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Sarkozy

Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /2010 22:31

Je ne sais par quel miracle je suis parvenu  à retenir mon marteau le soir et au lendemain du premier tour. Sans doute le scrupule d’une conscience chatouilleuse, soucieuse de ne point tirer sur une ambulance. J’ai supporté la lourde langue de bois des pontes de l’UMP, récitant machinalement les éléments de langage délirants distribués à l’Elysée. J’ai subi stoïquement les mensonges et falsifications de Xavier Bertrand, essayant plus de se convaincre lui-même de ses boniments que d’en faire la démonstration devant le peuple. J’ai fermé les yeux quand ils déniaient leur défaite.

Un Mouvement en Perdition

L’UMP, devenue le temps d’une élection Une Machine à Perdre, a emporté dans sa débâcle l’espoir déçu de tous ceux qui un jour se sont laissés prendre aux boniments du camelot de Neuilly. J’ai béni le ciel pour ce réveil de la France des petits. Face à cette autre bonne et grande nouvelle de ce premier tour, j’ai fait le choix de considérer comme superfétatoires toutes les gesticulations désordonnées du camp présidentiel en pleine panique. Le peuple les a abandonnés. Je pensais raccrocher définitivement mon marteau.

Le peuple se réveillee

J’y ai vraiment songé même si ce dur réveil à la réalité menace aujourd’hui la démocratie républicaine entière, tant le torrent de déshonneur qu’est devenu le sarkozisme fait courir un risque sérieux de désaveu de toute la classe politique. La forte abstention en est une manifestation éloquente. Oui, ceux qui, un jour ont cru Sarkozy, doutent aujourd’hui de la politique et sont à deux doigts de perdre complètement la foi en la capacité de l’action publique à changer leur vie. Le néant du sarkozisme menace de ruine l’édifice démocratique.

Fallait-il encore taper sur le nain ? Le sarkozisme est un rien et Sarkozy est moins encore. Le peuple le découvre enfin. Il n’y avait plus d’utilité, du moins le pensais-je, à ce que je trépigne sur mon marteau pour frapper encore et encore sur un clou rouillé.

Mais le sarkozisme même à terre veut encore bouger.

Le sarkozisme blackboulé par les électeurs ne veut pas s’avouer vaincu. Le président groggy veut encore donner le change. L’illusionniste, KO debout, fait mine de pouvoir encore combattre par la magie de son verbe et les moulinettes de ses petits bras. Le voilà donc dans son rôle favori : vautour volant bas au-dessus de la tombe d’un policier mort, il entend tirer de ce cadavre à peine refroidi des avantages électoraux sensés revenir de droit à la droite quand on évoque les questions de sécurité. Et puisqu’une telle entreprise charognarde ne saurait se contenter d’un seul cadavre, voilà que notre premier ministre, décrit jusqu’ici comme une être raisonnable, choisit d’envoyer lui-même de vie à trépas un autre flic que les médecins viennent d’arracher à Hadès. La débandade est partout au sommet de l’Etat. Et Fillon en est à draguer grossièrement l’électeur du Front National en le prenant par ses bas instincts.

Restons vigilants

J’ai alors repris mon marteau car les mois et les deux années de fin de règne du sarkozisme sont une menace pour notre pays. Leur désarroi et leur parti pris de déni de la réalité me rappellent à la vigilance. Veilleur je reprends le guet. Dans ma guérite je reprends mon arme de prédilection : mon marteau.

Ne nous abstenons pas

A chacun des abstentionnistes du premier tour je dis que renoncer aujourd’hui c’est ratifier à tout jamais la victoire de l’imposture. En amplifiant au contraire la défaite du sarkozisme lors du deuxième tour, vous ferez entendre à tous les hommes politiques de partout en France que plus jamais vous ne vous laisserez plus abuser par qui que soit.

