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Publié par GOMEZ FELICIANO

Selon un écho de la presse,  le président récemment battu aux élections aurait eu ce conseil à l’endroit de son fils qui envisageait de se présenter dans l’ancienne circonscription de son père : « les Sarkozy doivent se faire oublier ».

Cet accès soudain de prudence et de sagesse chez le vacancier de Marrakech est assez exceptionnel pour qu’on puisse, au-delà du fils, adresser  la même recommandation à bien d’autres à droite.

Je pense tout particulièrement aux deux anciennes gloires de la Sarkozie qui viennent confronter leurs égos dans la deuxième circonscription des Hauts de seine. Oui, à Asnières-Colombes sud, les sarkozistes devraient se faire oublier, surtout ces sarkozistes-là.


Un sortant sans bilan

Le député sortant, n’a jamais renié son appartenance sarkosphérique. Il fut même présenté comme Sarko boy au temps de la gloire du gourou déchu.

Celui qui théorisait pour son mentor les élections à enjeu par segmentation de l’électorat, afin de caresser les communautarismes dans le sens du poil, ne pipa mot quand pendant l’élection présidentielle, musulmans et immigrés devinrent la cible principale de son champion.Il resta de marbre quand la grande majorité de ses mandants regardaient avec horreur la course à l’extrême de la campagne présidentielle.

L’Asniérois et le Colombien sont  un citoyen modéré. Il le sait.  Il se représente à leur suffrage pour demander la reconduction d’un mandat dont on se demande encore ce qu’il a bien pu en faire. Que ce mandat lui ait servi à quelque chose, sans doute ; puisqu’il en redemande. Mais que ce mandat qui s’achève ait servi en quoi que ce soit la vie et les intérêts des asniérois, la preuve est loin d’en être faite. Son bilan législatif ne plaide donc pas pour lui. Et apparemment, il n’a pas l’intention d’en faire un argument de campagne.

Mais nous, Asniérois et Colombiens, notre intérêt est la rénovation des pratiques politiques. Et cela  exige que nous passions à autre chose. La population asniéroise à tout intérêt à fermer définitivement la page politique de ce monsieur en lui retirant son mandat parlementaire. Voici le moment de parachever ce qui a été courageusement commencé en 2008 et toujours continué un peu plus avant lors de toutes les dernières élections.

Plus rien ne tient autour de celui qui nous demande de lui renouveler son mandat. Après les défections successives des élus de poids de son groupe d’opposition au conseil municipal, il doit faire face, lors de ces élections législatives, à un ancien de sa majorité ainsi qu’à son ancien directeur de cabinet. Sans compter la concurrence de la conseillère municipale de Colombes qui se présente avec le poids du président UMP du conseil général. C’est dire à quel point l’homme fait l’unanimité dans son camp… contre lui.

Quand ni votre bilan, ni votre personne ne font autorité, il est sans doute temps de se faire oublier quand on n’a pas le courage de passer à autre chose.

 

Une prétendante avec sa seule ambition pour projet

Se faire oublier, c’est sans doute ce qu’aurait dû  faire sa principale rivale de droite. L’ancienne égérie de la sarkozie triomphante, celle qui avait vocation de symbole avant de se muer en caricature d’ambition, celle qui se rêvait rebelle mais ne trouva jamais une ligne directrice à ses oukases successives et parfois contradictoires, celle qui a tant changé de chapelles qu’on ne sait plus où elle habite (n’y voyez aucune allusion aux basses polémiques sur sa domiciliation), cette femme prétendument prometteuse qui se prépare néanmoins au destin peu enviable d’icône de la plus grande déception politique à l’instar des jeunes giscardiens des eighties, Madame l’ancienne ministre eût été plus inspirée de s’offrir un éloignement provisoire, ces années de repli par quoi les grands destins se construisent et se consolident dans le secret des rencontres quotidiennes, loin des micros, des caméras, des plateaux télés.

La présomption au mépris de la réalité, même abusivement déguisée en courage dans une communication surfaite, n’est pas la meilleure alliée d’une ambition politique qui n’a pas encore fait la preuve de sa légitimité.


L’un devait se faire oublier pour un passé et un bilan politiques qui plaident contre lui. L’autre le devait pour ne pas hypothéquer un avenir qui eût pu lui tendre les bras. Ils ont choisi l’un et l’autre de se faire botter le postérieur. Ils seront servis.

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