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Publié par GOMEZ FELICIANO

Mon abstinence quadragésimale n’aura pas duré. In petto, je  me promettais de lever la main, de ne point frapper sur notre petit Nicolas. L’espérance folle qu’à la fin du jeûne, mes prières aidant, et aussi celles des chrétiens de par la France entière, notre bondissant chef d’Etat accueillerait quelque grâce de conversion, abandonnant la malice pour la pure intelligence, délaissant la tactique politicienne pour des stratégies politiques et économiques de haute volée… Mais ce diable de bonhomme à de quoi ôter la foi même à un saint.

 

Le président ne fait pas campagne

C’est du moins ce qu’il nous a affirmé. Après sa visite en Corse, aux Antilles et à la Guyane, force est de reconnaître qu’il en fait quand même. Sauf que là c’est des millions de nos deniers publics qui sont utilisés pour aller soutenir les candidats UMP locaux. On trouvera certes des Français, de bonne foi, pour nous affirmer qu’il n’y a aucun mal à ce que le président de la République visite ainsi nos contrées exotiques y compris par temps de campagne électorale. Mais Marie-Luce Panchard, la très éclairée ministre de l’Outre-Mer, avait déjà vendu la mèche avant l’arrivée du président. Oui, le président est en campagne mais il ne fallait pas le dire.

 

Le président est en exil diplomatique

Le Gabon et le Rwanda. Voilà les destinations choisies par notre promoteur international de la démocratie et des droits de l’homme. Le savant ethnologue et historien de génie qui affirmait il y a peu que l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire n’ignore cependant pas l’histoire récente de ces deux destinations tropicales.

On comprend son intérêt pour le Gabon. Là-bas il y a une école où on apprend aux fils à prendre la place de leur papa président via des élections truquées et sous les acclamations d’une minorité étouffant le cri et les pleurs d’un peuple aux abois. Sans doute le prince Jean, malheureusement  retenu par des partielles à la fac ou par les couches à changer, aurait-il aimé faire partie de la virée paternelle. Il avait tellement à apprendre d’Ali Bongo Fils de !

Quant aux hypocrites émotions des retrouvailles rwandaises, sans faire injure à la douloureuse mémoire du génocide ayant frappé ce peuple, il n’est pas inutile de rappeler que le maître actuel de Kigali n’est pas ce qu’on citerait en exemple de démocrate. Paul Kagamé règne sans partage sur le Rwanda avec une opposition muselée. La francophonie y est programmée pour disparaître au profit de l’anglais. Rien dans les faits ni dans les volontés de Paul Kagamé ne porte l’espérance de la réconciliation annoncée par le chef de l’Etat.

Mais il n’a échappé à personne que ces deux pays sont ceux où notre ministre des affaires a encore quelque influence, tantôt comme affairiste ami des Bongo, tantôt comme humanitaire larmoyant soutien des rebelles Tutsi de Kagamé.

Ainsi va la diplomatie de bas étage qu’on essaie de nous vendre comme la fin de la Françafrique.

 

Libreville-Kigali via Bamako: un voyage de ouf

Si vous êtes peu au fait de la géographie africaine et qu’un tour opérateur vous propose un tel circuit, écoutez mon conseil et ne montez pas dans son zinc. Aller de Libreville (Gabon) à Kigali (Rwanda) en passant par Bamako (Mali) c’est comme si vous alliez de Paris à Budapest en passant par les Iles Féroé.

Mais rien n’arrête notre président voyageur. Le passage par Bamako s’impose car il y a là-bas une superbe photo à faire. L’otage français retenu depuis des mois dans le Sahara malien vient d’être libéré. Et Sarkozy qu’on croyait revenu de cette lubie des coups médiatiques foireux n’a pas pu résister. Le pauvre homme à peine libéré avait sans doute besoin de repos et de soin.

Sarkozy et Ali BongoQu’importe. Le petit homme en capilotade dans les sondages a besoin lui d’images choc. Le petit Bongo n’est pas aussi photogénique que son vieux père décédé. Et ces femmes en transe sur commande à l’aéroport, avec des photos de Sarko bondissant sur leurs poitrines au rythme des danses agitant leurs seins, ce n’est pas le genre de cinéma qui fait bonne sensation de ce côté-ci de la démocratie moderne. 

sarkozy et kagméIl y aurait certes des photos superbes dans les collines verdoyantes du Rwanda. Mais avec le grand et longiligne Kagamé sur le papier glacé, notre grand homme à nous ferait figure de pygmée. Forcément, quand on vient du Gabon, on a beau être blanc… les gens pensent des choses quand on est petit.

Forcé à un exil volontaire par une campagne catastrophique et une défaite programmée, errant entre deux capitales peu riantes, Bamako était devenue un rêve. Peu importe la fatigue du détour, la multiplication par quatre au moins du périple initial, le surcoût énorme généré. Le président voulait sa belle photo. Avouez que ça fait cher le cliché. Vous ne pouvez pas imaginer le bilan carbone de cette photo. Enorme! Sarkozy et Pierre Camatte

Sans compter le désagrément de ce pauvre monsieur Camatte libéré des mains fanatiques des fous de Dieu pour tomber dans les bras fous d’un fanatique des courbes de popularité ! Lui qui là-bas dans l’ombre essayait d’apporter aide et secours aux maliens à qui Sarkozy et les siens n’ont jamais cessé de donner la chasse ici en France.

Sans doute que cette soudaine envie de Bamako de notre nouvel ami de l’Afrique servira prochainement d’argument publicitaire dans les futurs charters affrétés par M. Besson pour la même destination.

 

J’apprends que le président de la République a convoqué à l’Elysée Mme Péccresse et ses têtes de liste départementales. Puisqu’on vous dit que le président ne fait pas campagne !

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