Aujourd’hui des hommes et des femmes venus d’horizon divers se sont entendus pour offrir une solution nouvelle. Les socialistes, les Ecologistes, le Front de Gauche et des personnalités de la société civile, par forcément de gauche d’ailleurs, tous ont décidé de faire le pari de l’intelligence en s’accordant par le haut pour les intérêts supérieurs de nos régions. Cette possibilité nouvelle de majorité devra faire entendre par votre vote massif l’exigence de ce que vous en attendez : la vérité et l’efficacité de l’action.

Le rassemblement de la gauche et des écologistes est notre arme. Appuyons sur le détonateur de la démocratie.

Nous avons battu Sarkozy au premier tour. Voici venu l’heure de le vaincre.

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : Sarkozy
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 10:57

Mon abstinence quadragésimale n’aura pas duré. In petto, je  me promettais de lever la main, de ne point frapper sur notre petit Nicolas. L’espérance folle qu’à la fin du jeûne, mes prières aidant, et aussi celles des chrétiens de par la France entière, notre bondissant chef d’Etat accueillerait quelque grâce de conversion, abandonnant la malice pour la pure intelligence, délaissant la tactique politicienne pour des stratégies politiques et économiques de haute volée… Mais ce diable de bonhomme à de quoi ôter la foi même à un saint.

 

Le président ne fait pas campagne

C’est du moins ce qu’il nous a affirmé. Après sa visite en Corse, aux Antilles et à la Guyane, force est de reconnaître qu’il en fait quand même. Sauf que là c’est des millions de nos deniers publics qui sont utilisés pour aller soutenir les candidats UMP locaux. On trouvera certes des Français, de bonne foi, pour nous affirmer qu’il n’y a aucun mal à ce que le président de la République visite ainsi nos contrées exotiques y compris par temps de campagne électorale. Mais Marie-Luce Panchard, la très éclairée ministre de l’Outre-Mer, avait déjà vendu la mèche avant l’arrivée du président. Oui, le président est en campagne mais il ne fallait pas le dire.

 

Le président est en exil diplomatique

Le Gabon et le Rwanda. Voilà les destinations choisies par notre promoteur international de la démocratie et des droits de l’homme. Le savant ethnologue et historien de génie qui affirmait il y a peu que l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire n’ignore cependant pas l’histoire récente de ces deux destinations tropicales.

On comprend son intérêt pour le Gabon. Là-bas il y a une école où on apprend aux fils à prendre la place de leur papa président via des élections truquées et sous les acclamations d’une minorité étouffant le cri et les pleurs d’un peuple aux abois. Sans doute le prince Jean, malheureusement  retenu par des partielles à la fac ou par les couches à changer, aurait-il aimé faire partie de la virée paternelle. Il avait tellement à apprendre d’Ali Bongo Fils de !

Quant aux hypocrites émotions des retrouvailles rwandaises, sans faire injure à la douloureuse mémoire du génocide ayant frappé ce peuple, il n’est pas inutile de rappeler que le maître actuel de Kigali n’est pas ce qu’on citerait en exemple de démocrate. Paul Kagamé règne sans partage sur le Rwanda avec une opposition muselée. La francophonie y est programmée pour disparaître au profit de l’anglais. Rien dans les faits ni dans les volontés de Paul Kagamé ne porte l’espérance de la réconciliation annoncée par le chef de l’Etat.

Mais il n’a échappé à personne que ces deux pays sont ceux où notre ministre des affaires a encore quelque influence, tantôt comme affairiste ami des Bongo, tantôt comme humanitaire larmoyant soutien des rebelles Tutsi de Kagamé.

Ainsi va la diplomatie de bas étage qu’on essaie de nous vendre comme la fin de la Françafrique.

 

Libreville-Kigali via Bamako: un voyage de ouf

Si vous êtes peu au fait de la géographie africaine et qu’un tour opérateur vous propose un tel circuit, écoutez mon conseil et ne montez pas dans son zinc. Aller de Libreville (Gabon) à Kigali (Rwanda) en passant par Bamako (Mali) c’est comme si vous alliez de Paris à Budapest en passant par les Iles Féroé.

