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Publié par GOMEZ FELICIANO

Hortefeux déraille

Hortefeux va interdire de sortie au-delà de 23 h,  les gamins de 13 ans non accompagnés. Bien entendu la presse amie n’a pas hésité à dégainer un sondage pour nous dire que 83 %  de Français sont pour une telle mesure. Ce que voyant, l’impétueux maire de Nice se dépêcha de pondre son propre arrêté de couvre-feu sans attendre la loi du blond Brice d’Auvergne.

Mais pourquoi seulement  83% de français pour approuver la mesure ? C’est scandaleusement en-deçà de la vérité ! Car nous sommes bien plus nombreux à valider cette mesure pour la simple et bonne raison que nous l’appliquons déjà sans attendre Hortefeux et sa milice. Parents responsables que nous sommes, nos enfants sont au lit depuis longtemps à cette heure-là. Sans compter tous les parents dont les horaires de travail ne leur permettent pas de vérifier la présence de leurs progénitures au domicile familial pendant qu’ils triment pour leur apporter la pitance.

Oui, la protection des mineurs exigent qu’une attention particulière soit portée sur l’enfance en danger et que des mesures soient prises pendant qu’il est encore temps pour qu’ils ne sombrent définitivement. Mais pourquoi  la police ?


La police manifeste dans l'indifférence générale

C’est entre de nombreuses autres, la question que les syndicats policiers ont voulue poser à l’Horte(couvre)feux cette semaine.

Oui, on n’en a pas beaucoup parlé. Mais les policiers français ont manifesté leur mécontentement cette semaine. Pourquoi leur assigner une mission d’assistance sociale quand des années auparavant sur un ton martial on les a chassés des quartiers sous prétexte que leur rôle n’était pas de jouer au foot avec les gamins du cru ? A cette époque des polices de proximité, l’agent connaissait le gamin et sa famille. A cette époque où l’équipe de la police pouvait jouer et perdre contre les gamins du quartier, il n’y avait pas besoin de gilet pare-balle et de gaz lacrymogène pour faire remonter les petits chez leurs parents. Les flics connaissaient le grand frère. Ils avaient le téléphone du père. Il leur est même arrivé de raccompagner la mère à la maison tard le soir quand elle a fini de nettoyer les bureaux de la ZAC.


Sarko désespère la police

Certes, je n’attends pas des policiers qu’ils réclament le retour de la polprox. Ils ont applaudi sa disparition quand en leur passant la main dans le dos, Sarko les a armés jusqu’aux dents et leur a refourgué plein de bagnoles toutes neuves. Ils avaient fière allure et leur orgueil viril s’en est trouvé beaucoup mieux. Mais voici venu le temps de la diète : le matériel qui vieillit, les effectifs en baisse constante, la politique du chiffre et la pression qui va avec, les gardes à vues par centaines de milliers, les cadences infernales et les bavures subséquentes, les quelques fachos qui se sont glissés dans les rangs et ternissent l’image de l’ensemble du corps, une police qui attend de ses concitoyens le juste retour de son investissement au service du public et qui doit payer au prix fort les dégâts collatéraux d’une politique sécuritaire qu’elle n’a pas choisie… Sarko nous avait promis du bleu partout et partout c’est le blues dans les rangs avec son lot de suicide à faire pâlir d’envie le directeur de France Télécom !

Oui la police a le blues ! Elle le crie ! Et les caméras de nos télés regardent ailleurs ! La presse nous invite à Nice admirer l’arrêté de couvre-feu du maire Bac -5 du coin ! Pendant ce temps la police a de plus en plus de mal à se faire reconnaître et accepter par ceux-là même qu’elle a pour mission de protéger et qui la traitent en ennemie !


Pour la police nationale, mobilisons-nous

Ce doit être l’institution la plus respectée de la République, les pompiers ayant déjà pris la première place côté cœur ! Sarko et Hortefeux sont en passe d’en faire des parias.

Si cela peut vous mettre un microgramme de baume au cœur, sachez amis policiers que je suis de tout cœur avec vous et vous sais gré de ce que vous faites pour notre sécurité. Je ne confonds pas votre mission avec la politique à laquelle votre devoir vous oblige. Je n’amalgame pas votre honneur avec la chienlit qui sévit au milieu de vous, couverte par le discours ambiant d’une politique de non sens sécuritaire.

Je vous respecte et nourris l’espérance que votre calvaire bientôt s’achève par la défaite d’une idéologie qui épuise votre énergie, émousse votre volonté et vous confronte sans cesse à un désenchantement démobilisant et lassant.

Courage et tenez bon dans la bourrasque des vents contraires des lois qui vont dans tous les sens. Le peuple a besoin de vous.

Modestement, par les responsabilités qui sont miennes, je contribuerai à la réconciliation de la population avec sa police. Je m’y emploierai autant que je pourrai. Je m’y engage.

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