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  • : Le blog de GOMEZ FELICIANO
  • : politique sarkozy municipales citoyenneté gouvernement Politique
  • : Je m'appelle Féliciano Gomez. Engagé depuis toujours, allergique aux injustices et aux mensonges. Depuis 2008, maire adjoint d'Asnières, délégué aux quartiers des Hauts d'Asnières, à la politique de la ville et à la lutte contre les discriminations. Je vous propose ici, avec humour souvent et justesse toujours, les humeurs et réflexions d'un citoyen d'Asnières et d'un militant politique et associatif.
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asnières

Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 23:39

Le landernau politique d’Asnières a l’art de s’agiter pour pas grand-chose. De quoi est-il question depuis quelques  jours dans le microcosme ? De la mauvaise querelle de préséance entre Rama Yade et le député sortant (et presque sorti) de la circonscription. Deux ex zélateurs de la Sarkozy triomphante qui au crépuscule de leur gourou, ont choisi la deuxième circonscription des Hauts de seine pour panser les blessures de leurs infortunes politiques. Combien je vous parie que les bonnes gens d’Asnières et de Colombes s’en contrefoutent ? Sérieusement, quel esprit sensé peut accorder une seule once d’intérêt à cette querelle burlesque dont le ridicule devient chaque jour plus évident et l’inanité de plus en plus accablante.

Je m’excuse par avance de mêler ma plume à cette pantalonnade où s’étale ce qui de manière obvie ne relève plus guère de la noblesse politique où les ambitions individuelles tirent leur légitimité du souci du bien commun qu’elles portent. Nous sommes ici en présence de luttes individualistes, voire égotistes, de survie politique. Ce combat pour survivre, cette bataille à mort dont on nous impose le spectacle quasi quotidien depuis quelques jours n’est pas seulement lassant. Il est dégradant pour la démocratie, il est injurieux pour le personnel politique dans son ensemble. C’est donc au nom de la défense de la démocratie et d’une certaine conception de la vie publique que je m’autorise, malgré moi, à me prononcer sur cette nouvelle péripétie de la vie politique asniéroise.

Asnières mérite mieux que cette nouvelle illustration locale de la médiocratie que l’UMP et son gourou ont élevée au plan national en art de gouvernement. L’égocrate qui règne à l’Elysée a donné le ton. La noble et chevaleresque bataille politique a disparu pour laisser place aux trahisons successives, aux coups fourrés où seuls comptent la ruse et les rapports de force. Quand les muscles deviennent les seules armes du combat politique, quand congé est donné à l’intelligence, quand tout sens de la mesure s’estompe et que l’obscénité des postures individuelles échappent jusqu’à leurs tenants, oui, il y a de quoi désespérer le peuple. Il y a de quoi dégouter de la politique. Il ya de quoi éloigner les électeurs des urnes. Il y a de quoi compliquer notre tâche de parents et d’éducateurs dans l’élévation citoyenne de nos enfants.

Dans la période que nous traversons, l’impuissance que la crise économique et financière impose à l’action politique doit nous interroger sur le sens de notre agir et plus encore sur notre raison d’être même. La difficulté que nous éprouvons à trouver une issue durable et crédible aux maux qui accablent nos peuples nous convoque à plus de circonspection dans notre goût immodéré pour le spectacle et le vain bruit. Et quand on a été les fidèles soutiens et collaborateurs d’un pouvoir dont les erreurs stratégiques, les hasards de gestion et l’amateurisme ont fini de mettre à genou notre pays, on a au moins la décence de ne pas la ramener.

Je suis homme d’espérance et compte sur ce qui reste d’honneur aux protagonistes de ce théâtre de boulevard pour ne pas faire de notre circonscription et de ses habitants la risée de la Nation toute entière. J’exige le respect qui est dû aux habitants d’Asnières et de Colombes et quémande un peu de pudeur faute d’honneur.