Mais rien n’arrête notre président voyageur. Le passage par Bamako s’impose car il y a là-bas une superbe photo à faire. L’otage français retenu depuis des mois dans le Sahara malien vient d’être libéré. Et Sarkozy qu’on croyait revenu de cette lubie des coups médiatiques foireux n’a pas pu résister. Le pauvre homme à peine libéré avait sans doute besoin de repos et de soin.

Sarkozy et Ali Bongo Qu’importe. Le petit homme en capilotade dans les sondages a besoin lui d’images choc. Le petit Bongo n’est pas aussi photogénique que son vieux père décédé. Et ces femmes en transe sur commande à l’aéroport, avec des photos de Sarko bondissant sur leurs poitrines au rythme des danses agitant leurs seins, ce n’est pas le genre de cinéma qui fait bonne sensation de ce côté-ci de la démocratie moderne. 

sarkozy et kagméIl y aurait certes des photos superbes dans les collines verdoyantes du Rwanda. Mais avec le grand et longiligne Kagamé sur le papier glacé, notre grand homme à nous ferait figure de pygmée. Forcément, quand on vient du Gabon, on a beau être blanc… les gens pensent des choses quand on est petit.

Forcé à un exil volontaire par une campagne catastrophique et une défaite programmée, errant entre deux capitales peu riantes, Bamako était devenue un rêve. Peu importe la fatigue du détour, la multiplication par quatre au moins du périple initial, le surcoût énorme généré. Le président voulait sa belle photo. Avouez que ça fait cher le cliché. Vous ne pouvez pas imaginer le bilan carbone de cette photo. Enorme! Sarkozy et Pierre Camatte

Sans compter le désagrément de ce pauvre monsieur Camatte libéré des mains fanatiques des fous de Dieu pour tomber dans les bras fous d’un fanatique des courbes de popularité ! Lui qui là-bas dans l’ombre essayait d’apporter aide et secours aux maliens à qui Sarkozy et les siens n’ont jamais cessé de donner la chasse ici en France.

Sans doute que cette soudaine envie de Bamako de notre nouvel ami de l’Afrique servira prochainement d’argument publicitaire dans les futurs charters affrétés par M. Besson pour la même destination.

 

J’apprends que le président de la République a convoqué à l’Elysée Mme Péccresse et ses têtes de liste départementales. Puisqu’on vous dit que le président ne fait pas campagne !

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : Sarkozy
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 07:31

De quoi Sarkozy est-il le nom ? De la chienlit !

De la chienlit quand deux ministres d’un même gouvernement, Hortefeux et Alliot-Marie, s’enguirlandent sur la place publique. La faute au chef d’équipe qui, à force de vouloir tout faire tout seul, en vient à contraindre ses ministres à ne plus savoir ce qu’ils font. La France ne vaut-elle pas mieux que Hortefeux et Aliot-Marie ?

 

De quoi Sarkozy est-il le nom ? De l’imposture !

Imposture d’un débat idiot confié à un ministre servile qui a donné congé à son intelligence pour se compromettre dans une vile manœuvre électoraliste, dont le résultat est déjà une catastrophe nationale. Tout ce que la France a produit d’intelligence ces dernières années en a appelé à la raison du chef de l’Etat pour que cesse cette pantomime. L’orgueil du chef de clan a définitivement pris le pas sur l’humilité du premier serviteur de la Nation. Comment a-t-il pu croire que nous, Français, croirions un seul instant à la noblesse de cette mascarade ? Ce débat était une injure faite à la Nation. Le moment venu nous réclamerons des comptes.

 

De quoi Sarkozy est-il le nom ? De la reculade !

Reculade du chef de l’Etat qui a été le véritable ordonnateur de ce débat nauséabond. Il devait le conclure dans un de ces grands raouts qu’il affectionne, avec fanfares et trompettes sous les objectifs enamourés des médias amis. Pernault, Chabot, Elkabach, Paris Match, Le Figaro… ils étaient tous prêts à entonner le chant de la victoire ; ils vocalisaient déjà avec trémolos et nœuds d’émotion dans la gorge. Ils avaient révisé la marseillaise. Mais Sarko, queue basse et toute honte bue, a courageusement envoyé Fillon éteindre le feu dans ce rôle de pompier qui lui est désormais dévolu. Hélas ! Même Fillon ne pourra rien sauver. Il y eut constat de décès et décision fut prise de procéder à un enterrement sans fleurs ni couronne. Une humiliation pour le président et son ministre dont nous espérons qu’elle ne rejaillira pas sur le pays.

