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Publié par GOMEZ FELICIANO

Les fondamentaux

Comme plus aucun Français ne devrait l’ignorer, la seule, l’unique leçon que la Sarkozie défaite a tiré de sa bérézina électorale est celle-ci : le retour aux fondamentaux. Traduire : soigner l’électorat de droite.

La fin de l'écolo président

Nous avons donc vu se craquer le vernis vert de notre omniprésident qui décréta, dans un français dont lui seul a le secret, que « l’écologie ça commence à bien faire ». Joignant le geste à la parole, notre vert président commença par renvoyer la taxe carbone aux calendes grecques.

 Il partit ensuite faire des câlins aux agriculteurs en leur promettant que, lui vivant, on ne touchera pas à la politique agricole commune et sa logique productiviste dopée à la subventiomine. Mais comme les paysans savent que le président est déjà mort, ils en ont conclu ce qu’ils doivent : que cette promesse vaut toutes celles qui l’ont précédée.

Toujours dans le travail sur les fondamentaux, la taxe sur les poids lourds, grands pollueurs s’il en est, est renvoyée à son tour à plus tard. La date de ce renvoi n’a rien de hasardeux : ce sera en juin 2012, au lendemain des présidentielle donc. Et puisqu’il se doute bien  que ce n’est  pas la perspective d’une nouvelle taxe qui feront voter pour lui les routiers, devinez quel est le sort de cette taxe sensée rapporter chaque année un milliard d’euros ?

Soignons les médecins

Les leçons fondamentales ont continué la semaine dernière avec l’augmentation de l’honoraire des médecins généralistes. Il en coûtera quelques centaines de millions d’euros à la sécu et aux mutuelles. Mais ce n’est que bagatelle dans le trou abyssal de l’assurance maladie entretenu avec soin par Bachelot. Les mutuelles en profiteront pour augmenter nos cotisations, pour nous qui avons le privilège d’en avoir une. Quant à la grande masse de nos concitoyens qui n’en possède pas, la santé, après les déremboursements  successifs, les augmentations de forfaits hospitaliers, sera de plus en plus luxe hors d’atteinte. Mais les médecins à ce qu’il paraît sont des électeurs de droite et les pauvres sans mutuelle voteraient à gauche. Cynique et simpliste lecture électorale qui s’apparente plus à du fondamentalisme idéologique qu’à un simple retour aux fondamentaux électoralistes.

Sécurité

Toujours dans à son affaire de retour aux fondamentaux, Sarko arpente à nouveau le terrain sécuritaire. La ficelle crève les yeux, les sabots sont gros, mais qu’importe. Le nécessiteux des sondages a grand besoin qu’on lui fasse aumône de quelques demi-points de satisfaction. Il faut enrayer la chute, stopper la descente avant de trouver du pétrole.  Alors Sarko endosse le bleu et file en banlieue, dans cette Saint-Denis si meurtrie par l’abandon de la République.

Mais cette fois, ça ne prend pas. Ça ne peut plus prendre. On sait qui s’occupe de sécurité dans ce pays depuis huit longues années. On sait qui a fait baisser le nombre de policiers effectivement en lutte contre l’insécurité dans nos cités. Ce n’est pas moi qui le dis. C’est le respectable organe très droitier Le Figaro qui en a dressé l’amer constat dès lundi. Les agents sur le terrain ont diminué. Et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux frappe durement la police. Les policiers eux-mêmes n’en peuvent plus. A mots de moins en moins couverts ils dénoncent la politique de l’esbroufe et de l’enfumage sécuritaire dont on les a rendus complices à leurs corps défendant.

Plaçons des préfets amis partout

Ce n’est pas l’ancien préfet du 93 débarqué après 15 mois de mission qui me démentirait. Avec le département le plus insécurisé du pays, il se retrouve avec moins de flics que le département  des Hauts-de-Seine  par exemple où le taux de délinquance est moindre.

Le fait de le remplacer par un préfet ami n'y changera. Le renfort d'un nouveau sous-préfet,  ex-flic, ex-syndicaliste, ex-tête de liste UMP aux régionales, n'y changera rien non plus. Car les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

La suppression des allocs

Mais Sarkozy l’a promis. Il n’y aura pas de quartier pour les voyous. Refrains dont il nous rebat les oreilles depuis tant d’années. A nouveau il réclame la suppression des allocations familiales aux parents d’enfants absentéistes. Qu’importe si rien ne vient confirmer la thèse insensée qui lie la délinquance des jeunes à l’école buissonnière ! Qu’importe si tous les professionnels de tous bords mettent en garde contre les effets dangereux d’une telle mesure ! Sarko travaille ses fondamentaux. Et quand il est ainsi lancé, il n’y a rien qui puisse l’arrêter.


En attendant, dans nos communes et nos quartiers nous pouvons continuer à nous en prendre à nos maires et à leurs adjoints. Nos édiles désarmés doivent continuer à ponctionner leurs administrés pour payer très chers leurs polices municipales quand l’Etat paye la police nationale à garder les palais nationaux.

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