Quant à mes amis d'Asnières et de Colombes, je leur conseille de se tenir à une distance raisonnable de cette médiocrité. A laisser dire qu'il y aurait alliance de fait entre eux et l'un des partis contre l'autre, ou pire, si la population venait à croire que nous nourrissons quelque espoir en cette médiocre querelle, nous serions malgré nous partie prenante de l'affaissement moral aux sources de ce vil combat.

Nous nous apprêtons à fermer la parenthèse sarkoziste, bien décidés à mettre tout en œuvre pour remettre la France dans le bon sens de la marche, afin que ces cinq dernières années retrouvent leur juste dimension dans l’histoire de notre Nation : celle d’une péripétie et rien de plus. Ce combat et lui seul devrait nous occuper. Nous en avons reçu mission de millions de Français au soir du 16 octobre dernier.

Les chamailleries entre deux seconds couteaux sur le déclin sont d’une absolue vanité au regard de ce devoir que nous a imposé le peuple de gauche.

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : asnières
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 10:13

La chronique du non sens

La barbarie dont a été victime un conducteur de bus il y a quelques jours a nourri les gorges chaudes d'une élue asniéroise qui a fait de son blog un écho braillard en même temps qu'un miroir déformant des faits divers locaux. Avec un appétit avoué pour les « trains-qui-n'arrivent-pas-à-l'heure » dans les Hauts d'Asnières, sa chronique de cette agression n'a pas hésité à ramener à Asnières des faits qui se sont déroulés à Gennevilliers. Le tollé suscité par cette manipulation de l'information ne l'a pas découragée outre mesure. Puisque, dans un article qui passera à la postérité comme chef d'oeuvre de mauvaise foi, madame, avec carte et trajet calculé de la RATP à l'appui, nous a « prouvé » que, les faits s'étant produits à trois minutes d'Asnières, les élus de la majorité asniéroise en sont forcément solidaires. Pourquoi pas. Si mon catéchisme m'apprend que je suis solidaire du péché d'Adam, un péché de plus ou un de moins... Pendant qu'on y est. Puisque l'Allemange est voisine de la France, ne sommes-nous pas coupables des crimes d'Hitler ? Une petite question : si sur mon palier, mon voisin bat sa femme ou ses enfants, suis-je coupable de ce crime aussi, vu qu'il est à deux secondes de chez moi ? Risible !

 

La bataille du sens...

 Depuis lundi, les bus ont repris leur chemin habituel. Les habitants des quartiers touchés par la suspension du trafic ont pris leur mal en patience, compréhensifs et solidaires du désarroi des agents du service public.

A Gennevilliers, ils ont accueillis ces agents, discuté avec eux, manifesté leur volonté de faire ce qui est en leur pouvoir pour faire reculer ces comportements insensés et criminels. Elus Gennevillois, agents de préventions de la RATP, police, tous se sont mis ensemble pour ne pas céder au désespoir imposé à toute une population par une bande d'abrutis.

 

En revoyant les bus repasser sous ma fenêtre, je n'ai pu m'empêcher de penser à l'esprit chagrin de la chroniqueuse qui depuis son beau quartier n'a pas trouvé le temps ni la force de pianoter sur son clavier d'ordinateur quelques mots d'encouragements aux agents de la RATP, pour louer leur sens du service public, pour communier au soulagement et à la reconnaissance des populations de ces quartiers, pour saluer l'espérance jamais éteinte de toutes ces femmes et de tous ces hommes que le quotidien n'épargne pourtant pas.

 

… et de l'espérance

L'élu que je suis, quelles que soient mes impuissances, mes découragements parfois, mes incompréhensions souvent et mon désarroi devant la déstructuration mentale et sociale de certains de nos enfants, sait trouver un socle solide à l'action dans la ténacité et l'entêtement de mes concitoyens à ne jamais céder au chantage de ceux qui veulent faire de leur vie un enfer ni aux compassions hypocrites de ceux qui veulent de leur malheur faire leur fromage.

