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Publié par GOMEZ FELICIANO

J’ai lu la bafouille du Père de la Nation sur l’identité nationale parue dans Le Monde daté du 9 décembre.


Un faux débat

En gros l’identité nationale de M. Sarkozy, c’est trois quarts d’une plaidoirie en faveur du pauvre peuple suisse qui a voté contre l’érection des minarets et un quart d’homélie de télévangéliste sur la bonne entente entre les religions. Où est l’identité nationale ?


Une espérance survendue

Cette tribune qu’on nous annonçait déterminante dans l’indispensable débat sur notre identité de Français se révèle être un verbiage sans hauteur, sans envergure, sans éclairage ni même le recadrage espéré par les zélateurs de cette grande messe crypto patriotique. Qui en parle encore 24h après sa publication ?


Une vraie déception

On eût espéré que le chef de l'Etat, conscient de la tournure tragique que prenait son astuce politicienne, renonce, s’amende, ou au minimum apaise. Bien au contraire. De façon astucieuse, il se sert de l’alibi suisse pour donner notabilité et légitimité aux discussions de comptoir qui tiennent lieu de débat avec des préfets faisant office de bistrotiers.


Les dés sont pipés

Non, trois fois non! Dans sa contribution, M. Sarkozy ne s’est jamais posé la question de l’identité nationale. A moins que celle-ci ne se résume à la place de l’islam dans la société française. Et quelle est cette manière de penser l’identité nationale Française en se servant d’un fait suisse comme paradigme ? Par quelle gymnastique intellectuelle amalgame-t-on le vote suisse et le référendum sur la constitution européenne de 2005 ?


C’est aux musulmans qu’on en veut.

Non, trois fois non! Malgré le bel effort du journal Le Monde pour faire croire qu’il y a quelque chose dans ce texte, malgré l’exergue qui sert de titre à la contribution impériale, « L’identité nationale est une antidote au communautarisme », c’est en vain qu’on a cherché la nation dans le corps du texte. De communautarisme il n’en a d’ailleurs pas été question. Une seule communauté a été mise sur la sellette : la communauté musulmane. Et tant pis pour les musulmans qui dans leur immense majorité se contentent d’être simplement Français, comme tout Français. L’Islam se serait-il communautarisé à ce point dans notre pays qu’il en menacerait l’identité ?


Et la tolérance sonne faux.

Non, trois fois non! Il ne s’agit en rien d’un éloge du métissage. Et celui qui laisse son ministre faire peser des soupçons injurieux sur les mariages mixtes n’est pas qualifié pour nous parler de métissage. Car la conclusion de sa dialectique sur le métissage est fausse autant dans la logique même de son texte que dans l’essence du métissage. La clé du métissage n’est pas une assimilation réussie. Là où l’assimilation commande la ressemblance à soi de l’autre, quitte à recourir à la réduction de l’autre à soi, le métissage demande un renoncement à soi : soi-même comme un autre, soi-même par un autre, soi-même pour un autre. Voilà l’essence du métissage: un renoncement à soi assumé et sursumé dans une naissance inédite, incarnation féconde d'une rencontre victorieuse de la différence et de l’indifférence.

Le métissage de Sarkozy est l’enfant illégitime du prince et du roturier : le bâtard devra assimiler les manières de la cour pour accéder sinon à la légitimité du moins à une reconnaissance charitable. Il ne doit pas choquer mais se faire tout petit, raser les murs, respecter les valeurs, les convictions, les lois les traditions de ceux qui lui font aumône de l’accueillir et les faire siennes. Comme si la présence de l’autre n’a pas fait évoluer positivement nos coutumes, nos traditions, notre culture, notre langue, nos lois, nos convictions, nos paysages…


La conclusion est sans appel

Oui, décidément oui ! Tout le gribouille de notre Guide Eclairé n’est rien d’autre que la réponse hâtivement bâclée à un sondage qui prétend qu’un référendum français sur les minarets aurait donné le même résultat qu’en Suisse.

Vite défendons le peuple Suisse, au moins nous n’aurons pas l’air de cajoler nos islamophobes nationaux.

Insistons lourdement et grossièrement sur l’Islam et son incompatibilité républicaine, le recours au référendum de 2005 archétypique de la défaite des élites; alrors certainement le bon peuple nous en saura gré.

Le débat se noie. Sarkozy se jette à l’eau pour le sauver. Visiblement, il n’a pas appris à nager. Qui ira au secours de Sarkozy ?

 

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