucun moment dans sa lettre à M. Hortefeux, au verso du tract, Monsieur, qui est si sûr de ses chiffres, n’en cite aucun pour illustrer l’aggravation de la sécurité à Asnières qu’il dénonce ? Pourquoi demande-t-il au ministre de passer au scanner l’action de notre municipalité si lui en connaît si bien les statistiques ? Si ses chiffres sont les vrais, est-il encore besoin de demander au ministre d’user de son scanner, celui-ci devant les connaître, tant ils sont catastrophiques ? N’est-elle pas plausible l’hypothèse que,  parfaitement conscient du caractère fantaisiste de ses chiffres, Monsieur le parlementaire ne soit pas suffisamment malhabile pour servir des bobards à un ministre ? Car, il aurait pris alors le risque que le ministre, répondant à sa missive, à moins de paraître ratifier des contre-vérités, se trouve dans l’obligation de contredire les statistiques du député et de donner les vrais chiffres. Or, Monsieur le député ne veut pas les vrais chiffres. Et ces chiffres, n’importe lequel d’entre vous peut les obtenir auprès du commissariat. Ils vous étonneront. Et ils sont récents. Si moi je vous les donne, vous ne me croirez pas.

Passons donc sur ces chiffres qui, jusqu’à preuve du contraire, n’existent nulle part.


Une lettre digne de la cour de récré de maternelle…

Venons-en à la jolie lettre de "premier de classe" que notre bon député nous dit avoir envoyé à notre Ministre de l’intérieur, pour dénoncer un petit camarade chahuteur et réputé cancre de la classe sécurité. Je cite Monsieur le député : « il y a quelques mois, à l’Assemblée Nationale, écrit-il, je vous ai posé une question relative à l’action des communes en matière de lutte contre la délinquance » On trouve bien une question orale sans débat (QOSD n°792) relative à l’action des communes en matière de sécurité. Mais cette question date du  23/06/2009, et sa réponse est parue le 01/07/2009, sous la plume du secrétaire d’Etat Marleix.  Alors, « Il y a quelques mois » sa question ? Mon œil ! Cette question est vieille de plus d’un an, plus vieille encore que les chiffres de Monsieur donc. Monsieur est décidément un as du micro-ondes. Du réchauffé, toujours et encore.


… qui invoque des félicitations imaginaires d'un ministre

Je cite à nouveau la prose du parlementaire : «  vous avez cité en exemple l’action de la municipalité que je conduisais, les dispositifs que nous avons mis en place, notre volontarisme… »  et blablabla. Si dans la réponse de M. Marleix on trouve mention de 60 000 euros de crédits du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), dont 45 000 euros pour une opération de vidéo protection portée par la ville et 15 000 euros environ pour le cofinancement de la vidéo protection d'un parking de la société immobilière 3 F,  cette somme a été allouée en 2008, soit à un moment où la nouvelle municipalité était déjà en place. A part cet hommage rendu à l’action de la nouvelle municipalité, qui n’a pas renié les mesures justes initiées par ses prédécesseurs, je cherche encore les documents où le ministre cite « en exemple » l’action de l’ancienne équipe qui présidait funestement au destin de notre ville. D’ailleurs, par quelle magie de la contraction du temps, M. Hortefeux, qui n’est devenu Ministre de l’intérieur que dans la deuxième moitié de 2009, (en vérité quelques jours après la question du député qui s’adressait à Alliot-Marie juste avant le remaniement) aurait pu féliciter une municipalité répudiée au 1er trimestre 2008  et citer en exemple ses actions ? M. Aeschlimann prend sans doute ses rêves pour la réalité.


Car Monsieur rêve beaucoup…

Il rêve ainsi du jour heureux où M. Hortefeux rappellera le maire d’Asnières à ses obligations, ainsi qu’il en fait la demande. Carrément hallucinant. Je signale tout de même que le rédacteur de ce courrier est député de la Nation, et donc législateur, par surcroit désormais avocat dans le civil. Ce Monsieur est sensé connaître au  moins un tout petit peu la loi. Il va donc certainement nous dire au nom de quel article de loi, de quel code, un Ministre de la République peut procéder à l’examen des actions d’un édile jusqu’à envisager de le rappeler à ses obligations. Surtout lorsque le Ministre Marleix lui a répondu à l’occasion de sa fameuse question ceci : « Je rappelle également que les décisions relatives au fonctionnement des polices municipales relèvent exclusivement de l'autorité municipale, et que le représentant de l'État n'a pas à interférer... ». Nullement instruit par cette réponse plus qu’éloquente, Monsieur insiste et veut induire la population en erreur en feignant d’ignorer la loi.