 

Gennevilliers et Asnières continuent de travailler de conserve pour relever le défi du vivre ensemble dans nos quartiers fragilisés par le recul de l'Etat et dix années d'échec de la politique sécuritaire de Sarkozy. Nous ne renoncerons pas à nos droits et aspirations légitimes à vivre en paix sur un territoire prospère. Avec patience et détermination, avec le temps et le courage, avec espérance et sans rien nier de nos difficultés, nous avançons. Et les mois à venir le prouveront.

 

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : asnières
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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 17:24

Ni vaine polémique, ni tempête dans un verre d'eau, ni jouer avec les mots, les propos de Mme Aeschlimann que mon collègue Bérard de Malavas et moi avons dénoncés, relèvent, à mon avis, d'un dénigrement des populations et rien d'autre.

La défense opposée par M. Aeschlimann à notre lettre ouverte (le texte est ici), est risible. Il n'a pas dû assister à la même séance du conseil municipale que nous. Ou alors il a oublié ce qui s'y est dit, y compris ce qu'il a affirmé lui-même.

Sa réponse au journaliste du "Parisien" (voir l'article ici) n'est rien moins qu'une esquive, une pirouette, pour ne pas assumer le mépris proféré pas son épouse et dont il se fait ainsi complice.

Non, madame ne parlait pas de poches d'insalubrités. Les problèmes de saturnisme existent dans notre ville, certes, mais monsieur n'a pas dû consulter récemment les données du problème de l'habitat indigne et dégradé, de l'occurrence du saturnisme sur le territoire de la ville. Car ce ne n’est pas le quartier des Hauts d’Asnières, en pleine rénovation urbaine, qui est le plus concerné.

Non, trois fois non, personne, à part monsieur Aeschlimann n’a compris que Madame Aeschlimann voulait nous parler de saturnisme et de salubrité de la voirie.

La preuve que madame ne parlait pas propreté et saturnisme ? C’est que, dans la zone qu’elle qualifie de « structurellement pathogène », elle inclut les quartiers du Fossé Jean à Colombes et celui du Luth à Gennevilliers. Quelle connaissance épidémiologique a-t-elle de ces deux quartiers extérieurs à notre ville, quelle étude lui aurait permi d'affirmer un taux de prévalence de maladies graves supérieur à d'autres quartiers ?

La preuve que madame ne parlait pas propreté et satrurnisme ? C'est elle même qui lie la pathogénie supposée de ces quartiers à l'insécurité.

La preuve que madame ne parlait pas propreté et saturnisme ? Pourquoi n’a-t-elle pas alors précisé en directe ces propos dans ce sens lorsque le maire l’a vivement reprise lors du conseil en lui reprochant explicitement d’avoir méprisé le quartier et ses habitants ?

C’est le silence de madame après le rappel à l’ordre du maire et son long silence de l’été, où l’on sait pourtant que madame a été très active sur son blog, qui nous a décidés, M. Bérard de Malavas et moi, à réclamer en cette rentrée des excuses pour les habitants. C’est bien le moins.

Apparemment les habitants des Hauts d’Asnières peuvent toujours allez se faire … soigner.

Monsieur peut jouer des mots et abuser des manoeuvres dilatoires. Personne ne s'y trompera. La vérité de ce qui s'est dit est ici.  Mépris des habitants ou préoccupation de leur santé ? Vous en jugerez vous même.

 

 

 

 

 

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : asnières
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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 13:41

Ceux qui ont lu le "Parisien" du 7 septembre ont pu croire que mon collègue Bérard de Malavas et moi, tentons de faire mousser la piscine avec un gramme de savon. Vous pourrez vous assurer vous-même de la teneur des propos que les deux mois d'été ne nous ont pas permis de digérer.

 Avant de patir en vacances, l'opposition municipale nous a gratifiés de quelques sorties d'anthologie qu'il est bon de rappeler en cette rentrée. Mon espérance est qu'elle n'aille pas plus bas. Mais qui sait....

