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Publié par GOMEZ FELICIANO

Il est de ces télescopages d’événements, où l’insignifiance de nos manœuvres politiciennes franco-françaises prend un éclat aveuglant.

Aung San Suu "qui" ?

La grande affaire de ce repos de fin de semaine aurait pu être la libération d’Aung San Suu Kyi. L’espoir que soulève le retour à la liberté de cette opprimée dépasse largement les frontières de la Birmanie où règne une junte cynique qui rançonne son peuple avec l’aide des multinationales. Le poids de cette frêle femme pétrie de culture occidentale et rêvant de démocratie pour son peuple aurait pu faire se soulever sinon la terre entière du moins notre pays, cette patrie des droits de l’homme. Qu’a dit le communiqué de l’Elysée ? A-t-on entendu notre premier ministre ? Et notre cher (désormais ex) ministre des affaires étrangères qui y fit un séjour et un rapport pour Total ? Aung San Suu Kyi, ici, on ne connaît pas.

Sarkozy, président du G Vain !

L’autre grande affaire de la semaine aurait pu être notre président revenu de Séoul auréolé de sa nouvelle mission de sauveur du monde. Naboléon, roi du G20, roi du monde, Messie interplanétaire appelé à régler le désordre monétaire qui menace l’économie mondiale ! Un triomphe ! Et là, rien ! Ni trompette, ni tambour ! Celui qui est passé maître dans l’art de l’autoglorification s’en retourne dans son palais et passe à autre chose.

Fillon III, le retour !

Car la grande affaire, celle qu’il ne faut pas manquer, celle qu’il faut régler de toute urgence c’est de remplacer Fillon par … Fillon. Grand Guignol a encore frappé et la meute journalistique, friande des amusements du roi, s’est transportée comme un seul homme aux portes de l’Elysée, bravant la pluie, le vent et le froid, pour nous assommer de directes sur un portail qui s’ouvre et se referme, des voitures à gyrophare qui vont et qui viennent. Cette pantalonnade qui dure depuis tant de mois s’achève piteusement et il se trouve des gens pour en faire un événement. Le prince s’amuse et on essaie de nous faire croire qu’il travaille. Et au bout d’une très longue journée, nous apprenons que Juppé et Bertrand sont redevenus ministres ! Vous parlez d’une révolution !

La capitulation du président.

On nous dit que Sarkozy a voulu se rendre mettre du calendrier. Ainsi se justifierait la formation en plein week-end d’un nouveau gouvernement pour la France. Qu’il aurait pris ainsi tout le monde de vitesse surprenant tous ceux qui attendaient le nouveau gouvernement pour le début de la semaine. Un remaniement que le président lui-même a annoncé il y a plus de cinq mois, qui a généré tant de mélodrame au sein de la majorité, ouvert une campagne inédite entre un premier ministre et son ministre d’Etat, livrant à la Nation le spectacle inédit d’un président hésitant sur un choix stratégique fondamental pour le pays ; une séquence où il a été fait la preuve que l’homme de l’Elysée ne maîtrisait plus grand-chose et qui se vérifie aujourd’hui dans un choix qui lui est imposé par la conjonction des sondages et de la volonté des députés ; si c’est cela maîtriser un calendrier, alors celui de Sarkozy ressemble de plus en plus à un calendrier de vacances, comme vacance du pouvoir.

La vacuité du pouvoir…

Mais puisque que apparemment nous avons toujours un président de la République et le premier ministre qui va avec, puisque ce soir il a été décidé de reprendre les mêmes et de continuer, puisque contre toute évidence et malgré la réalité de la manière dont les affaires de ce pays sont gérées, le pouvoir n’est pas juridiquement vacant, nous devons nous résoudre à en reconnaître la vacuité.

Le pouvoir sarkoziste est désormais vide de sens. Plus personne ne sait où nous mène le grand enfant qui nous gouverne, ce président qui s’est amusé pendant de longs mois à voir s’affronter ses ministres. Vacuité du sens car on se perd en conjecture sur la signifiance de la reconduction des mêmes quand le peuple réclame à cor et à cri une nouvelle donne. Vacuité du sens quand un président fait à ce point la preuve qu’il ne dispose d’aucune alternative crédible pour sortir le pays de l’ornière où il l’a conduit.

Et la vanité d’un homme.

Mais la vanité d’un homme et de lui seul explique cette tragicomédie qui se joue sur nos écrans télévisuels. Cette nouvelle séquence qui s’ouvre, loin d’apporter une réponse efficace aux maux du peuple, n’a d’autres objectifs que de préparer une élection présidentielle dont 18 mois nous séparent. Le temps s’est arrêté à l’Elysée. En ce dimanche pluvieux d’automne, c’est à un long hiver politique que nous soumet le chef de l’Etat. Plus rien ne se passera si ce n’est pour construire les tactiques qui reconduiront notre grand homme au palais du Faubourg Saint Honoré.

Le gouvernement qui nous a été servi à la messe des journaux de 20h n’est pas là pour résoudre les problèmes de la France. Sa mission : sauver le soldat Sarkozy. S’il peut.

Avant de revenir dans les prochains jours sur nos nouveaux ministres, permettez que je verse une larme de crocodile sur les ministres de l’ouverture disparus, Kouchner, Bokel, Amara… et sur la conseillère municipale de Colombes, Rama Yade, minorité redevenue invisible.

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Asniérois voix libre 30/11/2010 21:03



L'actualité asniéroise décryptée : http://asnieroisvoixlibre.over-blog.com/



cdur 17/11/2010 19:26



Un regret que tu ne te présente pas à la cantonale dans les hauts d'Asnières.


J'aurai aimé voir un homme issu de la diversité représenter les couleurs d'un grand partie mais non une fois de plus dans les hauts d'Asnieres on aura la même sauce "blanche"


C'est dommage tu es investi dans le quartier et plutot apprécié.


Résultat :on va voir ressurgir le champion du communautarisme (tu sais le pote de l'autre tordu qui se prenait pour le maire) qui risque une fois de plus d'utiliser les gens pour essayer de
se négocier un truc.


Franchement on est beaucoup à être déçu,cette élection elle était la réponse à ton engagementelle faite pour toi.


Personne n'aurait pu te battre.l'opposition croit moi doit être soulagé.


On en a gros sur la patate.


BY



GOMEZ FELICIANO 18/11/2010 09:30



Allez! On va laisser la patate se dégonfler pour battre à nouveau à plein régime afin de faire échec au camp d'en face.


Comme toi, j'aurais aimé être le candidat des socialistes. La section et les militants socialistes ont considéré que Luc a plus de chance que moi de l'emporter. Je fais confiance à leur jugement.