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Publié par GOMEZ FELICIANO

Le gouvernement  fait campagne et ne gouverne plus.

Nous ne sommes plus gouvernés ; Les ministres sont en campagne.

Ça fleure bon la campagne régionale par cet automne finissant quand on voit la frénésie qui s’est emparé du gouvernement entier. Agitations de feuilles mortes où l’on se rend compte du grand brassage de vent qui nous sert de conduite des affaires publiques. Pas un jour sans une nouvelle initiative dont la seule ambition est de faire des vagues ; ils écument ; encore et toujours. Au pays de la Sarkozie la parole vaut acte, l’imprécation vaut solution, les rodomontades sont des décisions salvatrices.

 

La course aux échalottes de la surenchère législative

Darcos découvre le travail dissimulé. Très fâché, le monsieur décide de faire une loi qui existe déjà. Mécontent de s’être fait brûler la politesse médiatique, Besson surenchérit et menace des feux de l’enfer ceux qui ont recours aux travailleurs sans papiers. Sûr que cela a fait trembler plus d’un patron dans son canapé. Monsieur Besson aussi va faire une loi qui existe déjà !

 

Mais qu’ont-ils tous à vouloir faire des lois ?

Parce qu’il est toujours plus médiatiquement porteur de vouloir faire une nouvelle loi que de vouloir faire appliquer une loi qui existe déjà. Imaginez un ministre qui vient taper du point sur la table en disant je vais faire appliquer la loi ! Tiens, tiens ! Il y aurait, en ce pays, des lois qui ne seraient pas appliquées ! Au pays du grand Sarkozy, il y aurait des lois restées lettres mortes ! Sous l’empire de celui qui s’est fait une religion de la répression, des édits ne seraient pas suivies d’effet ! Des sujets de sa majesté contreviendraient impunément à ses sages décrets ? Non bien sûr ! Les citoyens sont juste devenus plus méchants qu’avant. Il faut donc de nouvelles lois plus répressives. Mais comment sait-on si on a besoin d’une nouvelle loi, si la précédente n’a jamais été appliquée ? De la navigation à vue ! De l’improvisation !

 

L’impayable Hortefeux.

Il y a quelques jours, l’inénarrable ministre de l’intérieur et des auvergnats, célébrant sa glorieuse victoire sur l’insécurité par l’annonce d’un « arrêt de la tendance à la hausse » de la délinquance (admirez la circonlocution), nous promettait déjà de nouvelles lois sur la question. Personnellement j’ai arrêté de compter le nombre des lois sécuritaires sarkozistes. Mais, nous assurait le riant Hortefeux, la délinquance est sans cesse en mutation et il faut s’adapter. Oui, la délinquance c’est comme chaque automne : un virus qui mute et pour lequel il faut chaque fois inventer un vaccin nouveau. De l’errance ! Encore et toujours !

 

Le zélé Besson !

Tenez ! Besson, encore lui, avec le zèle du converti, nous annonce des mesures spectaculaires pour contrer le mariage gris. Le mariage blanc on connaît : vous faites semblant de vous marier en vous mariant pour de vrai sauf que c’est pour de faux. Vous suivez ? Peu importe.

Voici le mariage gris : c’est quand tu penses te marier pour de vrai alors que celui avec qui tu te maries t’épouse pour de faux.

Mais je ne vous ai pas tout dit. Pour qu’il y ait mariage blanc ou gris, il faut qu’il y ait un étranger dans l’affaire. Il n’y a qu’eux les étrangers pour se marier pour de faux ; que les pauvres Français soient complices (mariage blanc), leur bon cœur les perdra, ou qu’ils soient abusés de bonne foi, leur cœur d’artichaut les perdra (mariage gris), la faute est toujours à l’étranger, grand chasseur de papiers devant l’éternel.

Notre bon ministre de l’immigration nous parle d’escroquerie sentimentale. Mais il se fâche tout rouge quand Stéphane Guillon( http://www.youtube.com/watch?v=5oBhxnB3vOE ), à sa manière à lui, tout en finesse, fait remarquer que sa nouvelle amoureuse, une tunisienne de trente ans sa cadette, pourrait être soupçonnée d’une telle mauvaise intention. Il semblerait qu’il songe à porter plainte. Vite, monsieur ! On va se marrer ! Des amateurs !

 

 

 

Le Front National pour horizon

Ah cette campagne d’automne qui fleure bon la France de 40 ! Cette semaine qui vient de s’achever à donc connu des charges gouvernementales contre les banlieues (c’est toujours là où on va quand on veut parler insécurité) et ses jeunes délinquants, contre les immigrés qui volent le travail des Français, contre les couples mixtes qui abâtardissent la belle race… Y a-t-il autre chose qu’on pourrait faire pour vous M. Le Pen ? Oui, la Nation ! Vous voyez comme nous en débattons avec sérieux et empressement dans nos préfectures ! Oh oui ! Le président vous a invités à cliver le débat ! il voulait que vous y alliez à fond avec « du bon gros rouge qui tache » ! Ni une deux. Voici le vaillant maire UMP, répondant à la voix de son maître : ils sont 10 millions payés à rien foutre prêts à bouffer du Français tout cru ! Ah le beau débat que voici ! Le n’importe porté à la perfection du chef d’œuvre !

 

Le Sarkoshow a recommencé.

D’une main de maître, le chef  d’orchestre est à la baguette. Il a fait ressortir les violons poussiéreux de sa campagne victorieuse de 2007. Il faut à nouveau dresser les français les uns contre les autres à défaut de pouvoir leur dessiner un avenir commun, un horizon qui les exalte. Banlieue contre ville ! Français contre étrangers ! Travailleurs contre chômeurs, forcément paresseux les chômeurs et souvent d’une couleur pas très locale ! 

 

Notre bon gouvernement n’adore rien telle qu’une campagne électorale ! Le chômage peut exploser, nos quartiers livrés à l’insécurité ! Ce sont toujours autant de thèmes de campagne dont nos ministres pourront se gargariser le moment venu ! Regardez-les battre l’estrade. Regardez-les frémir ! Regardez-les s’agiter ! Ont-ils l’air de vraiment s’occuper des problèmes qui sont les nôtres ?

 

 

 

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