Le conseil municipal du 7 juillet avait comme sujet principal l'approbation du schéma directeur de l'intercommunalité établi par le préfet. Autrement dit, comment met-on des populations ensemble autour d'un développement territorial économiquement, socialement et culturellement cohérent ?

Vous jugerez par vous-mêmes si les propos ici rapportés y concourent d'une quelconque manière.

 

La Pathologiste

Nous avons appris de Mme Aeschlimann, lors de ce conseil, que Le Fossé Jean à Colombes, le Luth à Gennevillier et les Hauts d'Asnières à Asnières étaient « un territoire structurellement pathogène ». Visionnez vous même le conseil municipal, c'est autour de l'heure 2:30 du conseil sur le site de la ville.

Sinon, voici pour vous l'extrait.

 

 

Le Petit Larousse, un ami toujours proche, nous renseigne sur la pathogénie : est pathogène ce qui provoque ou peut provoquer une, voire des maladies. Ce que confirme Le Petit Robert, un autre de mes meilleurs amis. Madame n'a pas eu l'obligeance de nous renseigner sur les maladies que génère ce territoire, ni sur les agents pathogènes qui en sont les vecteurs. Elle a parlé d'insécurité. Mais si c'est là une maladie, nous n'avons pas entendu notre "infimière" proposer un quelconque remède.

Notre "Pathologiste"  parle néanmoins d'expérience. Elle a beaucoup souffert (étymologiquement, l'origine grecque du mot pathogène, pathos gennein, veut dire générer de la souffrance) lors de ses dernières aventures électorales dans la jungle urbaine des Hauts d'Asnières. Elle s'est penchée avec beaucoup de minutie sur cette nouvelle maladie par elle contractée, cause, à n'en pas douter, d'une grande souffrance tout à fait compréhensible, et qui a pour nom échec à répétition. Mais au lieu de chercher les causes profondes de ces gamelles successives dans ses propres insuffisances, notre "experte bactériologue" croit savoir que de si cuisantes défaites ne peuvent être dues qu'à une cause extérieure, quelque malfaisante bactérie qui sévirait dans ce coin d'Asnières et ferait se raréfier chaque année un peu plus les voix qui se portent sur son nom, élection après élection.

Oui il y a dans ces Hauts d'Asnières quelque chose qui cause de la souffrance à Mme Aeschlimann. Oui, ce quartier est sans doute générateur de souffrance pour une certaine catégorie de politiciens pour qui le bien du quartier passe après l'utilisation intéressée qu'ils peuvent faire de ses fragilités.

Ce mépris affiché pour des milliers d'habitants, cette insulte qui nous est faite comme quoi notre quartier est structurellement constitué pour générer des maux de toute sorte, ne restera pas sans conséquence.

Même si, Madame, nous sommes convaincus que votre diagnostic est faux et que le microscope où vous avez cru déceler nos virus et microbes n'est qu’œillère et courte vue, nous ne manquerons pas, aux prochaines échéances électorales, de vous payer le juste prix de votre consultation.

 

Le criminologue

Un peu plus tard, c'est Me Aeschlimann qui poussera l'analyse un peu plus loin en qualifiant le Luth de quartier « criminogène ». C'est autour de l'heure 3:15 du conseil municipal.

Sinon retrouver la séquence ici.

 

A toutes fins utiles, quelqu'un pourra-t-il vérifier si le quartier du Luth est vraiment le quartier le plus criminogène d'Île de France ? Monsieur ne s'embarasse point de ces détails ni de l'opprobe qu'il jette sur des milliers de Français. D'ailleurs un peu plus tard, le champ de comparaison ne sera plus l'Ile de France mais seulement les Hauts de Seine.(Extrait ci-dessous)

Au passage, à l'occasion de l'une des nombreuses leçons de démocratie que M. Aeschlimann ne cesse de nous donner en conseil municipal, il laissera entendre que la démocratie n'existerait pas dans les villes à municipalité majoritairement communiste.