 

De quoi Sarkozy est-il le nom ? De rien !

Rien qui marche dans ce pays dont le génie n’est plus à démontrer. Les chaussures à gland de notre hyper-président se sont transformées en une paire de bottes de plomb remplies d’eau fétide qui fait flop à chaque pas.

Flop ! La calamiteuse tentative de parachutage du fiston au sommet de La Défense.

Flop ! L’invitation généreuse de TF1 dans une émission taillée sur mesure et que la maison Bouygues rallongea complaisamment d’une heure. Il ne s’est rien passé dans cette émission.

Flop ! Le débat sur l’identité nationale !

Sans compter toutes les mesures sensées ramener la croissance, le pouvoir d’achat, la sécurité… Tu parles !

Et l’on dit que ce type va bientôt s’occuper de nos retraites ! et déjà on nous survend cette velléitaire entreprise comme un courage politique tel qu’il ne s’est encore jamais vu sous nos cieux ! Et déjà notre téméraire président montre du muscle ! Et tout le monde d’oublier que notre don Quichotte national ne s’attaque aux moulins que pour faire du vent ! Rien sinon du vent !

 

De quoi Sarkozy est-il le nom ? De rien ? Ou de pire encore ? Peut-être n’est-ce déjà plus un nom ? N’est-il pas déjà une injure en attendant de devenir un gros mot, de ceux que nous ne pouvons prononcer sans souiller nos lèvres ?

 

Et on l’annonce en Haïti. Rien ne sera donc épargné à ce peuple !

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : Sarkozy
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 23:14

Aujourd'hui ce n'est pas moi qui tappe sur sarkozy.

Apparemment il  y arrive tout seul sans mon concours. C'est la leçon du jour.

Je l’avais découvert calme sur le plateau de TF1, juste avant de zapper. Trop calme. Il m'a paru perdu, égaré sur ce plateau, terne, consternant même. Il me faisait presque pitié. Méconnaissable et carrément insignifiant en face de Laurence Ferrari, débitant quasi mécaniquement des propos dont j’avais du mal à saisir le sens. Je me suis levé en pensant qu’il a dû forcer sur les cachets de Lexomil.

J’espère simplement qu’il a refait son stock depuis. Car avec le coup de massue que vient de lui administrer la justice dans l’affaire Clearstream, il va lui en falloir des paquets de Lexomil pour passer la nuit.

 

Une défaite, encore une !

Car si de Villepin n’est pas coupable, sentence prononcée par le président lui-même depuis l’étranger, si les juges ne trouvent rien à reprocher au grand argenté, alors cela vaut carrément condamnation pour le petit brun nerveux.

 Il l’a voulu ce procès Sarkozy. Il a dépêché son avocat défendre son intérêt. On sait avec quelle hargne Herzog, le défenseur de la cause de notre Lider Minimo, s’est acharné sur de Villepin pour en faire le cerveau d’un complot d’Etat destiné à contrarier le radieux avenir de notre fils du soleil. Ce verdict est assurément une défaite personnelle du président qui s’est compromis dans une sordide instrumentalisation de la justice à des fins de vengeance personnelle. Un procès en correctionnel où l’on envoya plaider le plus haut magistrat de Paris pour en garantir  l’issue selon le scénario écrit dans les alcôves de l’Elysée.

La justice se rebiffe et préfère dire le droit comme il est de son devoir. Et voici notre grand homme une fois de plus ramener à sa légitime dimension. A lui qui a oublié la grandeur à laquelle l’appelle sa fonction, la justice vient de rappeler la dignité qu’il sied aux institutions de la République. Si Sarko rechigne à être grand, la justice, elle, a refusé de s’abaisser à la hauteur de sa bassesse.