… mais la vérité est ailleurs.

Ce qui énerve M. Aeschlimann, c’est que Sébastien Piétrasanta ait obtenu ce que lui n’a jamais pu obtenir pour les Asniérois : le renforcement des effectifs de police pour notre ville.

Pour vous convaincre des véritables intentions malveillantes de notre député, voici un extrait de sa question au ministre. Il ne laisse planer aucun doute sur tout le « bien » qu’il veut pour notre commune : « Ne serait-il pas souhaitable d'établir un véritable cahier des charges de la sécurité, destiné à mettre toutes les communes devant leurs responsabilités, et leur octroyer aide et soutien lorsqu'elles mêmes font un effort suffisant ? » En d’autres termes : l’effort de l’Etat pour assurer la sécurité des citoyens, selon Aeschlimann, devrait être fonction des efforts consentis par les communes. Défiant toute logique républicaine et ne craignant pas de mettre à mal le pouvoir régalien de l’Etat, Monsieur le parlementaire propose à l’Etat de donner plus de moyens pour leur sécurité aux villes qui font déjà le boulot toutes seules. Dans sa logique (si on peut l’appeler ainsi), puisque, je le cite, « la mairie [d’Asnières] ne remplit pas son rôle », la conséquence devrait être que des moyens supplémentaires ne soient pas octroyés à notre ville. Maître Aeschlimann plaide donc contre le fait que des effectifs supplémentaires soient attribués à notre ville pour la sécurité de ses concitoyens. Il place ainsi ses intérêts électoraux au-dessus du bien de ses électeurs. Ceux-ci sauront s’en souvenir.


La vérité la voici

Mais, la meilleure réponse de M. Hortefeux à M. Aeschlimann n’est-elle pas dans le fait que, nonobstant les injonctions de celui-ci, des nouveaux moyens soient attribués à la ville ? De deux choses l’une. Première hypothèse : ou bien, d’accord avec Aeschlimann, et après avoir passé au scanner l’action de notre municipalité comme le député le demande, le Ministre de l’intérieur en a conclu que nos efforts étaient méritoires et, en vertu des préconisations du député, nous a alloué des moyens supplémentaires et dans ce cas, l’accusation d’aggravation de la délinquance à Asnières est de la pure loufoquerie ; ou bien, deuxième hypothèse , en désaccord total avec son député, le ministre ne considère pas qu’il soit judicieux de subordonner le pouvoir régalien de l’Etat aux résultats des communes, et dans ce cas il ratifierait contre Aeschlimann ce qu’a toujours été la politique de notre municipalité, à savoir, aller chercher les résultats avec des moyens innovants et mieux adaptés aux formes nouvelles de la délinquance, sans se complaire ni se contenter de recettes passe-partout, stéréotypées et inefficaces.


Aeschlimann parierait-il sur le malheur des Asniérois ?

Visiblement, notre député qui devrait en principe veiller sur nos intérêts, démontre par son fayotage de mauvais aloi auprès du ministre, qu’il construit son espérance politique sur la tombe du bien des populations qu’il est sensé représenter. Pire, il veut rendre un ministre complice de sa volonté délibérée de pourrissement de la situation de la sécurité dans notre ville dont personne ne nie la difficulté, en militant depuis des mois pour que des moyens ne soient pas mis à la disposition de notre ville à la hauteur des besoins réels du terrain. Il ne digère pas d’être contredit non seulement par les faits et par les résultats de la municipalité mais aussi par le soutien du ministère de l’intérieur à la politique municipale de sécurité.


Conclusion

Les statistiques de la délinquance de Monsieur Aeschlimann ne correspondent en fait qu’aux chiffres dont ils rêvent pour notre ville, ceux qui lui permettront, escompte-t-il, de revenir aux affaires. Il est des abîmes d’où l’on ne sort que difficilement ; ceux où l’on table sur le malheur de ceux dont nous devons assurer les intérêts, pour garantir nos succès futurs. Le ciel me garde de frôler de tels précipices et prenne en pitié ceux qui s’y complaisent.

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