C'est ici.

 

 

 à croire que les élus communistes de ces villes ont été installés, non par des choix démocratiques des électeurs, mais par les chars soviétiques annoncés il y a trente ans. Me Aeschlimann n'a viviblement pas mis à jour son logiciel politique.


Mais au-delà, c'est cette manière de stigmatiser des populations entières qui est condamnable, cette manie de montrer du doigt un quartier sans tenir compte des difficultés qu'on ajoute ainsi aux nombreuses injustices qu'il endure déjà, et cela par un député de la Nation.

Quel candidat à un emploi ne se retrouverait pas ainsi désavantagé du fait d'habiter un quartier réputé criminogène, estampillé lui-même par voie de conséquence criminel putatif ou à tout le moins potentiel ? Quel employeur osera s'établir dans un quartier désigné comme criminogène par un député du département au moment où Gennevilliers et Asnières imaginent ensemble le devenir de ce secteur par des projets de développement économique importants, avec des milliers de mètres carrés de bureaux et d'activités tout en essayant d'y attirer des populations nouvelles pour une plus grande mixité sociale ?

Au lendemain de la démolition des Gentianes, dont Monsieur a voulu réclamer l'unique paternité dans un tract qui a beaucoup fait rire dans mon quartier, n'est-ce pas là une manière de doucher l'ardeur des habitants accourus de toute part assister à l'acte inaugural de leurs nouvelles espérances ?  

 

Oui, de telles déclarations ne pourraient-elles pas se lire comme une véritable entreprise de sape, une volonté délibérée de nuire? Je n'ose le croire.

En tous les cas, si monsieur le député et madame la coneillère régionale ignorent les conséquences possibles de leurs propos, il faudra songer en temps utile à leur rendre la monnaie de leur pièce : leur retirer leurs mandats quand ils nous demanderont de les leur renouveler.

 

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : asnières
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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 19:33

Dignité

hommage à samyCe devait être un hommage à Samy et un soutien à sa famille. Et ce fut un hommage criant de retenu et de silence, et ce fut un soutien massif et expressif. La foule nombreuse et respectueuse de la douleur de la famille semblait profondément marquée par ce drame, meurtrie et touchée en son âme. Une communion intime avec la famille éplorée, sans doute.

D’aucuns ne retiendront de cette soirée du 14 mars que les incidents survenus en marge de ce digne rassemblement et qui l’a empêché d’aller à son terme. Tous ceux qui étaient présents auront pu toucher de près l’absurdité des comportements de certains qui ne savent plus, s’ils l’ont jamais su, comment se tenir, distinguer le bien du mal, ce qu’il faut faire et ne pas faire…

Impuissance

Une tragédie nous a frappés, cette tragédie dont je ne peux dégager ma responsabilité, car toute barbare que fut cette atrocité, elle est l’œuvre d’une humanité que je partage avec la victime et son meurtrier. Cette ignominie aurait pu induire un ressaisissement collectif, une prise de conscience, un sursaut par quoi, saisis d’effroi, nous nous disons, cette fois, c’est aller trop loin. Rien de tel dans les comportements de ces gamins qui sont les nôtres, ceux à qui nous sommes sensés passer la main pour faire grandir ce pays, élever d’autres enfants, entretenir l’espoir de ce pays, enrichir sa culture, faire rayonner sa civilisation...

Humilité

Il est des moments où nous devons nous résigner au silence auquel nous contraint l’incompréhension des choses, des situations et des hommes. Il est des circonstances où nous devons accepter l’insignifiance de notre pouvoir et de ce que nous lui attribuons comme puissance d’agir et de changer. L’écart entre la volonté d’agir et l’ignorance de ce qu’il faut faire, l’angoisse devant ce qui peut arriver, décuplée par ce qui est déjà arrivé, le désarroi d’être là devant une indicible inconscience qui étend sa puissance terrifiante, voilà ma fragilité d’élu, une distance de moi à moi, une fêlure, une fissure, un sentiment honteux d’inutilité, une envie pressante d’abandon et de renoncement… C'est cela aussi la vie d'un élu.