 

Pas encore une victoire pour République

La justice a dit le droit. La vérité est peut-être ailleurs. Et le panache blanc de de Villepin ne m’impressionne pas plus que les tics et les tocs sarkoziens. La pratique politicienne qui a prévalu sous Galouzeau, du temps où il régnait en maître de l’Elysée aux côtés de Chirac, n’a rien de particulièrement glorieux. Et qu’il se pare aujourd’hui de toutes les vertus de la République après avoir servilement collaboré à ce qui était jusqu’à ces temps derniers le règne le plus moralement abject de la 5ème République, cela me fait doucement sourire. Pour que Galouzeau de Villepin, sombre Mazarin des turpitudes chiraquiennes se pose aujourd’hui devant le peuple en redresseur quasiment crédible de la République, voilà qui en dit long sur les profondeurs où le sarkozisme nous a entraînés à notre corps défendant. Oui, le sarkozisme est ainsi : tout paraît grand face à Sarkozy, même de Villepin.

 

Et maintenant que va-t-il faire de son croc de boucher, l’omniprésident ? Se curer les dents avec ? Pourvu que notre Capitaine Crochet, endormi par ses Lexomil, ne s’oublie pas au point de se torcher avec sa main de fer !

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : Sarkozy
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 23:21

Des ministres humiliés !

Un ministre défend bec et ongle ce à quoi il ne croit pas parce que le président selon son bon vouloir a décidé que ce sera ainsi ; le même ministre est obligé de se dédire quelques jours après pour justifier l’exact contraire de ce qu’il avait affirmé et là aussi parce que le président, contraint par les remous de l’opposition et sans doute éclairé par quelques sondages dont il a le secret, a changé d’avis ; cette nouvelle position du président, rappelons-le, était celle défendue initialement par le ministre avant d’avaler son chapeau. Nous sommes en 2010. Vous êtes en France. Et c’est Sarkozy qui nous gouverne.

 

Proglio, le surhomme ami du président !

Pour ceux qui n’ont pas suivi le film, voici la brève histoire de cette nouvelle pantalonnade au plus haut sommet de l’Etat.

Henri Proglio, ami du chef de l’Etat, a été débauché de Véolia, entreprise privée, pour présider aux destinées d’EDF, entreprise publique. On lui garantit son niveau de salaire de chez Véolia, soit 1,6 million d’euros, ce qui par rapport à son prédécesseur fait une belle hausse de 40%, que nous retrouverons un jour ou l’autre sur nos factures. Quand on aime on ne compte pas. Son ami le président a même accepté qu’il garde la présidence du conseil d’administration de Véolia. Et cerise sur le gâteau, cet homme merveilleux devrait toucher 400 mille euros de jetons de présence en tant que président de Véolia. Elle est pas belle la vie ?

 

Le président, ami capricieux du surhomme Proglio !

Et voilà ce que députés de la majorité et ministres n’ont cessé de défendre dans les médias depuis des jours. Tous les hommes et les femmes sensés de ce pays se sont déjà posé les bonnes questions et trouvé la juste réponse à cet objet non identifié de la gouvernance entreprenariale. Tous ont déjà découvert qu’il y a là quelque chose d'inacceptable. Pas nos gouvernants.

EDF est-elle une si petite entreprise qu’on puisse la piloter en continuant à faire joujou avec un autre mastodonte de l’industrie française ?

Proglio est-il un tel génie que piloter deux grandes entreprises à la fois relève pour lui du possible ?

Et s’il est un tel génie, pourquoi Véolia  a laissé partir ce prodige hors norme ?

Et pourquoi Véolia continuerait à lui verser généreusement des centaines de milliers d’euros, juste pour une fonction non exécutive ?

A toutes ces questions, il n’y a aucune réponse qui puisse satisfaire la raison. Tout dans cette histoire n’est que fait du prince qui nous gouverne, un caprice, un enfantillage de plus à mettre au débit du petit maire de Neuilly qui ne se sent plus de jouer dans la cour des grands.

