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J'avais dit que je n'écouterais pas Sarko parler à Versailles. Je l'ai fait sans difficulté. Je me suis forcé à n'écouter aucun commentaire, à ne lire aucun résumé, à n'entendre aucune analyse... je n'y ai pas réussi tout à fait. Pour mon plus grand malheur. De toutes les choses qui ont retenu mon attention malgré moi, je voudrais en citer deux.


Un discours qui chiffre à défaut de compter

Le coût de l'opération d'abord. J'ai sursauté en apprenant que ce caprice du monarque nous a coûté 400 mille euros. Pour 40 mn de discours cela fait 10milles euros la minute de logorrhée sarkozienne : très cher payé le vide et le vague. Le mot sarkozien est cher. Et ce que nous avons tous appris comme une évidence se trouve battu en brèche : non, il n'y a pas que ce qui est rare qui soit cher.


Un cireur de pompe nommé Etienne Mougeotte.

Le deuxième choc, je l'ai subi dans le métro. Bien que travaillant dans le 16ème arrondissement parisien, il ne m'est jamais encore arrivé d'avoir le malheur de tomber sur un exemplaire du Figaro abandonné dans une rame comme c'est le sort de beaucoup de journaux. A croire qu'on voue dans ce coin de Paris un culte particulier à la feuille de chou de Dassault. Passons. Le lendemain du discours de Sarko, il a fallu que quelqu'un abandonne ce journal juste dans le métro où moi je devais entrer. Et je tombe sur l'éditorial de Mougeotte. Ou bien ce type a écrit son papier avant le discours de notre nouveau Louis XVI, ou il n'a pas entendu le même discours que le commun des Français. Voici quelques mots de ce qu'écrit Mougeotte : « En résonnance avec les exhortations kennedyistes sur la nouvelle frontière t le plaidoyer de Chaban-Delmas pour la nouvelle société, le discours de Versailles avait incontestablement du souffle... » Je vous épargne la suite. Mais qu'est-ce que je me suis marré ! Qu'est-ce qui peut obliger un adulte responsable, n'ayant besoin de rien, à se comporter ainsi comme un laquais de second ordre, un valet cireur de pompe quitte à la faire briller avec le revers de sa veste ! Comment peut-on à ce point s'abaisser ?!?


Quand jacques redevient Julliard et sauve l'honneur du Nouvel Obs.

Sur le discours de Versailles, je préfère vous livrer ce qu'en dit Jacques Julliard dans le Nouvel Obs, signe qu'il reste encore de la pensée de gauche  dans les hebdos autrefois de gauche : « Cet impromptu de Versailles est une offrande pure à un narcissisme décidément insatiable, qui plonge la vie politique française tout entière dans l'insignifiance, pour ne pas dire dans l'enfantillage ». Je ne peux pas mieux dire.


Et puis il y a eu le remaniement  ministériel.

Je me demande pourquoi un tel changement peut susciter autant de commentaire et d'intérêt de la part de nos commentateurs politiques. A quoi sert un gouvernement sous la République de Sarkozy ? A quoi servent les ministres quand le premier d'entre eux a disparu corps et âme ? Tout ceci n'est qu'une nouvelle illustration de l'insignifiance dans laquelle le sarkozisme a fait sombrer la Vème République. Les ministres ne sont au mieux que les jouets conscients et consentants du grand enfant qui nous gouverne. Il s'est même offert un jouet de choix. C'est Carla qui le lui emballé : une poupée de cire nommée Frédéric.


Rien de vraiment signifiant dans le Sarkozisme triomphant.

A quoi s'attendre d'autre quand le rien triomphe ?