Patience et persévérance

Mes ancêtres africains m’ont appris qu’il fallait être humble devant les choses qui nous dépassent. Leur sagesse m’a aussi enseigné qu’il finit toujours pas y avoir dans le marigot quelque chose de plus fort et de plus intelligent que le crocodile pour mettre fin à son règne. Avec humilité, avec patience, nous devrons trouver la force (morale et intellectuelle) et le courage politique pour vaincre cette hydre malfaisante qui maintenant veut se nourrir du sang de nos enfants. L’humilité par quoi nous ne devons renoncer à aucune remise en question de nos certitudes les plus ancrées, le courage par quoi nous ne devons écarter a priori aucune solution raisonnable, fut-elle éloignée de nos croyances ordinaires.

Aucune urgence ne devra nous dicter sa loi. Aucune impatience ne devra hâter nos pas. Aucune échéance ne devra précipiter nos décisions. Un monstre fauche désormais notre jeunesse après avoir fini de bouffer le cerveau d’un bon nombre. Il s'agit de le vaincre. Ici comme en d’autres affaires, la morale de la fable est toujours aussi vraie : patience et longueur de temps feront plus que force ni que rage.

 

Indignité, orgueil, impatience et persévérance en tout ceci

 Et la rage, je l’ai lue ce matin, baveuse et écumante, sur votre blog, monsieur notre député. Vous savez que j’aurais largement préféré ne pas écrire les lignes qui suivent. Et pourtant le devoir me l’impose, quand bien même l’imposture serait flagrante.

Qu’est-ce qui vous a pris ? Quelle mouche vous a piqué ? Quelle impérieuse nécessité a aboli votre jugement au point d’oser ce verbiage insensé !

Avez-vous remarqué que dans votre prose délirante jamais ne fut cité le prénom du gamin décédé, ce gosse de 15 ans devenu notre enfant à tous, le frère de chacun de nos enfants, cette affection posthume qui a uni tout Asnières derrière Samy ? Samy n’est encore pour vous que le « jeune de 15 ans tué samedi dernier à Asnières ». Un anonyme. Et ce sera tout pour la maigre aumône de compassion que vous avez consentie à sa mémoire. Comment avez-vous pu vous extraire de cette communion, de cette empathie ? Tristesse !

Vous aviez d’autres comptes à régler, la même haine recuite depuis tant d’années ! Lassitude ! 

Vous nous annonciez dès hier que le moment viendra de désigner les responsables. Vous n’en pouviez plus d’attendre. Une larme de crocodile sur la dépouille de Samy et vous voilà procureur, l’index pointé vers votre cauchemar : le coupable c’est Piétrasanta. Ridicule !

Et vous ne craignez guère de vous décrire en héros, Moïse en son désert, conduisant les foules vers le pays paisible où ruissellent le miel et le lait, De Gaule en carton pate rêvant de grand dessein, le messie attendu par le peuple : « Quant à moi, je demeurais longtemps sur place, le temps d’être abordé par des centaines d’habitants me demandant gentiment de revenir mettre de l’ordre dans la maison. » Pathétique !

Beaucoup fut fait hier, en vain, pour insulter la mort de Samy : des jeunes effrontés qui voulaient s’en prendre au recueillement, des bandes rivales qui cherchaient à s’affronter. Mais, différez-vous fondamentalement d’eux, vous qui, à lire votre littérature, sembliez être là vous aussi pour en découdre avec celui qui vous a succédé ? De ne jamais appeler ce gamin par son prénom n'est-il pas révélateur des intentions réelles qui ont conduit vos  pas à la place Le Vau?

Faire de la terre encore humide du sang de Samy, le dojo d'une joute électoraliste ! Tragique !

 

Puisse Samy, de son ciel, avoir pitié de nous.



Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : asnières
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