 

Merci au parti socialiste !

Et tout serait passé comme lettre à la poste, dans l’indifférence générale, avec des médias regardant ailleurs tétanisés par les millions d’annonce publicitaire qu’ils pourraient perdre à insister sur cette anomalie, n’eût été la vigilance et la ténacité de l’opposition.

Le parti socialiste et ses députés viennent d’arracher à Proglio les 400 mille euros de Véolia. Et de juste ! Mais là n’est qu’une partie du le scandale. Le plus criant, malheureusement, demeure encore. Non, nul ne peut diriger EDF, deuxième capitalisation boursière française, et présider aux destins d’une autre grande entreprise. Non, un tel attelage n’est porteur d’aucun projet industriel lisible pour notre pays. Oui, évidemment, c'est un joyau de l'industrie nationale qu'on met en péril.

Ce que les Français ont compris depuis longtemps, notre petit timonier national ferait mieux de l’admettre afin de mettre un terme définitif à ce qui pour chacun de nous n’est rien de plus qu’un copinage de plus au plus haut sommet de l’Etat. On peut manquer de hauteur. Et le président de la République a déjà fait à maintes reprises la preuve que sa hauteur de vue rase souvent le sol. Mais cet entêtement dans l’incompréhensible pose question. Il y a du pathologique dans cette attitude et nos ferions mieux de commencer à nous inquiéter.

 

L’invité vedette de TF1

Mais comme toujours en Sarkozie, quand ça va mal, on va voir Bouygues le parrain du petit, pour passer à la télé. Et cette fois on a mis les petits plats dans les grands. Lundi 25 janvier, notre grand homme se fera servir la soupe sur sa chaîne préférée. Sur TF1, il sera interviewé en hors d’œuvre par Laurence Ferrari. Gageons que ses battement de cils déstabiliseront le chef de l’Etat au point de lui faire avouer quelques vérités que nous attendons tous. La soirée présidentielle se poursuivra en terre conquise avec Jean-Pierre Pernault qui lui servira le plat de résistance au milieu d’un panel de Français bien de chez nous comme il sait en dégoter. Demain, c’est sûr le président va s’entretenir avec des vrais gens de la vraie France dans une célébration à sa gloire présidée par le pape du 13h.

 

Jean-Pierre au plus haut du ciel  et Sarkozy au plus ras du sol !

Il n’y a pas de doute que Jean-Pierre Pernault nous aidera à comprendre le déficit qui se creuse inexorablement (combien ça coûte), le chômage qui fait des ravages (les bons vieux métiers de notre France profonde qui se perdent), l’insécurité qui se fait de plus en plus violente (un sujet qu’il connaît sur le bout des doigts pour l’avoir si bien traité lors des présidentielles de 2002), les graves incertitudes qui pèsent encore sur la santé des banques, ce que font nos soldats sur divers fronts de par le monde. Il n'oubliera pas de questionner notre président sur sa diplomatie au moment où le proche et moyen orient sont à nouveau au bord de l’explosion. On saura enfin tout sur l’échec de Copenhague, les déboires de la taxe carbone, les approximations de gestion de la crise de la grippe A. Jean-Pierre aidera le président à nous expliquer un contexte social pollué par le débat sur l’identité nationale (il adore ça l’identité nationale), avec son cortège de stigmatisation des musulmans de France.

 

Nous sommes en 2010 et vous êtes en France sous le règne de Sarkozy. Vous êtes dans le pays où le président de la république passe à la télé pour faire de l’audience. Il ne compte même plus sur la magie de son verbe pour y arriver. Non ! Il sait sa parole dévaluée. Alors il va chercher le présentateur de journal le plus suivi en espérant que les ménagères qui regardent Pernault à midi, regardent Sarkozy à côté de Jean-Pierre à 20h30. On en rirait si on ne savait pas que ce type est sensé diriger une grande Nation, la nôtre ! Pathétique !

Par GOMEZ FELICIANO - Publié dans : Sarkozy
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